Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

mardi 23 juin 2020

12e Dimanche du temps ordinaire année A

Les combats de la vie 
Le COVID des morts, mais des vivants 
Juste bataille : de Gaulle. 
Un couple qui décide de garder un enfant handicapé, etc …
combien de beaux combats dans la vie des hommes, ils sont beaux, car c’est le don de la vie, de l’amour,  car la vie des autres devient plus importante que la sienne, parce que l’amour des autres devient plus important que l’amour de sa propre vie .. 

L’annonce de Jésus-mort et ressuscité procède du même principe, pour nous, c’est offrir la vie, mais la vie éternelle, l’amour, mais l’amour de Dieu lui-même.
wTout est lié, tout est communication, dans  la nature, dans l’homme et en Dieu, au coeur de la Trinité au tout est diffusion … 

L’amour de la Parole de Dieu nous pousse 
L’amour nous invite 
Son amour et celui de nos frères vaut mieux que la vie !

La persécution au nom du Christ 
Mais ce matin le Christ nous prévient : 

« Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.
….
 Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps »

Jérémie le premier à subit la persécution au nom même de la Parole de Dieu, au nom de l’amour de cette Parole qui le faisait vivre 
Jérémie voulait prévenir que tout chemin hors la volonté divine, tout chemin de péché mène  à une voie sans issue 
(Jérémie dénonce ... la corruption et l’argent, mais aussi l’invasion prochaine de Nabuchodonosor qui rasera tout Jérusalem. Mais tout n’est pas négatif  une porte de sortie se présente :   la conversion). 

Ce qui fait sa joie la plus profonde, sa raison de vivre, son assurance... est aussi la source de toutes ses souffrances ; c’est la Parole de Dieu.  

Saint-Pierre au moment de l’arrestation du Christ : « Je ne connais pas cet homme » (Mt 26, 72). 
Et Pierre proclamera le message du Christ à la Pentecôte  : l’Esprit saint Lui a fait traverser la mort. Il l’a libéré de la crainte des hommes .... 

« Ce Jésus que vous avez crucifié Dieu l’a fait Seigneur et Christ » .. 
« Les auditeurs furent touchés au cœur ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? » Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés ». 

Le disciple n’est pas un porte-parole étranger au message qu’il annonce. Il appartient à ce message et il doit supporter les risques d’un témoignage dont il partage la responsabilité. 

l’annonce du message 
Pourquoi donc nous annonçons ce message ? Nous l’annonçons parce que nous en vivons ! 
Parce que c’est un besoin d’Amour pour notre Dieu, pour notre Église, pour Israël  l’amour de tous  hommes qui nous pousse, 
C’est l’amour de Dieu qui nous oblige !
1 Co  9 : « malheur à moi si je n'annonce pas l’Évangile » 

Nous devrions être ce message que nous proclamons. 

L’amour ne se limite pas 
Il n’a pas de limite 
Pourquoi ?
Parce qu’il est le bien suprême et aucun bien ne lui est supérieur 
Et aucun bien ne mériterait qu’il se limite...  

La liberté, le respect 

S’agit-il de se taire ? Non ! S’agit-il d’imposer non plus ! les deux dimensions seraient un manque d’amour et de respect envers les personnes … 
Il s’agit de s’arrêter aux portes de la conscience 
Devoir d’amour d’informer cette conscience avec toute la délicatesse, la science, la lumière nécessaire 

Il s’agit d’annoncer à temps et à contre temps que cela dérange ou non …. Persécutions ou non … 
car même au milieu des persécutions il y aura des fruits, alors que s’il n’y a pas d’annonce comment pourrait il y en avoir ?  


L’amour est diffusif de soi .. 
Car Dieu qui est le bien suprême, et l’amour suprême est la diffusion suprême de lui même .. 
Tout communique, tout se transmet autour de nous (nature, végétaux, l’animal ) l’homme diffuse communiqué et Dieu est une communication substantielle et essentielle, car il est le bien substantiel et essentielle de lui-même .. 

« Lui, qui est le principe éminent de toutes choses, le foyer d’où s’échappe la vie de la création, se contente-t-il de donner l’être à la pierre, la vie végétative à la plante, la vie sensitive à l’animal, l’intelligence à l’homme ? Se contente-t-il de donner et de conserver aux justes la grâce, participation de sa vie intime ? Pourquoi Dieu ne pourrait-il pas communiquer non seulement une participation de sa vie intime, mais toute sa vie, toute sa nature infinie ? Qui peut assigner une limite à la communication que le Souverain Bien peut faire de lui-même ?

