Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

samedi 13 février 2016

premier dimanche de carême


 Moïse  met en parallèle  le mauvais traitements de Pharaon ,  roi d’Égypte que subissent les Hébreux et  la  bonté du Seigneur qui libère son peuple des griffes de l'Égypte à main forte et à bras étendus pour le mener dans un pays où coule le lait et le miel

 Pharaon  est une des figures de quelqu’un qui plus loin que lui, et qui essaye de mener le monde selon ses envies.
 Le Christ a été confronté à Satan qui est le grand pharaon de ce monde.

 Il n'avait pas besoin de  ce combat pour vaincre, mais il l’a fait pour nous.
 Saint Jean Chrysostome :   
… Tout ce que Jésus a fait et enduré était destiné à nous instruire. Afin que personne parmi les baptisés ne soit troublé s’il subit de grandes tentations, mais il doit supporter tout cela comme étant dans l'ordre des choses.

    « Voici pour quels motifs Dieu n'empêche pas les tentations qui vous surviennent.
-     D’abord pour vous apprendre que vous êtes devenus beaucoup plus forts  que les tentations du démon.
-     Puis, afin que vous gardiez la mesure, au lieu de vous enorgueillir des grands dons que vous avez reçus
-     afin que cet esprit du mal, se demandant encore si vous avez vraiment renoncé à lui, soit convaincu
-     vous êtes tentés pour être entraînés à être plus forts et plus solides que l'acier.
-     Afin que vous ayez la certitude absolue que des trésors vous ont été confiés. Car le démon ne vous aurait pas assaillis s'il n'avait pas vu que vous receviez un plus grand honneur. »

 Notre pape est un jésuite. Saint Ignace de Loyola,  son saint patron, propose trois façons exhaustives, pour comprendre comment le démon attaque l’homme :
-      Comme un  homme, ou chef de guerre
-     comme une femme
-     comme un amant

-      d'abord comme un homme de guerre :
 comment un chef de guerre attaque-t-il une ville ?  Il passe par les points faibles.  Il nous connaît dans un sens mieux que nous-mêmes, il va essayer de passer par où nous sommes faibles. Par nos passions, nos ignorances, par nos besoins par la paresse… Et chacun sera tenté dans sa personnalité propre …

-     Comme une femme.
C'est-à-dire par un trait de caractère  typiquement féminin…  Quand une femme entend que son mari dit non, mais qu’elle a très envie qu'il dise oui,  elle revient à la charge quelque  temps après une fois puis deux, puis trois et quatre fois … Jusqu'à ce qu’il cède !
Ainsi quand on sent une idée mauvaise, qui nous tente profondément devient comme une obsession, sans raison apparente,  alors oui il se peut que Satan soit par-derrière…

-      Comme  un amant
 c'est  l'amant qui flatte la femme mariée et  qui se croit honnête, jusqu'à ce qu'elle tombe dans ses bras. «   Mais enfin ma chère, avec toutes les qualités que vous avez, comment ça se fait que  vous restez avec cet idiot de mari ! »


Nous retrouvons ces trois dimensions  dans l'expérience de Jésus au désert.  Après son baptême Jésus est poussé au  désert pour vaincre le Démon.

-       Comme un chef de guerre : en effet,  dans la première tentation, il est attaqué par  son point faible : la faim. Cela fait quand même 40 jours qu'il ne mange plus et l'évangéliste Luc nous dit sobrement : « quand ce temps fut écoulé il eut faim » !
-      Remarquons que Satan ne sait pas tout : « si tu es le  Fils de Dieu… Il s'en  doute, mais il n’en est pas sûr. »  Avec nous c'est pareil , est-ce que nous sommes des vrais fils de Dieu? Il n'en est pas sûr : alors il nous tente pour savoir si Dieu nous aidera et si nous  résisterons à ces attaques…

-       Comme une femme : Satan revient trois fois à la charge.  Remarquez que les trois fois, il utilise la Parole de Dieu, il utilise la Bible comme arme fatale. Ce qui veut dire que sans l'Esprit de Dieu personne ne peut vraiment saisir le sens profond de l'Écriture et sans Lui, on peut en détourner le sens. Que le Seigneur nous aide à ne pas détourner le sens de la Bible, et à résister aux obsessions  du Démon.

