Avec les derniers événements, beaucoup de gens se demande quel est le sens de sa vie … on a cru en l’argent, dans la science, la gloire, la famille, toutes choses futiles ou importantes, mais qui sont en fait que vanité. Car aujourd'hui tout nous est donné et demain, la mort peut tout nous enlever.
Nous jouons notre éternité à la roulette du casino de nos illusions
…« vanité des vanités tout est vanité » proclame Qoélet
En fait, notre humanité seule, et tout ce qui se trouve sous le soleil n’ont pas de sens en eux-mêmes… chercher le sens de sa vie en soi ou dans le reste de la création, c'est se perdre.
Voilà ce que nous rappelle ce sage de l’orient antique d’un genre en fait tout à fait moderne : il est doué d'un certain pragmatisme, et aussi d'un cynisme bien caustique.
En fait, ce sage nous mène à comprendre que seul le Seigneur est le sens de nos vies.
Saint Paul va aussi dans ce sens : pourquoi hésiter à revêtir l'homme nouveau ? Tenons-nous tellement à nos corruptions, aux agissements de l'homme ancien qui refusent de mourir en nous ?
L’Évangile va aussi en ce sens : d’abord Jésus refuse de juger pour cet homme son frère. Il n’est pas venu compter les sous, nous donner des conseils d’économiste et de juge.
Mais Jésus rebondit sur cette situation de vie pour rajouter
« Gardez-vous bien de toute avidité,
car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède.
Le seul maître de la vie ce n’est pas l'argent, mais Dieu.
IL faut choisir entre vraies et fausses richesses.
Ainsi, nous n’avons pas à nous comporter avec l’argent que nous avons gagné en propriétaire, mais reconnaissant qu’il est un don du Seigneur, acceptons d’en être les simples gestionnaires, pour nous-mêmes, et aussi pour les plus pauvres.
Ainsi aussi avec notre vie, nous-mêmes.
Nous ne sommes pas également les propriétaires de nous-mêmes, mais les gestionnaires, Dieu seul maître de nos vies et de notre mort, et nous devrons rendre compte de cette gestion.
Le martyr du père Jacques Hamel nous a plongés encore une fois dans l’horreur : de fait, notre vie ne tient pas grand-chose …
Je ne peux pas ne pas faire autrement qu’évoquer le visage de Christian Chessel, père blanc (ordonné avec moi) : il y a environ 25 ans, il avait décidé de rester en Algérie, pour témoigner de l’amour du Christ pour ses frères arabes et musulmans. Il a lui aussi versé son sang en martyr.
Et, je ne peux pas non plus ne pas citer le père Christian de Chergé , supérieur des moines de tibhirine, assassiné aussi avec ses frères il y a juste 20 ans, le 21 mai 1996, et qui a fait le choix irrévocable , avec ses frères, d’une « vie donnée à Dieu et à ce pays ».
S'il m'arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd'hui - d'être victime du terrorisme , j'aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.
Cette vie perdue totalement mienne et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l'avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout.
Et toi aussi, l'ami de la dernière minute, qui n'aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet "À-DIEU" envisagé de toi. Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s'il plaît à Dieu, notre Père à tous deux.
Les événements derniers nous poussent, nous aussi, à des choix radicaux : vais-je croire en un Dieu de vie, ou en un Dieu de mort. Vais-je m’enfermer dans l'inquiétude de moi, de ma vie, de ma nation ou vais-je me tourner vers le Christ, pour qu'en lui, je puisse vraiment me tourner vers tous mes frères, si lointains et si différents soient-ils ?
Lorsque les événements de Nice sont arrivés , j'étais bien loin, en vacances chez mon frère. J'ai reçu un SMS d'une amie, je n'ai pas voulu le croire.
Puis comme vous tous, le choc, la stupéfaction, l'horreur, mêler de compassion profonde pour toutes ces familles brisées, ces enfants tués lâchement .
Mes paroisses avaient-elles été touchées, des proches, des amis ? ... Comme vous tous, bien sûr.
Beaucoup « d’esprits » nous ont traversés, sentiments, pensées, les pires comme les meilleurs,
Il faut dans ces cas se mettre à prier et nous approcher du Christ.
Demander la grâce du « discernement des esprits » comme disent les jésuites.
Dans tout ce fatras, qu'est-ce qui vient de moi, ou qu'est-ce qui vient du Christ ?
Certes, l’amour véritable n'est pas platement béat, il est prudent et sait prendre ces responsabilités en matière de protection et de justice.
Mais aussi, nous savons que le Christ nous demande d'aller plus loin plus profond; il est l'agneau d’amour immolé pour nous. Refuserons-nous aussi d’être aussi des agneaux immolés d’amour pour Lui.
Avant de vouloir être un lion pour défendre les autres, est-ce que j’accepte d’être un agneau brûler d’amour divin comme le Christ. » comme Saint Paul : «mais il y a le Christ : il est tout, et en tous »
Tel est le sens profond de sa vie, vivre et mourir pour l'amour de Dieu seul, et en Lui, pour l'amour des frères comme le Christ nous l’a enseigné, pour ressuscité avec un jour dans la Gloire.
Amen.
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