Ou la raison la plus profonde pourquoi nous avons à transmettre l’Évangile, pourquoi vivre dans  un foyer de Charité 
parce que Dieu lui-même qui est pur amour substantiel, veut non seulement transmettre ce qu’il a, mais lui-même 

Or lui-même tout ce qu’on peut attendre de la vie et de l’amour et de la joie 
Il le seul qui peut véritablement combler toute la création et nous combler … 

    « Ne craignez pas les hommes ;
Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.! 

mardi 16 juin 2020

Fête du Très Saint Sacrement

« les espèces » désignent le fait que sous  l’apparence du pain et du vin consacré il y a  une  réalité profonde 

C’est cette réalité profonde de  ce pain et ce vin qui nourrissent et réjouissent notre corps,  mais surtout  notre coeur ! 

Comment se fait-il que nous soyons nourris  avec presque rien
Sinon parce qu’en ce presque rien, il y a tout, il y a Dieu lui-même !! 
 En ce si petit, si proche de nous,  il y a le Très-Haut 
En ce si humble, réside toute la majesté de Dieu; 
En  il y a le Christ l’Amour infini et éternel qui a ces mondes, et qui a désiré nous sauver ! 

Et pour nous n’est-ce pas la même chose ?? 
Chaque être humain porte une réalité si profonde en lui !!  
Il est triste de s’arrêter à une dimension aussi extérieure à nous-mêmes. ! Il est triste de s’arrêter toujours à la dimension extérieure des autres ! 

Ne sommes-nous pas « les espèces » du Seigneur présent en nous ?
Ne sommes nous pas appelés à être son corps, sa présence révélée par notre corps et par tout notre être, aux autres, chrétiens ou non ? En témoignant de l’unique Charité ? 


« Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » 

Ce n’est pas la bonne question
La bonne question est celle-ci:  Jésus, qui est le fils de Dieu, qui est l’Amour lui-même, sous les apparences du pain et du vin, de son corps et de son sang, pourquoi ne se donne-t-il pas entièrement à aimer et à manger ?

Dans les épousailles naturelles, l’homme se donne totalement à la femme et la femme à l’homme…il partage tout jusqu’à leur propre souffle, 
Et si Jésus est l’Époux divin , pourquoi n’agirait-il pas d’une façon analogue, mais par  l’Esprit  ?

Ct «  tes amours sont meilleurs que le vin » 

OUI se donne totalement à manger. Car aimer c’est tout donner et se donner soi-même.

En passant par la bouche, il veut descendre dans les profondeurs de notre chair et par elle  dans les profondeurs de notre cœur et dans les profondeurs de tout notre être.
Dès que le Verbe , touche notre chair, petit à petit il transforme tout en lui (comme le feu), et nous envoie aux confins du monde (comme le Vent) .


Comme la Terre reçoit le germe de la plante pour le faire fructifier, ainsi la Terre est que nous sommes, l’Épouse, reçoit et entoure en son sein, le germe divin, le Christ Jésus
Et au cœur de l’Église, et au cœur de notre être, Le Verbe  porte son fruit. Il fait de nous, petit à petit, les véritables enfants du Père.

Afin que nous-mêmes, nous puissions nous offrir, totalement à Lui, et ainsi, habiter
ensemble dans le sein de LA TRINITÉ, dans  le sein de cette mère qui nous protège nous entoure  , et nous nourri.
Alors nous ne resterons pas , comme de pauvres grains de blé,  secs au bord du chemin, mort de soif dans  le désert. 

Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.
Mais alors, pourquoi aller dans  le désert ? 
Alors pourquoi après avoir vu tant de merveilles, après  avoir traversé la mer rouge? Le Seigneur nous envoie, dans le désert pendant 40 ans
pourquoi le désert n’est-il pas vraiment à l’extérieur de nous, mais à l’intérieur de nous ? Pourquoi ?

Alors pourquoi souvent, notre cœur, est-il aussi
sec, est-il aussi pauvre pourquoi est-ce que nous sommes nous nous perdons dans tellement de remarques inutiles , des  colères, des énervements, et dans un flot de paroles intérieures quasiment constant ? 