-      Comme un amant : Satan flatte le Seigneur Jésus. 
-          Au début c'est simplement une tentation par rapport à  un manque : la faim.
-      Puis il lui propose de régner sur tous les royaumes de la terre : s'il veut être roi… il doit se prosterner devant  Lui, Satan,  l'Ennemi de Dieu. Alors Jésus qui est déjà roi lui répond  simplement,  sans s'inquiéter : « C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras »

-           Enfin,  Satan  flatte le Christ  en le conduisant au sommet du temple de Jérusalem. Comme s'il était plus grand que Dieu lui-même, comme si c'était à lui seul qu'il fallait rentrer un culte, et non pas à son Père. C'est la dernière tentation, prendre la place du Père alors qu'il n'est que son serviteur, son Fils.  C’est la grande tentation de tous les hommes : prendre la place du Père.
-     Mais Jésus répondra par la seule arme qui est nécessaire dans ses grandes tentations,  la parole de Dieu et l'humilité.
-      Non pas la Parole de Dieu utilisée pour s'élever soi-même, mais la parole de Dieu dans un esprit de pauvreté et d'humilité, afin de servir le Seigneur de l'univers, le  Père de tous.
-     Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé

-     Frères et sœurs en ce temps de carême,  combattons avec vaillance comme le Christ, sans nous faire de soucis, mais en écoutant la parole de Dieu et en servant  le Seigneur dans un esprit d’humilité.  Alors nous aussi à notre tour nous vaincrons. 


-     Comme le dit Saint Paul : «  En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé »

AMEN

samedi 30 janvier 2016

4e dimanche du temps ordinaire C

Le Seigneur vient chez les siens 

Tous ont l’air favorables, il honore chacun le peuple de Dieu : guérison, enseignement, foule … 

serait il le Messie, tous sont charmés et s’interroge : « 

Mais à un certain moment Jésus leur dit que ce n’est pas eux les bénis, les choisis, les proches du coeur de Dieu, mais un syrien ! et une veuve de Sarepta ! 

On ne lâche pas si facilement ses prérogatives de peuple de Dieu ..     Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche

Mais certains s’interrogent : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » 

Puis Jésus  leur parle de la veuve de Sarepta  et de Naaman, un Syrien ! 
Veut-il provoquer ?  Non, mais il  leur nomme leur propre péché, il se croit les privilégiés de Dieu : seuls les juifs peuvent être sauvé et bénéficié des bénédictions de Dieu (ne sont ils  pas le peuple élu ? )  : cela semble une hérésie et un blasphème aux yeux de ces contemporains du même village.

 en fait, tant qu'ils se sentent honorés,  visités par Dieu, privilégiés,  tant que l’orgueil est flatté,  ils écoutent Jésus avec grâce,
 Mais quand celui-ci leur reproche leur  manque  de foi et la durée de leur cœur,  ils se retournent d'un coup contre lui et veulent le jeter du haut d'un escarpement.

Pour nous… 

Tant que Jésus fait partie de mon ordinaire,  tant qu'il ne me dérange pas trop,  alors j'accepte un certain sens Jésus, Dieu.  Tout va bien.
 Mais est-ce vraiment Jésus?   Ou plutôt, une idole, une idée de Jésus qui en fait me ressemble.
Mais est ce que je suis prêt à rencontrer le Christ en personne,  lui qui est le véritable Amour  ?

Or  pour Jésus, ce qui compte n'est pas d’abord l’honneur, le respect, ou même l’adoration.  Ce qui compte en premier c'est l’Amour,  tel que lui-même aime au cœur de la  Trinité. 

Saint-Bernard : « Celui qui aime, aime, et ne sait rien autre chose. Celui qui, avec raison, mérite d'être honoré et admiré, aime mieux néanmoins être aimé
« L'amour tire son nom d'aimer, non pas d’honorer; 
« l'honneur et la gloire sont dus à Dieu, mais il n'acceptera ni l'une ni l'autre de ces deux choses, si elles ne sont comme assaisonnées du miel de l'amour.  L'amour est seul agréable par lui-même et pour lui-même ». 

 ainsi comme pour paraphraser Saint-Paul : 
 J’aurais beau honorer le seigneur, s'il  me manque l'amour cela ne sert à rien.
 J’aurais beau l’admirer,  s'il  me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne.
 j’aurais beau l’adorer,  le prier, s'il me manque l’amour,  je ne suis rien.

Car l'amour seul honore l’amour,
Car l'amour seul adore véritablement l’amour.

 Lui seul supporte tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout et ne passera jamais.

—————
Le Christ  A une mission universaliste et «  diffusive », se diffusant de soi-même : il est pour tous,  dans tous les temps et de toutes les cultures et de toutes les religions.

 Comme le disait malicieusement un évêque : « La mission de l'Église est celle du Christ et pas le contraire ! » ( c'est à l'église de se conformer à la mission du Christ,  et dans le Christ qui doit se soumettre aux desiderata de l’église).

Ainsi l’Église est pour tous .. Et ce n’est pas le nombre qui est le critère premier,  mais la sainteté de ses membres. Car elle est, nous dit  Jésus,  elle agit comme le levain qui fait lever la pâte .. 

Encore faut-il agir, être actif, porter témoignage :   c'est vrai, comme Jésus c'est changer le monde avec  une certaine violence, mais la violence de la douceur et de la joie. Avec affirmation simple et sereine  de notre foi,  en rien prosélyte.

Agir auprès de nos proches, auprès de nos lointains, pour mettre en œuvre  mission que nous avons reçue à  l'image de Jérémie :
« je te connaissais ;avant que tu viennes au jour,je t’ai consacré ;
je fais de toi un prophète pour les nations ».

Comme dirait le Pape : «Je suis une mission, nous sommes une mission,  le peuple de Dieu est une mission telle est sa force.
Mais c'est une mission d'amour, pour l'amour et dans l’amour.

 l'épître à Diognète 

« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements .
Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais sont citoyens du ciel.

Ils aiment tous les hommes et tous les persécutent. On les insulte et ils bénissent ; on les outrage et ils honorent.


En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans tous les membres du corps comme les Chrétiens dans les cités du monde

ce sont eux pourtant qui maintiennent le monde. »

Car aujourd’hui encore le Christ proclame :« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre »


AMEN 

mardi 26 janvier 2016

3ème dimanche temps ordinaire C

-      La désespérance gagne aujourd'hui notre humanité, et la désespérance, c'est pire que le laxisme, que la luxure des années passées.  Car la désespérance  met à mort tout germe de renouveau dans le cœur de l’homme,  toutes possibilités de se remettre debout quand nous sommes tombés.
-       Rien de nouveau sous le soleil : Qo

-      Première lecture :
-      Nous sommes à Jérusalem vers 450 av. J.-C. L’Exil à Babylone est fini, le Temple de Jérusalem est enfin reconstruit,  la vie semble reprendre.
-       Mais le retour de Babylone est loin de la réalité rêvée.  Les juifs restés sur place, mal convertie, les païens, semblent reprendre le dessus

-       Pour retrouver l’espérance, il manque une chose : la découverte de la Parole de Dieu.
-       Alors, le prêtre Esdras  proclame la loi de Seigneur dans une grande liturgie, depuis le lever du jour jusqu’à midi. On la proclame à tout le peuple.
-       C’ est une grande surprise,  une découverte, une grande joie, avec des   pleurs.
-      Cette parole, ouvre à la vie en plénitude,  elle donne un sens à notre histoire,  elle montre combien la volonté du seigneur et bonne pour chacun et pour le peuple et combien Israël s'en est éloigné…
-      Mais elle annonce aussi et surtout la Miséricorde du Seigneur !

-         Le péché d’Israël a été grave. Et la  justice du  Seigneur a été sans appel. Au péché d'Israël, il a répondu par l'exil à Babylone, par l'invasion d’Israël, par Nabuchodonosor,  par la destruction du Temple. Trois grands prophètes  avaient été pourtant envoyés : Isaïe, Jérémie, Ezéchiel.
-        Mais aujourd’hui le seigneur veut pardonner les péchés à son peuple.  Et Esdras  proclame  :  «aller manger des viandes savoureuses, ne prenez pas le deuil ne pleurait pas, car ce jour est consacré au seigneur votre Dieu».


-       Dans l’Évangile, le  peuple était aussi en attente.
-       La vie est dure sous le  joug  de l’invasion romaine.
-       Alors la venue de Jésus apporte un immense espoir « Sa renommée se répandit dans toute la région,   nous dit saints Luc, tout le monde faisait son éloge. »
-       Et pour insister, Luc nous rappelle lui, médecin, qu’il a fait une enquête rigoureuse avant d'écrire auprès des témoins oculaires  des événements concernant Jésus.
-       Mais le mystère de Jésus n'a pas été encore dévoilé, il est encore celui qui guérit  les infirmités corporelles.
-      … Alors Jésus entre dans la synagogue, prend le livre de Isaïe, fait la lecture, puis il s’assoit.
-        Il déclare  : « aujourd'hui s'accomplit ce passage de l'écriture que vous venez d’entendre. ».
-       Silence, stupéfaction, incrédulité  pour certains…
-       Isaïe parlait du Messie  dans ce passage  de l’Écriture.
-      Seul celui qui est le  Messie peut s'octroyer pour lui-même ce passage…  «l'Esprit du seigneur sur moi, parce que le Seigneur m'a consacré par la fonction. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncé aux captifs leur libération, et aux aveugles qu'ils retrouveront la vue. »