« C’est lui qui t’a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure. C’est lui qui, dans le désert, t’a donné la manne » Dt 

Parce qu’avant de rejoindre le ciel, il nous faut un temps de purification .
Nous avons à
traverser cet espace spirituel, où il y a les serpents brûlants, et les scorpions malicieux…

Parce qu’entre Dieu et nous, le monde s’interpose, avec sa séduction, ses tentations, les passions, et les démons eux-mêmes. 

«  Les forces mauvaises de ce monde, le prince du mal qui s’interpose entre le ciel et nous » dirait Saint Paul Eph.  

Mais qui pourra nous faire renoncer  à l’Amour de  Jésus Christ ! ? 

Mais à l’intérieur de ce désert, si tu pries , et tu restes fidèle, si tu acceptes de combattre, alors tu découvriras une source vivante… Dans les hauteurs de ton esprit, dans les profondeurs de ton âme,  une flamme :  l’Esprit…

Comme le dit le bien heureux François Palau .
« Les joies de l’union spirituelle sont d’autant plus chastes et plus pures qu’elles sont plus spirituelles, et d’autant plus vives et fortes, douces et délectables, qu’elles sont plus spirituelles ».


« Celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel :celui qui mange ce pain vivra éternellement ». 

vendredi 22 mai 2020

JEUDI DE L'ASCENSION



Pourquoi Jésus juste avant de monter dans  la Gloire du Père nous envoie-t-il l’Esprit Saint  ?? 
Pour que nous puissions participer nous-mêmes à sa résurrection et à son Ascension 

Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel… Quelle puissance incomparable il déploie pour nous, les croyants : c’est l’énergie, la force, la vigueur qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux.

et quelle le signe que nous vivons vraiment de l’Esprit Saint : annoncer le NOM de Jésus Christ à toutes les nations (Saint Paul) 

Au cours d’un repas signe d’amitié, d’intimité, il leur dit «  Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Évangile : «  Allez ! De toutes les nations, faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé

Mais qui est celui qui est élevé  d’en Haut ? 
C’est Jésus-Christ ? Mais qui est-il ? D’où est-il né?

Celui qui est élevé est celui qui est né d’en Haut… car personne ne peut donner l’Esprit d’en Haut , sinon celui qui vient d’en haut

Le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem

Repérons que l’Esprit Saint nous sera envoyé non seulement du Ressuscité, certes, mais il nous sera envoyé de celui qui est monté en Haut d’auprès du Père … 

Notons rapidement que très Haut, le Dieu Très-Haut, en haut ce n’est pas un lieu géographique. Mais c’est une place, la Place du Roi , plus haut que les autres, avec plus de pouvoir, qui domine et qui est supérieur, plus grand , plus de Gloire ..
 Très haut, ne signifie pas que l’on est  très loin, il est très proche (nous sommes de sa race, descendance), mais signifie que ni la raison ni  l’expérience ... ne peut l’atteindre si Lui-même ne se met pas à notre portée, ou autrement dit qu’il descend. 


Ainsi quand Jésus s’élève c’est toute humanité qui est appelée à s’élever  en lui. Ainsi nous-mêmes si  nous voulons être élevé, nous devons comme Jésus naître d’en haut …

Jésus est né d’en Haut, ainsi il peut donner l’Esprit d’en Haut 
Luc  I « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. 
32 Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut » 
L’Esprit le couvrira de son ombre « L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu". 


Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. » Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

c’est une très grande erreur de croire que c’est en partant de notre nature , que ce soit la chair, le matériel, la psychologie ou que sais je, que c’est en bonifiant la nature que nous attendrons le Père d’en Haut … (tour de Babel)
C’est ce que fait notre pauvre monde jour et nuit … 

Par le Baptême … tous bébés, incapable de quoi que ce soit, nous sommes nés d’en Haut … 

Ce qui signifie que nous ne sommes pas d’abord homme, en tous les cas nous devons plus partir du fait que nous sommes « que » des hommes »  , de l’Esprit Saint, et du fait que nous sommes devenus des fils de Dieu … qui sont des hommes, mais nouveau ! et ceci restera indélébile, quoi que nous choisirons pour notre vie… 

par le Baptême nous étions Homme et nous sommes devenus Fils de Dieu certes, mais maintenant nous sommes Fils de Dieu, nous sommes nés d’en Haut, de l’Esprit-Saint et nous devons partir de Lui 