-      Pour nous aussi, la vie de tous les jours n'est pas drôle,  pour certains il faut se battre pour manger tous les jours, la solitude, la souffrance et au quotidien… Il semble que l’on ait  tout essayé,  alors pour quoi encore espérer… !

-       Nous sommes appelés en ce troisième dimanche à laisser notre espérance renaître et notre joie à déborder de notre cœur.
-       Car nous aussi, nous  avons écouté un homme, Dieu fait homme : Jésus-Christ. Il est en lui-même la miséricorde  et la bonté du Seigneur.
-       Elle consiste justement à porter la Bonne Nouvelle aux pauvres de libérer les captifs, de redonner la vue aux aveugles, et de proclamer, comme le  Pape François l'a fait, une année favorable accordée par le Seigneur : l'année de la miséricorde.

-       Mais attention, il ne faut pas faire comme nos contemporains, qui croient que Dieu a abandonné la justice, et qu'il l’a remplacé par une miséricorde sans justice.  La miséricorde du Seigneur n’empêche pas le pécheur de regretter profondément son péché, de faire pénitence,  et de rendre sa vie fidèle à la volonté de Dieu… Bien au contraire !  L’amour du Christ est exigeant.
-       Dieu n'a pas remplacé la justice par la miséricorde ou il ne rend pas justice sans aucun  recours possible.
-       Mais la justice et la miséricorde viennent de la même bonté de Dieu. Le Seigneur,  adapte sa réponse, avec pédagogie et patience, au salut de chacun d’entre nous.
-      En effet, si la justice ne vous empêche de tomber dans nos travers, par crainte du châtiment, la miséricorde nous fait embrasser le bien, nous ouvre toujours une porte vers la réconciliation, vers la vérité, et vers la vie.
-      « La miséricorde nous fait embrasser les biens et la justice  et nous  fait fuir le mal et la bonté de notre Seigneur se communique par ces deux attributs, d’autant qu’il demeure également bon en se servant l'un comme de l’autre. »
-       Par sa justice, il nous prévient, il nous révèle la conséquence peu importante ou très grave de notre péché. Plus la peine est grande et plus les conséquences des péchés sont grandes,  dévastatrices,  mortelles.   D'où la différence entre péché véniel et mortel.
-      Mais nous, on ne voit rien. Mais ce n’est pas nouveau ! l'homme ne voit pas la poutre dans son œil …

-       Mais,  aujourd'hui, dans la synagogue de Nazareth, le Seigneur, en envoyant son fils Jésus, nous révèle sa miséricorde infinie, et toujours prête à pardonner.  
-      Pour celui qui revient à lui, il  renonce avec bonheur à sa justice, pour nous offrir sa tendresse, les profondeurs infinies de son amour et de sa miséricorde.
-       Ainsi nous aussi nous ne pouvons plus désespérer, mais  nous devons  aujourd'hui comme l'a demandé le prêtre Esdras, nous réjouir :  «  ne vous affliger pas, la joie du seigneur et votre rempart ! »  Par ma joie humaine, mais la joie du seigneur!

 Saint-François-de-Sales : « nos et  nos faiblesses, pour  grandes quels sont, ne nous doivent pas nous décourager, mais nous abaissez et  nous jetez entre les bras de la miséricorde divine. Et elle sera d’autant plus  glorifiée si  nous  parvenons   à nous relever, avec le  secours de  sa sainte Grâce. »

-        Alors nous-mêmes, peuple, rassemblé par l’Esprit Saint, enseigné par la parole de la vie, non pas d'abord le livre de la Bible, mais la personne de Jésus,
-       nous pourrons devenir ce corps décrit par Saint-Paul où chacun a sa place .
-      Ce corps qui a été oint consacré  par le baptême et la confirmation.
-      Ce corps qui est envoyé pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, redonner la vue aux aveugles et proclamer une année pour le Seigneur : une année de la Miséricorde.

Amen