Nous n’avons plus à partir de notre nature pour l’élever peu à peu, mais de la Grâce, et aider, collaborer avec l’Esprit saint pour que notre nature se sanctifie…
Et tout  ce qui sera bien fait… sur le plan matériel, corporel, psychologique sera second.
Mais en premier ce qui compte c’est la sanctification de la Nature. … 

Et quel est le signe que nous sommes nés d’en Haut comme le demande Jésus à Nicodème … 
c’est que l’on va s’abaisser on va accepter de descendre, de se mettre à la hauteur, de la terre, des hommes nos frères, près à devenir leur serviteur, celui qui est prêt à laver les pieds, à supporter, à rester patient … 

Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même… il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix !
Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers,

Qui sera toujours plus attentif au bien-être de l’Église, de la communauté, des uns et des autres, plutôt que de soi de son épanouissement ou que sais-je … 
non pas que je nie cela … mais c’est second, comme une conséquence, comme une nécessité pour un meilleur service … 

Alors oui nous aurons l’énergie qui vient d’en-Haut pour aller porter la Bonne Nouvelle de Jésus pour nos frères .. 
Pour être de ceux qui en vivent vraiment, ceux qui vivent d’en Haut … 

Du Père d’en Haut 
de l’Esprit d’en Haut 
de la Grâce d’en Haut 
de la naissance d’en Haut
de la nouvelle humanité qui vient non pas d’abord de la terre, mais du Ciel, du Dieu très Haut …nous qui sommes ses enfants !! 

lundi 27 avril 2020

3e dimanche de Pâques


Nous voici de nouveau avec les disciples d’Emmaüs 
Encore ? 
Qui nous ouvrira encore cette Parole pour qu’elle nous parle ?

Ap 5 « Je pleurais beaucoup, parce que personne n’avait été trouvé digne d’ouvrir le Livre et de regarder. Mais l’un des Anciens me dit : « Ne pleure pas. Voilà qu’il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David : il ouvrira le Livre aux sept sceaux. »

Or nous avons dans ce texte, dans cette première messe célébrée par Jésus après sa mort et résurrection, tout le mystère de l’Eucharistie ! 

On nous dit qu’ils sont deux : c’est-à-dire que l’on découvre le Christ ensemble, nous avons besoin du témoignage des uns et des autres. 
Je peux très bien me dire que je suis un des deux, puisqu’ils ne sont pas nommés, « deux disciples faisaient route »... 

Ce qui est frappant autant dans la première lecture que dans l’Évangile, on ne parle que de Jésus. De l’humanité de Jésus, comme si cette histoire concernait bien l’histoire de l’humanité, notre histoire de tous les jours mon histoire ... 

Car tous, comme les disciples d’Emmaüs, nous sommes confrontés un jour ou l’autre à l’histoire de Jésus, et à sa mort sur La Croix .... tous nous sommes confrontés, à la déception, à notre marasme .. Nous qui avions cru en lui où en sommes-nous aujourd’hui ? « Ils lui répondirent :

« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël ».

Comment Jésus va-t-il s’y prendre pour nous sauver ?  Comme quand on remet la chaîne sur le pignon de la roue du vélo : il va falloir s’arrêter. Car si tu mets ta chaîne alors que la roue tourne encore tu ne peux le faire. 
C’est ce que va faire Jésus il va se mettre à notre hauteur, c’est-à-dire à la hauteur de la  terre. 

Il nous rencontre comme un homme. 
Mais dans cette histoire, la terre marqué par le péché, par le découragement, l’abattement (et qui n’a pas connu cela dans sa vie, même après 70 ans de vie chrétienne ?) 
Donc la terre marquée par le péché, va rencontre la terre, mais une terre qui a été défiée,  qui a pleurée, qui a été crucifiée, est morte puis a été ressuscité et enflammée.

Ils ne peuvent le reconnaître, car le coeur est fermé à une telle nouveauté dans l’histoire humaine, et le visage du ressuscité a reçu une vie nouvelle ! 

Le point de rencontre entre le Christ et nous se passe au-delà de tous ces événements. 
Pour Lui, comme pour nous. 

Cette rencontre, intime, cordiale merveilleuse ne se fait pas dans la puissance, la réussite, la victoire, dans le feu de l’Évangélisation, oui bien sûr mais pas d'abord. 

Non elle est dans la pauvreté, la misère de l’homme qui rencontre la misère de Dieu. Entre deux libertés celle de l’homme et celle de Dieu. 

Elle commence par l’écoute
l’écoute de Jésus « de quoi parliez-vous tout en marchant » 
et l’écoute des disciples : « partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta ce qui le concernait ».

La lumière qui va aboutir à la rencontre de Jésus ressuscité passe par la Parole, par comprendre que toute  l’Écriture nous parle que d’un seul homme : Jésus de Nazareth. 

Puis par l’invitation lancée à cet homme de rester avec nous ... « « Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. » 

Ainsi cet homme entre dans notre auberge, dans notre histoire, si humaine, et si pauvre. Lui le Maître de la maison qui accepte de devenir cet étranger qui passe et que l’on doit inviter.  Mais nous ?
Nous n’avons nous pas pressenti quelque chose, notre âme presque inconsciemment n’a t elle pas commencé à renaître ? « Reste avec nous ». 

Et alors c’est le miracle, la merveille inattendue : ils le reconnaissent. 
Cet homme si simple, cet étranger c’était Jésus, le Christ et Seigneur !
 « Quand il fut à table avec eux,  ayant pris le pain, il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu, il le leur donna.
    Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent». 

Prenons conscience d’une chose : c’est lorsque le pain et rompu, pas avant, et pas après qu’ils le reconnaissent , qu’ils le voient. 
«    À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain ».

Luc ici, utilise le même vocabulaire que la Cène, pour nous faire entrer dans le Mystère de l’Eucharistie, que lui-même devait célébrer. 
Il désire faire comprendre aux premiers chrétiens que c’est à la fraction du pain que le Ressuscité leur ouvre leurs yeux, leur coeur, et provoque la rencontre avec le Ressuscité. (D’ailleurs nous savons que c’est le nom premier de l’Eucharistie). 

En effet, à quel moment nous pouvons le reconnaître, et faire l’expérience nous-mêmes de la résurrection  ? 
Quand il vient à nous sur la route? non, quand il nous écoute ?  non, quand il nous ouvre les Écritures, non ! Alors quand ? 

Quand le cycliste arrête de pédaler, pour que la chaîne ralentisse et vienne se mettre à l’unisson du pignon, de la roue, qui livrée à elle-même s’est arrêtée. Quand Dieu se donne de se reconnaître comme homme. 

Quand Jésus se donne par sa présence, par son humanité, quand il se révèle en s’abaissant de plus en plus, jusqu’à qu’il ne fasse plus qu’un avec nous. Et qu’il devienne comme nous, pain rompu sur la table ... Alors, pourquoi ne pas s’ouvrir à lui, puisqu’il n’y plus aucun obstacle, plus de crainte, plus de distance, plus de doute,  plus d’abîme entre Lui et nous ! 

Parce que le Christ est descendu au lieu même où j’étais triste, abattu, désespérer, mort ! 
Parce qu’en rompant le pain, c’est Lui et moi que je reconnais en un seul pain rompu ! 

« Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »

Jésus vient nous chercher au point de rencontre où la terre rencontre la terre, où le pauvre humain rencontre le pauvre divin. 

Alors nos yeux s’ouvrent : c’est Lui, mais oui  ! c’est Lui que je rencontre dans chaque Eucharistie, c’est Lui qui vient encore rompre le pain pour les deux disciples, pour toi et moi, pour chacun, pour nous. 

Puis il disparut à leur regard , mais l’empreinte de la présence demeurera. 
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »

Alors l’Église renaît ! Le fruit de la rencontre c’est l’Église, où plutôt c’est la renaissance de l’Église. 
L’Église, disloquée, éparpillée, cassée, vaincue et morte par notre péché, nos ruptures, nos manques de Charité, renaît de la Résurrection du Christ ! 

« À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons ». 

Et comment renaît-elle ?   : « par le Témoignage » 
L’Église et naît par un seul moyen : le Témoignage ! 

Le Témoignage de Jésus envers le Père 
Le Témoignage des disciples entre eux, en particulier ceux des Apôtres et de Pierre. 
Mon Témoignage personnel 

Alors se regonflent les voiles par le vent de l’Esprit, s’enflamme le bois mort, alors le cycliste peut repartir le coeur léger sur les routes du printemps ! 

samedi 18 avril 2020

Dimanche de la Miséricorde 2020

Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Préparé par une première annonce, celle de Marie-Madeleine, les disciples, un peu moins étonnés, trouvent une grande joie à la rencontre avec le Christ : non il ne s’était pas trompé, oui ils avaient bien fait de suivre ce Jésus Nazareth. 

Puis le Christ les investit du pouvoir de pardonner les péchés en son propre Nom, partageant bien pauvrement, mais bien réellement sa propre mission. 

Mais Thomas n’est pas là, Il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » 
Huit jours plus tard, le Christ lui apparaît, dans les mêmes conditions que la première fois.

Et là Jésus dit  une phrase très étonnante à Thomas : 
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté » 
Puis il l’invite à la confiance et à la Foi.  

Ils auraient plus simplement lui dire « regarde mes mains et mon côté »,
non, il lui demande d’aller plus loin, de mettre sa main dans son côté, de mettre son doigt dans ses plaies au cœur  de ses mains.

Dans un premier temps, il prend en compte, de façon étonnante la demande de Thomas. C’est-à-dire qu’il se penche sur sa propre faiblesse, sur son manque de foi.

Le reproche viendra après. Mais dans un premier temps, Jésus révèle sa miséricorde.
Il va le révéler  de façon magistrale : avance ta main, avance ton doigt, avance ton cœur dans mon coeur. 
Avance-toi vers moi. Et regarde, prends le temps de regarder, oui, mais ne reste pas à l’extérieur de moi, mais avance-toi et entre par mes propres plaies dans toute ma vie de ressuscité.

Le Seigneur, nous demande de toucher, le témoignage éternel de sa crucifixion : ses plaies dans sa propre chair. Pourquoi ?
Est-ce du vice ou  l’attitude nécessaire pour  nous aider à découvrir sa miséricorde ?

Il y a d’abord à travers ses plaies une reconnaissance, une prise de conscience de l’amour de Jésus-Christ pour nous. Il s’est livré pour nous révéler son amour . Pour prendre sur lui notre péché, nous pardonner et  pour nous redonner la vie perdue par nos fautes. 

Eph : «En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce »  

Il nous  à proprement parler pour reprendre le vocabulaire de Saint-Paul, racheter, il a payé pour nous ce que nous devions à la justice, il a offert son sang, pour le sang qui nous avions fait couler, or ce sang, est un sang qui parle plus fort que celui d’Abel. 
En effet, si celui d’Abel criait à la « vengeance », ou disons plutôt au rétablissement de la vérité, de la justice, de l’équilibre, par la mort du coupable, par contre, le sang de Jésus, Lui mérite largement, infiniment, ce que devait le coupable pour le libérer de la justice.

C’est le seul sang qui peut définitivement nous libérer de toute culpabilité, nous guérir de tout péché et nous purifier pleinement afin de nous introduire devant la face du Père de toute consolation. 

Isaïe 55 « Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n'a pas d'argent! Venez, achetez et mangez, Venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer! »

(Ceci est important pour nous, mais aussi pour les personnes que nous pouvons accompagner. En effet, pour certaines personnalités, la miséricorde simple et confiante, qui est le but, la porte du Ciel, ne suffit pas pour les rassurer, pour leur offrir la paix.
Ils ont besoin (nous avons besoin) pour une pleine libération, d’une étape antérieur supplémentaire, étape qui est encore un effet de la miséricorde du Seigneur. 

Car pour plusieurs raisons, ces personnes sont assaillies par une culpabilité trop forte, toujours récurrente, par des scrupules, des accusations extérieures, venant des ténèbres ou d’autres personnes ou des accusations venant d’eux-mêmes, de leur propre conscience .
Tout ceci fait  que parfois ils ne se sentent pas capables, de s’offrir à la miséricorde en toute confiance. Ils se disent intérieurement, mais je ne mérite pas ! (
Mais qui peut mériter ? )  ) 

Or,  la miséricorde du Christ l’a poussé à prendre notre place sur la Croix, Il a pris sur lui et toutes les conséquences, de nos péchés que nous avons posés ou que nous aurions pu poser…

Ainsi il faut dire aux personnes, non seulement le Seigneur vous pardonne, mais le sang de Jésus a coulé pour vous libérer de toute culpabilité, de toute accusation, de toute condamnation. Il tout mérité pour vous !! Il n’y a plus rien à payer ! 

Le  Père, ne tenant plus compte de ce qu’on devait vis-à-vis de la Loi, mais tenant compte uniquement de Lui-même et de son amour fou, a tout recouvert par sa Miséricorde, la dimension la plus profonde de son coeur.
Hier la justice avait tout pacifié en recouvrant toute la terre par de l’eau du déluge, aujourd’hui, et quelle Grâce infinie, quel Amour incommensurable, le Père veut tout pardonner,  pacifier, veut tout recouvrir par sa Miséricorde. 

Comme le Père du fils prodigue (ce fils resté à la justice, « je ne mérite pas d’être appeler ton fils» ) qui a recouvert tous les méfaits de son enfant, par les baisers de son amour miséricordieux, par la dignité des sandales, par l’honneur de la bague,  par la Gloire du manteau. 

Alors Thomas, ne reste pas incrédule. Repose-toi dans les plaies de ton Seigneur, et par elles dans les entrailles du Père du Ciel, car c’est au lieu même ou tu as péché, que tu découvriras, que te sera révélé la Gloire immense de sa Miséricorde pour toi. 

En conclusion : 
Jésus n’est pas venu annuler l’histoire, ni la sienne, ni la nôtre, avec ces joies, avec ces blessures,  mais il est venu révéler sa Miséricorde, qui nous pardonne et qui  veut nous emmener plus loin .. 

Pour toute l’Éternité, c’est dans ses  plaies que Dieu révèle son Amour : où le Tout-Puissant devient le Tout-faible : et c’est au coeur de cet Amour révélé et offert que notre incrédulité peut fondre, disparaitre à jamais,  pour laisser rayonner la Foi 

« C’est dans ses blessures que nous sommes guéris » Saint Pierre

Mais,  nous aussi, nous sommes appelés à transformer  nos plaies reçues, en lieu, en espace de Miséricorde, de pardon et de réconciliation offerte. 
A qui pardonner, sinon à celui qui nous a blessés

En effet, au lieu de compter,  regarder, de revenir constamment sur nos  plaies .. Nous sommes appelés à ouvrir des Chemins nouveaux  devant les pas de nos frères … 

soyez miséricordieux comme votre père est miséricordieux dirait le Christ .

« LA PAIX SOIT AVEC VOUS » 

jeudi 16 avril 2020

Octave de Pâques

    Notre coeur n’était il pas tout brulant ?
    Pourquoi notre coeur n’était pas tout brulant …

     …. de quoi parliez vous ? Il pren en compte notre vie 

    • nous espérions …  des femme, mais  Lui il ne l’ont pas vu … le doute !

    « Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »

    • la vie eucharistique nous redit quoi ?

    « il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards ». 

    • Nous avons à vivre avec le ressuscité, c’est la même relation que du temps des Apôtres ..
    que du temps de Marie et Joseph à Nazareth
    que des 3 ans de prédicaition, 
    expérience de sa passion, qui dévoile le fond de notre coeur :  sentir que tout se joue là

    • et temps de la résurrection.

    • c’est cela le mystère de l’octave
    c’est cela le mystère des disciples d’Emmaüs , quelle chance, quelle grâce … vivre avec le ressuscité; nous avons en rien à les envier ! 

    Mais comme Marie Madeleine, autant qu’avec les disciples d’Emmaüs il est là et on ne le reconnait pas …

    Cependant à la fraction du pain, il disparut à leur regard  …
    on quitte la vision visible , pour entrer dans la rencontre invisible …du cœur. 

    Jésus était présent avec eux, il le voyait, mais aveuglé, il ne le rencontrait pas vraiment
    alors que disparu, il sont appelé à le voir intérieurement  à  faire une vraie rencontre dans  l’invisible de la Foi..

    il nous laisse complètement interloqué , secoué , émerveillé , et saisi par la Présence
    Présence qui s’est donnée au coeur d’une apparente absence …
    absence pour les yeux humaines
    présence pour notre coeur ressuscité …



    « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »