Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

lundi 17 novembre 2014

32e dimanche du TO A

Le temps liturgique que nous abordons jusqu’au Christ Roi, nous rappelle que nous serons jugés. Mais nous serons jugés sur l’amour.
Car le jugement qui est en Dieu est le Jugement de l’Amour lui-même. 
 • dans un premier temps l’Amour nous rappelle qu’il oublie tout jugement: « je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde».
Lorsque nous avons péché, lorsque nous avons tendance à nous juger pas dignes du Père, croyons qu’Il nous tend la main par le Christ sans laquelle personne ne peut être sauvé.
  • C’est aussi une des dimensions de l’Amour, lorsqu’il nous aide par le jugement de la loi divine, il nous fait prendre conscience de notre péché, de sa gravité, afin de nous ramener à la maison. 
  • Le jugement est la troisième dimension de l’Amour lorsqu’il referme la porte sans plus ne jamais l’ouvrir. Mais il le fera uniquement avec ceux qui l’auront définitivement rejeté. C’est leur choix éternel: l’amour d’eux-mêmes jusqu’au mépris de Dieu (St Augustin). Le Seigneur protégera pour toujours ses brebis  des assauts de l’Ennemi, et de ses enfants de ténèbres.


Nous verrons que dans cette parabole nous retrouvons les trois étapes. Mais avant, prions la Sagesse de venir jusqu’à nous, puisqu’elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent, elle devance même leurs désirs en se montrant la première.
Prions celle qui nous apparaît, avec un visage resplendissant, souriant oui souriant à ceux qui écoutent sa Parole. 

  • Le Royaume est comparable donc à dix jeunes filles... 
  • Invitées à des noces... Tout de suite, on nous parle d’amour, et du meilleur amour qu’il soit, les noces, les prémices, l’Alliance... 
  • On nous dit d'emblée que 5 étaient insensées, et 5 sages... Comme si les dés étaient jetés d’avance, comme si le jugement était déjà fait. Le Seigneur ne juge pas par avance, mais dans son Éternité il sait qui le choisira ou non. 
  • Mais l’époux tarde à venir; c’est le temps de l’épreuve, c’est le temps de la nuit. L’époux se fait tellement désirer que toutes s’endorment... Elles s’endorment, mais elles n’ont pas les mêmes réserves. 
  • Certaines ont leurs lampes presque vides, d'autres, pleines car elles avaient pris de l’huile en réserve
  • L’huile ? Celui de la Sagesse. C’est l’huile de notre confirmation, le saint Chrême. c’est l’huile symbole des dons de l’Esprit Saint, et entre ses dons, de la Sagesse. 
    Cette huile repose au fond de la lampe, comme la Sagesse repose au fond de nos âmes. Il est calme, mais il est l’énergie du feu, comme le moteur de l’Amour-Charité. 
  • «Voici l’Époux, sortez à sa rencontre... 
    • Les insensées demandèrent «donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent». Les prévoyantes répondirent «jamais cela ne suffira pour nous et pour vous; allez plutôt vous en procurer»
      Cette attitude semble peu charitable, miséricordieuse, et pourtant elle est pleine d’amour, non pas d’abord par rapport aux insensées, mais pour le jeune époux... 
    • «jamais cela ne suffira pour l’ époux»
      Les prévoyantes n’ont rien contre les insensées, elles ne manquent pas de charité envers elles, mais elles ont fait leur choix depuis longtemps:  leur cœur sera à l’Epoux. La Charité est ordonnée.  Elles n’ont pas batifolé le long du chemin de leur vie. Peut être qu’elles avaient fait d’autres choix auparavant, mais lorsqu’elles choisirent le Christ pour époux, c’est pour atteindre leur but. Non pas d’abord pour elles-mêmes, pauvres misérables, mais pour Lui, l’époux, pour son bonheur, pour son Amour, pour ses délices. Alors désolées, les sages dirent aux insensés ... «Jamais cela ne suffira pour l’ époux»
    • . Alors l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec Lui dans la salle des noces.
      Celles qui sont entrées ce sont celles qui étaient présentes au bon moment, celles qui étaient prêtes.
      Ce mot «prêtes» en grec (hetoimoi) est traduit par «se tenir devant le Seigneur» lorsque Moïse et Aaron vont voir le Seigneur sous la tente du rendez-vous.
      Nous retrouvons aussi ce terme dans le Ps 10 : mon cœur est prêt, mon Dieu, je veux chanter, je veux louer»

      Oui elles étaient prêtes dans le sens le plus fort du terme: tout leur cœur  était tendu vers l’époux, plus rien n’avait de l’importance sinon Lui seul, vivre avec lui et célébrer son Amour sans fin.
      Alors elles entrèrent dans la salle de noce. Elles entrèrent jusqu’au plus profond du cœur enflammé de l’Agneau.


    • Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !'
      Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.'


      Là encore, quel manque de miséricorde quel manque de la moindre des charités !... Allons, elles sont arrivées en retard, c’est vrai, mais le Seigneur n’est-il pas miséricordieux, n’est-il pas prêt à accueillir la brebis qui revient vers lui. ...
      - N’a-t-il pas accueilli le bon larron, à l’aurore de sa vie sur la terre? 
    • On a tous envie de plaider en faveur des vierges insensées, car on se dit que l’on pourrait bien leur ressembler! ...
    • Et pourtant, selon notre Foi, la Bonté est du côté de l’Époux, la Miséricorde est du côté de Dieu... D’ailleurs, les vierges sages n’en ont pas douté, elles qui ont travaillé toute leur vie à prendre des réserves pour les temps de l’épreuve.
    • Que se passe-t-il donc avec ces vierges folles ??
    • Nous pouvons trouver un indice dans les paroles mêmes de ces j filles.
      «Seigneur ouvre nous !»
      Où est le repentir? Où est le moindre pressentiment d’avoir blessé le cœur de l’époux, lui qui leur a donné la vie, un cœur à aimer, et même l’huile le jour de leur confirmation et qu’elles ont négligé.
      Où est l’excuse ?
    • Un autre indice se trouve dans la réponse de Jésus... «Je ne vous connais pas».
      Et pourquoi ne les connaît-il pas ?  Quel sens ?
      Il  faut aller jusqu’au commencement de la Bible, la Genèse.
      «L'homme connut Ève, sa femme; elle conçut et enfanta Caïn»
      «
      Connaître» dans la Bible, c’est aimer intimement, c’est l’union même de l’Amour intime et le plus fort, celui qui donne naissance à des enfants.


      Ainsi on pourrait traduire: «Je ne vous ai jamais connu, je ne vous connais pas ni hier, ni aujourd’hui, ni demain... (le présent ici représente tous les temps et celui même de l’Éternité) Nous ne nous sommes jamais compris,  nous ne nous comprendrons jamais. Non, parce que je ne voulais pas de vous. Mais vous n’avez pas voulu de moi ... «Jérusalem, Jérusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes... et vous n'avez pas voulu!»  Mt 23
    • Vous n’avez jamais voulu choisir l’Amour véritable qui se tourne vers l’autre complètement. Vous ne m’avez jamais aimé. C’est vous, en fait que vous avez choisi. Votre attitude vous a trahi, vous vous êtes fait piéger par vous-même, il vous a manqué de l’huile....
      --> St J de la Croix avait dit «nous serons jugés sur l’Amour».


      Nous pouvons voir plus clairement les trois étapes du Jugement de Dieu
    • La première étape; il n’y a pas de jugement 
      «En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement» Jn 5
    • Pour la parabole: il n’y a pas de jugement pour les vierges sages: peu importe d’où elles sont parties, ce qu’elles ont fait avant. L’important c’est d’avoir fait assez de réserve d’huile pour passer les épreuves et «se tenir devant le Seigneur» au moment où il vous ouvrira ...

      la seconde étape; c’est le Seigneur qui nous prévient à l’aide de sa parole ... Par l’exemple des saints, par une multitude de témoins qui, ni plus idiots ni plus intelligents que nous, ont  fait confiance à l’amour de l’époux. 
    • La parabole: les vierges insensées pouvaient voir leurs soeurs accumulées de l’huile, elles pouvaient leur demander des conseils ... La cigale de Mr de la Fontaine pouvait prendre exemple sur la fourmi ... 


      la troisième étape. C’est le jugement. La porte qui se ferme aux ténèbres pour que brille la lumière. Il ne peut pas y avoir de demi-mesure en Dieu, car il ne peut pas y avoir de demi-mesure dans l’Amour. «Que votre langage soit : Oui?  Oui, Non?  Non : ce qu'on dit de plus vient du Mauvais». Mt 5
      Il
      nous faut accepter la parole tranchée du père. Elle n’est pas pour notre malheur si nous avons assez d’huile. Mais l’Amour s’il patiente, s’il prend le temps nécessaire afin que tous puissent revenir à lui, l’Amour parfait et divin, ne pourra pas toujours accepter la haine, le mal,  et même la tiédeur. «Ainsi, puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche». Ap
      Le Seigneur ne peut pas toujours accepter que le loup égorge la colombe, ou que l’on se désintéresse de Lui ou des frères ... Un corps froid ou un peu tiède, c’est un corps mort ... La vie c’est 37°; la vie, c’est la Charité brûlante ..

      Jn «nous savons, nous, que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères».


Que le Seigneur nous aide à remplir nos lampes de l’huile de sa Sagesse non pas demain, mais aujourd’hui. 
Car comme Il le dit Lui-même: Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure»


mardi 4 novembre 2014

31e dim : prière pour les fidèles défunts

Le dimanche habituellement, nous célébrons la résurrection du Christ mais aujourd’hui puisque  c’est le 2 octobre, nous prions aussi pour nos défunts. En tous les cas, priez pour les défunts ce dimanche nous invite à croire que rien ne peut se faire sans la mort et la résurrection de Jésus.

 Mais comment Dieu nous sauve-t-il ? Comment s’y prend-il pour sauver l’humanité ?
Il y a souvent une grande  incompréhension entre ce que  l’homme demande à Dieu, et ce que Dieu fait  pour  sauver l’homme.
En Isaïe Dieu demande « que puis-je faire de plus pour vous  ? »
En tous les cas, comme dit Saint Paul  le Christ ce n’est pas ressuscité alors personne ressuscite. Et les morts restent dans le séjour des morts, les enfers. Lieu de souffrance et de ténèbres.

Comprenons-le bien :  à cause du péché de   nos pères,  et à cause de nos péchés personnels, il y a dans notre cœur  de chacun de l’ivraie et du bon grain.
Si l’homme est laissé à lui-même, sans l’aide de Dieu, alors  notre méchanceté,  notre orgueil c’est-à-dire   l’ivraie, prendra le dessus sur le bon grain,  sur nos qualités.
Notre nature est ainsi  devenue…
 L’homme qui veut devenir juste et saint sans l’aide du  Seigneur  se fait illusion  sur soi-même. C’est le drame de l’humanisme athée. C’est l'histoire de la tour de Babel qui se répète à l’infini de génération en génération…
Ainsi il faut que nous acceptions de mourir à  nous-mêmes. Pour que disparaisse en nous l’ ivraie. C’est comme un vase souillé et brisé qui doit se laisser dissoudre dans l’eau afin que le potier puisse reprendre son œuvre et la rende  bien plus parfaite.
 Sainte Thérèse d’Avila prend l’image d’une chenille, animal pas très beau ni agréable, qui rampe sur la terre et qui un beau jour, après un certain sommeil, va se réveiller, papillon, aux  Couleurs splendides, s’envolant dans le soleil éternel.

Le Christ mourant sur la croix, lui, le Seigneur, le Créateur, entraîne toute l’humanité derrière lui. Si le Christ est mort sur sa croix, toute l'humanité meurt en  Lui. C’est la première partie du baptême :  la plongé dans l’eau.
Mais, trois jours après,  le Christ ressuscite, le jour de Pâques. Et  ressuscitant  dans la gloire il  entraîne  dans sa victoire tous  ceux qui  choisissent la vie en LUI.  Car seul l’Amour est plus fort que la mort mais l’ Amour tel que l’Esprit Saint l’offre gratuitement à l’homme de la part de Dieu,  ce qu'on appelle le christianisme, la Charité. C’est la deuxième partie du baptême : la remontée de l’eau.
C’est ainsi que Dieu nous sauve.  Mais rien ne peut se faire, si nous n’acceptons pas de faire corps à corps, âme à âme, cœur à cœur avec le Christ.
C’est en particulier dans l’ Eucharistie  que pourra naître l’amour qui pourra nous lier au Christ, à la vie à la mort, et ainsi Il pourra nous sauver.  L’ Eucharistie, c’est Jésus qui nous sauve en actes.
 Alors ce qui est mortel en homme, sera englouti dans ce qui est  immortel. Ce qui est péché en l’homme sera englouti par ce qui est miséricorde  en Dieu..

Mais, de l’autre côté du voile, que se passe-t-il ? Quand nous mourrons, nous restons les mêmes. Notre personnalité n’est pas dissoute,  nos qualités de nos défauts sont  là. Et  si nous sommes morts n’étant pas encore devenus des saints, alors il faut que nous continuions à être plongés dans l'eau du baptême, dans la mort et la résurrection du Christ.
Ainsi l’orgueil, la démesure, les rancunes, les  manques de pardon,  qui nous retiennent encore éloigner de Dieu  mourront, et nos défunts libérés d’eux-mêmes, de l’esclavage  d’eux-mêmes, pourront alors entrer en pleine présence  du Père,  et  voir sa Lumière.
Ainsi quand l’ Église prie, quand un chrétien prie au cœur de l’ Église,  quand il  prie au nom du Christ, c’est en fait lui Jésus qui  prie à travers son corps qui est l’ Église.
Ainsi une prière  faite avec amour, si petite soit-elle,  un sacrifice offert, une souffrance acceptée, associé au mystère de la passion de la résurrection du Christ pourra libérer les  âmes.
On peut aussi penser aux aumônes, aux  jeunes jeun.
Mais rien ne remplace l’ Eucharistie qui est la continuité de la mort de la résurrection du Christ au milieu de nous. La messe n’est pas simplement un rite, un culte rendu à Dieu. C’est Jésus qui continue à nous entraîner dans sa mort par amour pour Dieu, et qui nnous donne déjà de participer à sa résurrection par amour pour nous. Il nous offre   la toute puissance de l’Esprit Saint qui est la toute-puissance de la charité  qui se voit dans les actes., Sur les visages, qui   s'entend dans nos paroles.
C'est pour cela que toute l’ Église celle de la terre et celle du ciel, et toutes les âmes du purgatoire sont présentes auprès de  l'autel. C'est pour cela qu’aujourd’hui et une grande joie  saisi toute l’ Église pour ceux qui  aujourd’hui entrent au paradis. Si les anges  de Dieu  tressaillent de joie pour un seul pécheur qui se convertit, quelle joie aujourd’hui pour le ciel et pour nous !
C'est pour cela que nous avons un devoir express de prier pour nos défunt si
 c'est ainsi que Dieu nous sauve.
 par le don de l’Esprit Saint, L'homme accepte,  de s'abandonner complètement entre les mains de Dieu, il accepte toutes les épreuves avec joie. Car c’est avec à travers nos joies et nos peines que Dieu façonne l’amour, qui nous libérera de l’esclavage du démon,  des ténèbres, et  noms fera entrer dans la lumière.
Ainsi l’homme, deviendra enfant de Dieu, même si dans ce monde, les enfants de Dieu ne paraissent pas  en pleine lumière car le monde dit Saint-Jean  ne connaît pas encore Dieu. 
Mettons aujourd’hui toute notre foi en Jésus, convertissons-nous réellement, vivons notre baptême, prions le seigneur,  lisons les Évangiles, revenons au Christ, c’est-à-dire  revenons à l’ Eucharistie, confessons nous, ne laissons rien de côté, négligeons rien. Faisons  mourir en nous l’esprit de négligence,  de désobéissance aux commandements de Dieu, et que naisse la foi, l’ardeur,  et la vérité.
Il n’y a pas d’autre chemin :  «celui qui croit en moi même s’il meurt vivra »,  nous dit le Christ.  Il n’y a pas d’autre chemin, car seul l’Amour peut  nous sauver. L'amour tel que Dieu aime, l'amour tel que Jésus-Christ nous l’a révélé.
C’est notre histoire,  c’est la réalité. Histoire dramatique et histoires merveilleuses grâce à la vie, à la mort et à la  Résurrection du Christ un beau matin de Pâques célébrées chaque dimanche.

Amen

fête de la Toussaints

dimanche 26 octobre 2014

30e dimanche TO A

1ère lecture : Dieu exige qu'on aime les pauvres (Ex 22, 20-26)

2ème lecture : L'annonce de l'Évangile et la conversion (1Th 1, 5-10)

Evangile : Amour de Dieu et amour du prochain (Mt 22, 34-40)

Etes-vous amoureux de Dieu ?
Le Christ est-il votre premier et même unique Amour ? 

Car à la provocation du pharisien, qui voulait piéger Jésus, en lui demandant quel est «l’unique et le grand commandement » 
Jésus répond... « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement.» 
C’est là, la nouveauté du Christ, il va rajouter un deuxième commandement qui dans un certain sens ne fera pas nombre avec le premier : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même»


1-  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur

Sommes-nous vraiment amoureux de Dieu, cette question j’en suis sûr nous interroge ou du moins nous surprend... Il ne devrait pas... 
Et pourtant il nous est difficile d’aimer Dieu, pourquoi ? 
Nous ne sommes plus en pleine communion avec Lui
On aime plus naturellement ses proches, ceux qu’on voit, qui ont vécu avec nous... Qui nous ont fait du bien. 
Mais aussi aimer Dieu peut paraître à certains trop «vulgaire», pas digne de Dieu... Comment peut-on aimer le créateur éternel et infini ??
«il ne faut pas aimer les consolations, mais le Dieu des consolations» St F de Sales
En effet nous préférons aimer la  loi, la justice, la vérité, la pureté, la vie, la puissance etc... Mais nous n’aimons pas le Dieu personnel personnellement. 
Or le Seigneur nous demande de l’aimer, lui qui est Dieu, de nous notre cœur. c’est à dire avec tout ce que l’on est, avec tout ce que l’on a
De tout notre corps, de toutes nos passions, nos sentiments, notre psychologie, toute notre volonté jusqu’à la fine pointe de notre âme. 
On peut croire aussi encore que la sainteté est faite pour les autres, qu’elle consiste en des oeuvres extraordinaires. 
Or avec Ste Thérèse nous savons que Dieu nous attend dans les petits gestes, dans les petits services,  les simples paroles du quotidien. 
La sainteté consiste à la perfection de l’Amour, «dis moi ton amour et je te dirais qui tu es». JP II

St FdS résumera en écrivant, « Tout est à l’amour, en l’amour, pour l’amour et d’amour en la sainte Église.» 

Mais pourquoi aimer Dieu ?
Car nous découvrons par notre Foi, à travers la vie du charpentier, le Christ de Nazareth, à travers ses gestes, ses paroles, que Dieu est l’Amour. Et que Dieu s’est fait homme dans le Christ. 
Ainsi nous aimons Dieu , car Dieu est l’Amour qui nous aime, la Beauté qui nous embellit, la Tendresse qui nous bénit. 
L’homme a été créé sur terre uniquement pour être aimé et pour aimer comme l’Amour aime, ou comme Dieu aime lui-même. 

Et comme dit Jésus, tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. Ils nous sont donnés pour nous donner d’aimer à notre tour comme Dieu aime. 


2 - Et l’Amour du prochain ?

• Ces deux commandements nous dit Jésus, amour de Dieu et du prochain sont semblables. Ils sont d’une égale importance, ils sont les deux facettes d’une même pièce. En vérité ces deux commandements ne font qu’un seul commandement. Le second (le prochain) est la vérification et l’apprentissage du premier (par rapport à Dieu)
C’était la question du Pharisien « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

Mais le Christ nous prévient, il y a un ordre, pour aimer réellement le prochain et dans la vérité éternelle de l’Amour lui-même tel qu’il s’auto -révèle en Jésus Christ --> il faut ancrer cet amour en l’mour de Dieu. 
L’un est la source et le but, Dieu 
L’autre n’est que le bénéficiaire. 

Pour pouvoir éclairer notre prochain, faut-il encore vouloir s’approcher du Soleil. il serait illusoire de croire que nous sommes lumière par nous-mêmes; seuls nous ne sommes que ténèbres. 
D'ailleurs la TOB, précise dans ses notes, que la similitude recouvre non l’identité, mais l’importance de ces deux commandements.
Autrement dit : ce qui est égal, c’est l’amour porter à Dieu et aux frères, non l’objet ou la destination de cet amour. 
La TOB: «dès lors, les deux commandements ne sont par interchangeable. Comme si aimer son prochain, c’était aussi aimer Dieu et vis versa»

• Dans la première lecture, nous voyons Dieu qui aime mon prochain, mon frère humaine et en particulier le plus pauvre, d’un amour non pas mièvre et tiède, mais enflammé. 
Le Seigneur se révèle un Dieu proche de nous, un Dieu qui s’occupe de l’anonyme perdu dans le froid de nos cités. D’un Dieu qui s’inquiète des droits de celui qui a emprunté de l’argent. 

Il deviendra si proche, que Dieu, le Fils, s’incarnera même en un homme. Et ce Fils deviendra lui-même , un pauvre, un rejeter, un crucifié. 

Et ce Dieu-là, le vrai, ira se rendre présent à chacun de nous, jusqu’à s’identifier à nous, vivre en nous et en particulier aux plus pauvres d’entre nous. 
Ainsi servir un plus petit que soit c’est servir Dieu lui-même. 

Mt 25 «ce que vous avez fait à l’un des plus de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait»

La culture moderne, qui se veut humaniste,  qui se laisse guider par des humanistes athées, accepte de vivre le deuxième commandement (tu aimeras ton prochain comme toi même)  mais refuse farouchement le premier. 
Déformant la Foi chrétienne, il présuppose que l’amour de Dieu peut nuire d’une façon ou d’une autre à l’amour humain. La liberté de l’homme est de se faire seul.

L’Antéchrist de demain parlera de solidarité, de fraternité, d’acceptation des différences, de paix et même d’amour, il acceptera même les différentes religions, ce qui est très bien en soi. Mais en niant l’importance d’aimer Dieu en premier... Ou en le niant tout simplement. 

Combien de fois j’entends; «moi je préfère faire du bien aux autres, et pour cela je n’est pas besoin de Dieu» .... «Et si Dieu existe, il n’a pas de reproche à me faire, c’est plutôt moi qui en ai à lui faire ...!» 


Mais en supprimant le projet divin sur l’homme qui n’est pas un projet d’oppression, de brimade de la liberté, mais un projet d’épanouissement infini de la personne humaine, en se détachant de la Parole divine, l’homme se laisse aller au gré de ses sentiments et de ses passions, sans but, ni chemin... 

Il n’y a qu’à voir le mariage aujourd’hui. On n’a jamais parlé autant d’amour . L’amour, c’est la seconde «révolution humaniste» comme dit le philosophe athée, Luc Ferry. Mais jamais il n’y a eu autant, de divorce, de cœur brisé, d’enfant blessé... 

Cherchant l’amour sans la Foi, l’homme devient comme un bateau qui n’a plus ni gouvernail, ni étoile pour se guider... Il risque de se briser contre les récifs, au moment même où il croyait atteindre le «nirvana»... 

Dieu n’est pas Celui qui veut nous brimer, nous empêcher d’aimer d’amour humain, «Dieu donne tout, mais ne prend rien» dit Benoit XVI. 
Bien au contraire il veut nous donner d’aimer, mais d’aimer comme lui même aime. «mon cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi»

S’il y a un unique commandement d’amour de Dieu et de l’homme, c’est justement parce que Dieu veut que nous devenions saints comme lui même est saint. 
L’homme est appelé à épouser les moeurs divines, car le cœur de l’homme est pour le cœur de Dieu et le coeur de Dieu est la plénitude de l’homme.
Que le Seigneur nous donne de découvrir par la Foi le Dieu-amour qui nous aime. Et que nous mêmes en implorant à chaque instant sa Grâce, regrettant profondément nos dérives, en cherchant de mieux en mieux à faire le Bien, nous retrouvions notre vraie nature oubliée, celle de l’homme fils de Dieu à l’image de l’unique Fils et de l’homme véritable: le Christ Jésus. 

Amen

samedi 25 octobre 2014

29° dimanche du TO A

Dieu ou César ?

« Parole du Seigneur à Cyrus : Je t'ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas »
 cette parole vis-à-vis de la part  du Seigneur nous rapelle que tout est dans la main de Dieu : c’est lui qui a voulu exiler son peuple, les Israéliens vers Babylone en 587, et 80 ans après c’est lui qui les ramène à travers le roi Cyrus, qui acceptera que les peuples déportés retournent chez eux.
Et Saint Paul nous dit : « Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. »  Avant la création du monde, il nous a choisis pour témoigner devant les hommes  que son  salut  est offert à travers le Christ.
 Mais voici que les disciples des pharisiens et  d’Hérode viennent piéger Jésus.  Mais ils s’entendent répondre : « hypocrite ! »
 Pourquoi Jésus  les traite-t-il d’hypocrites ?
1°  ils veulent le piéger avec l’impôt de César, mais eux-mêmes, comme le roi Hérode, payent les impôts aux Romains.
2°  ils viennent pour flatter le Christ. Mais il ne croit pas un mot de ce qu’ils disent
3°  ils pensent que la machination est parfaite : si Jésus dit de payer, il passe pour un collaborateur  avec les envahisseurs, aux yeux du peuple, et si et demande de ne pas payer l’impôt, alors il va être condamné à mort par les Romains.
 Ainsi le Christ reconnaît le pouvoir de César, il reconnaît les pouvoirs des nations. Il  nous invite même  à payer nos impôts. Que nous pensions que le pouvoir est légitime ou non. Car tout pouvoir humain, juifs ou païens, et dans la main de Dieu,  et en fin de compte, chacune de nos vies.
Est-ce à dire que nous sommes des jouets dans la main de Dieu ? Non ! Mon Dieu respecte notre liberté.

Mais dans sa transcendance et se sert des jeux humains, de nos choix pleinement libres, pour développer, en fin de compte, son projet à Lui. Et personne n’y pourra rien… Car il est l’éternel, le transcendant à toute réalité créée. Il sait tout sur tout depuis  toujours jusqu’à toujours.
 Prenons par exemple Joseph dans le livre de la genèse : il est rejeté par ses frères -  ce que Dieu ne veut pas -  et pourtant c’est par ce jeune frère rejeté, vendu, devenu Prince d’Égypte, que Dieu va pouvoir sauver  Jacob et ces mêmes frères qui l’ont vendu bien des années avant. Et cela Dieu le veut !
 C’est ce qu’on appelle la providence. Elle n’est pas le destin, elle n’est pas le hasard, elle est la Providence. Mystère de la rencontre entre un Dieu qui tient  tout dans  sa main, le bien ou le mal, et fait tout contribuait, au bout de l’histoire, au bien de son peuple, à ceux qui l’aiment.
 Jésus avec les pharisiens n’est pas dupe : il appelle bien César, César et non patibulaire. Car comme le pouvoir  romains, chaque pouvoir à une tendance quasi naturelle de se prendre pour le bon Dieu, et de se diviniser.
Cela est vrai aussi pour le pouvoir actuel, toutes tendances confondues : que veut dire, en effet, vouloir repousser la dimension religieuse dans le mode privé,  en refusant que les religions prennent la parole sur le champ public, sinon par ce que on veut prendre leur place.
S'il y a dans l’histoire, des pouvoirs religieux qui se prennent pour des pouvoirs politiques, il y a aussi bien des pouvoirs politiques qui accaparent la dimension religieuse pour eux.
 c’est pour cela que Jésus dit aussi Rendez à Dieu ce qui est à Dieu. et qu’est-ce qui est à Dieu ? Tout : vous-même, les peuples, et Jésus le Christ qui est là devant vous qui vous parle. Si vous étiez vraiment à Dieu, vous entendriez vraiment le Christ vous parlez, et vous reconnaîtriez qu'il est la  Parole de Dieu
 d’ailleurs, paradoxalement, comme pour Pilate plus tard, qui reconnaît  implicitement la royauté de Jésus,  les pharisiens vont confesser la vérité à leur insu : « tu est toujours vrai, et tu en sais le vrai chemin vers Dieu ». Ce qui démontre la toute-puissance de Dieu même sur les paroles de ses propres ennemis.
Mais aussi César est  À Dieu, et tout en respectant la différence nécessaire entre l’Église et État, il faut aussi reconnaître leur dépendance.  on peut dire que Jésus a initié la laïcité. il est le premier à avoir séparé de façon claire le pouvoir politique de du pouvoir religieux.
 mais GS  enseigne : « Si, par autonomie des réalités terrestres, on veut dire que les choses créées et les sociétés elles-mêmes ont leurs lois et leurs valeurs propres,… une telle exigence d’autonomie est pleinement légitime
Mais si, par « autonomie du temporel», on veut dire …que l’homme peut en disposer sans référence au Créateur, la fausseté de tels propos ne peut échapper à quiconque reconnaît Dieu ».
 ainsi l’Église se donne le droit d’intervenir dans la société sur tous les sujets qui la concernent, c’est-à-dire non pas sur telle organisation politique ou économique, mais relativement à la dignité de la personne humaine
 ainsi l’Église nous interroge sur notre droit et notre devoir de prendre la parole et d’agir sur les sujets dits, politique, sociaux, ou « sociétal ».  il est justifié pour un chrétien de pouvoir s’engager dans la société, dans des associations et même politique
mais l’Église nous engagera toujours à ne pas nous enfermer dans un sujet, ou dans une sensibilité qui traverse légitimement la société.
Ces quelques réflexions va nous aider à relire notre façon de penser et d’agir. Vis-à-vis de l’État, vis-à-vis de l’Église, vis-à-vis de nos villages. Et de ne pas nous laisser endormir par une société qui nous veut consommateurs mais pas plus.

 terminons par les mots du bienheureux Paul VI  dans ecclésiam suam:  « l'Église doit être prête à soutenir le dialogue avec tous les hommes de bonne volonté. Personne n'est étranger au cœur de l’Eglise.  Pour elle, personne n'est un ennemi, à moins de vouloir l'être de son côté. ce n'est pas en vain qu'elle est chargée de promouvoir dans le monde l'unité, l'amour et la paix ».

AMEN

vendredi 24 octobre 2014

28e dimanche du temps ordinaire A

1ère lecture : Le festin messianique (Is 25, 6-9)
Psaume : 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6
2ème lecture : La vraie richesse dans le Christ (Ph 4, 12-14.19-20)
Evangile : Parabole des invités au festin  (Mt 22, 1-14)


  •  Le Royaume de Dieu est comparable à des noces, à une fête. Dieu est fête ! Il veut célébrer les noces de son fils, « le Bienheureux et unique Souverain, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs » St Paul. Et il il invite largement ! quel honneur ! Combien nous devons être bien habillés ! propres! beaux !
  • Il nous invite à partager son repas, ses bœufs, ses bêtes : tout ce qu’on préfère, tout ce qu’on cherche, bien au-delà de tout ce qu'on peut savoir, comprendre, connaître. Les dons de Dieu sont infinis. 
  • Les repas dans la Bible sont le signe de cette fête, et le repas de noces par excellence : le repas qu’Abraham prit sous la tente avec trois hommes, qu'il appelait son Seigneur. Le repas offert par le père au retour de son fils prodigue( Luc), et bien sûr les noces de Cana ! et les quelques poissons qui grillent sur la braise? Repas si merveilleux et à la fois si simple avec Jésus ressuscité, et la sainte eucharistie
  • Oui mais voilà, les premiers invités ne veulent pas venir. Et ceux qui sont invités à nouveau, préfère pour les uns aller à leur champ, pour les autres aller à leur commerce, le troisième aller faire du sport, le quatrième rester au lit, le cinquième regarder la télé, la sixième aller chez le coiffeur, le septième surveiller son four, le huitième préfère ne pas avoir de remarques de son mari, le neuvième… Je continue ?
  • Pourquoi un tel refus?
  •   Le monde avec toutes ces belles choses nous dit : ne crois pas Jésus, ne crois pas Dieu; je suis moi, ton Dieu, je suis ton salut,
  • tu es toi-même ton dieu, tu es toi-même ton salut, écoute personne d'autre que toi-même… 
  • Alors ses serviteurs, les prêtres, et avec eux l’Église, invitent tous ceux qu’ils rencontrent, bons ou mauvais. Ils nous invitent tous. Et la salle se remplit peu à peu …
  • Mais, au nom du Seigneur, ils leur demandent de se revêtir du vêtement de noces car «on ne badine pas avec l’amour», avec le Fils de Dieu on ne se moque pas avec Dieu lui-même. 
  • Même s’ils se savent pécheurs eux-mêmes, patiemment, avec douceur et fermeté, ils aident leurs frères à quitter l’habit de ce monde, et à revêtir l’habit de noces.
  • Par exemple, le pape disait récemment : « il ne s'agit pas de croire vaguement en Dieu : « Ce Dieu-là n'existe pas. Dieu n'est pas une idée en l'air, il est trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit. Le Dieu spray n’existe pas ! ». Le dieu aérosol, le lieu mouchoir Kleenex, dont on se sert une fois ou l’autre et puis qu’on jette, n’existe pas.
  • Ces remarques ne sont pas pour ennuyer, elles ne sont pas faites par plaisir… 
  • Il nous faut accepter les reproches, pour commencer à nous tourner vers la lumière.… En famille l’amour lui-même des parents pour les enfants, les invite à faire des remarques…
  • En fait, c’est un signe d’amour, un signe d’humilité pour celui qui les accepte, et un signe d’amour pour celui qui les donne. Car quand on aime quelqu’un on l’aide, mais si on n’aimait pas la personne, on ne dirait rien. 
  • Dieu, et notre  Père, et le Royaume de Dieu, ne mériterait -il pas une robe de noce ?
  •   Mais quelle est-elle cette robe de noce ?
  • Saint-Augustin : « est-ce les sacrements, la fréquentation de l'église ? Les méchants vont à l'église comme les autres… Qu'est-ce donc que ce vêtement de noce ? C’est l’amour. Mais il ne s'agit pas de n'importe quel amour …c’est la charité « qui naît d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sincère » ; or, c'est cette charité-là qui est le vêtement de noce. »
  • Or la Charité c’est d’abord l’amour de Dieu, et en cet amour l’amour des autres. Avons-nous vraiment l’amour de Jésus dans le cœur ? Est-il pour nous notre plus grand trésor ? Et ce qui nous ouvre à l’amour de Dieu notre Père, et à l’amour des autres… On se dit croyant mais le sommes-nous vraiment ?
  • Nous sommes prêts à abandonner Dieu pour des peccadilles, un moment de plus à la télévision, un repas plus rapide, des riens. Mais sommes-nous prêts à tout abandonner pour Jésus, pour l’amour de Dieu ? Que veut dire en effet, bénéficier d’un repas et ne pas vouloir saluer le maître de la maison. Que veut dire, se réjouir du soleil, de la terre, de l’eau, des progrès de la science ou que sais-je, et ne pas vouloir honorer à chaque instant, et en particulier le dimanche, le Seigneur de cet univers ? Serons-nous des hypocrites ? De simples consommateurs ?
  • Est ce que notre vie s’organise relativement à Dieu, où est-ce qu’on se préoccupe de Dieu, relativement à notre vie, à notre emploi du temps. 
  • Et si nous avions vraiment l’amour de Jésus dans le cœur, la messe, la prière, le pardon aux autres, ne sembleraient-ils pas évidents ?
  • Et quand l’Église nous rappelle que la messe c’est tous les dimanches, ne nous demande-t-elle pas de revêtir l’Esprit Saint, le Vêtement de Noces ? Et lorsqu’elle nous dit de ne pas communier n’importe comment, sous peine de péché grave,  lorsqu’elle nous rappelle que tels ou tels actes ne sont pas fidèles à l’amour de Dieu, que nous dit-elle ?
  • Elle nous dit : tu es entré dans la salle de bal, certes, mais tu n’as pas encore revêtu le vêtement pour la noce !
  • L’Eucharistie, ce n’est pas un chemin vers le ciel. Communier, ce n'est pas qu’une étape que l’on peut faire ou non au gré de ses envies. Non, l’eucharistie c’est le Ciel lui-même, et communier c’est Jésus lui-même !
  • Écoutons ce que l' Église a à nous dire parce qu’un jour, ce sera le Seigneur qui te fera le reproche et peut-être sera t il trop tard… ?!
  • Il n’y a pas de demi-mesure, soit nous choisissons l’amour de Dieu, qui nous donne d’ouvrir les ailes à la dimension du Ciel, et nous recevons un bien profond, soit nous choisissons l’amour de ce monde, et nous entrons dans le mépris de Dieu, de son repas, de sa vie, son bonheur, tout ce qu’il a préparé pour nous…
  • Vous exagérez mon père !
  • Alors relisez tranquillement ce passage et vous verrez que je n’ai essayé que le même de vous expliquer cette parole de Jésus…

27e dimanche du temps ordinaire A

1ère lecture : Le Seigneur est déçu par sa vigne bien-aimée (Is 5, 1-7)
2ème lecture : Dieu donne sa paix à ceux qui sont fidèles (Ph 4, 6-9)

Evangile : Parabole des vignerons meurtriers (Mt 21, 33-43)


  • « le chant du bien-aimé à sa vigne « : Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne »

  • Tout l’amour du bien-aimé pour sa vigne : retourna la terre, enlever les pierres, beaux plants, tour de garde et pressoir
  • « Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? 
  • J'attendais de beaux raisins, pourquoi a-t-elle donné de mauvais fruits ?
  • Quelle réaction ? 
  • « enlever sa clôture…, il y poussera des épines et des ronces »
  • « La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d’Israël… Il en attendait le droit, et voici l’iniquité».
  • Psaume : 
    • Dieu de l'univers reviens ! visite cette vigne, protège-la, 
    • jamais plus nous n'irons loin de toi : 
    • Seigneur, Dieu de l'univers, fais-nous revenir ;
  • l’Évangile de Jésus reprend cette parabole d’Isaïe … « Écoutez cette parabole : un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. »
  • « Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. »
  • Ils tuent les serviteurs, et même le Fils. 
  • « On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. »
  • Mais Jésus leur répondit  : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : la pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux !
  • Quelle réaction normale !  
  • Qui d’entre nous, lorsqu’une chose grave arrive, nous ne voulons pas la justice? 
  • Lorsque nous avons patienté, une fois deux fois, trois fois,  qui ne comprend pas la réaction des juifs ?
  • Et dans cette parabole, ces gens-là tuent,   et ils tuent le fils de la maison !
  • et Jésus répond : «  la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire » 
  • Mais lui, le fils qui vient d’être  tué, nous dit  qu'il est devenu par le  mystère de la résurrection,   la terre nouvelle, le roc,  sur laquelle est bâtie toute la nouvelle vigne du Seigneur.
  • Il semble que pour le  Seigneur, plus on  va loin dans les péchés,  dans l’oubli de sa parole, dans  la justification de soi, dans les actes les plus condamnés par la nature humaine, plus  le glaive de la justice est mérité, et plus il semble offrir son pardon et sa miséricorde…  est-ce vrai ?
  • Est-ce l’image vraiment que nous avons de Dieu, du Père lui-même ?
  • Mais Jésus nous dit : « la pierre rejetée, est devenue la pierre angulaire : c’est une merveille sous nos yeux ! »
  • N’est-ce pas le signe du pardon total de Dieu ?
  • Cela me fait penser à l’histoire de Joseph dans le livre de la genèse avec Jacob :  Joseph le plus jeune des frères, rejeté par les onze autres,  fut celui qui permit d’échapper à la famine, en permettant à toute sa famille, et à son père Jacob, de venir s'installer dans  riches et pays d’Égypte. »
  • c’est cela le christianisme : annonce de la miséricorde inépuisable du  Seigneur.
  • Quitte à scandaliser les hommes…
  • il semble que plus l’homme s’enfonce dans la boue, et plus  le  Seigneur offre sa miséricorde, sa présence, son pardon, son aide,  ses grâces.
  •   Il semble aller chercher à prostituer au fond  de sa maison close. L'athée dans l’assurance de ses idées, le meurtrier au fond de sa prison à perpétuité…
  • Cela nous paraît fou… Et c’est la Vérité !
  • L'image d’un  Père dur, justicier, prompt à la justice,  de colle à la peau…
  • Et pourtant n’avons-nous pas envie de menacer, sans vouloir condamner quand quelqu’un s'éloigne de façon grave de Dieu ?
  • Et Jésus nous parle de miséricorde…
  • Il repose le salut, il tend la main, jusqu’à l’extrême bout du bout, jusqu'au dernier souffle pour ramener ce souffle à lui…
  • Saint-Jean  Chrisostome : « Ils ont égorgé le Fils venu les réconcilier. Le Père ne s'est pas détourné des meurtriers, il n'a pas dit : « ils l'ont mis à mort et ils l'ont crucifié ; désormais, il est juste que je les abandonne. » C'est le contraire qu'il a fait, et le Christ ayant quitté la terre, c'est nous, ses ministres, qui sommes chargés de le remplacer. « Il nous a confié le ministère de la réconciliation… Quel amour qui surpasse toute parole et toute intelligence ! Qui était l'insulté ? Lui-même, Dieu. Et qui a fait le premier pas vers la réconciliation ? C'est lui... 
  • Nous entendons le cri de Saint-Paul:  « Frères, au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu ! » 2 Corinthiens 5 
  • Benoît XVI : «Ainsi, le règne de Dieu n’est pas fait de domination, de triomphe et d’oppression, comme il arrive souvent pour les royaumes terrestres, mais il est manifestation de bonté et de grâce » 


  • C’est nous qui fuyons, et c’est lui qui vient nous chercher…  parce qu'il a essentiellement besoin de nous… Non parce qu’il nous aime, et qu'il connaît tellement les conséquences de nos péchés…
  • a-t-il renoncé à la justice ? Non
  • il n’y a pas renoncé pour nous ramener à la maison.  Mais doux,  humble  est le cœur du Christ et donc le cœur de notre Père. 
  • Le psaume  144 : « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » 
  • mais le psaume demande  aujourd’hui : « Pourquoi as-tu percé sa clôture ? » 
  • La réponse est simple : parfois une chute, une bonne chute, nous fait faire l’expérience que ce qu’on croyait chemin de liberté, de lumière et de plaisir,  aboutir un chemin plein de vinaigre, dur,  infernal …
  • c’est vrai que cela trompe : le chemin vers le chaos est un chemin qui nous paraît doux et plein de plaisir très raisonnable… mais c’est un chemin triste
  • Mais le chemin vers le paradis, et un chemin difficile, plein de  pierres,  de ronces.   Cependant, c’est un chemin joyeux.  Car nous marchons sur les traces lumineuses que le  Seigneur a laissées dans nos vies… La joie  ne vient pas essentiellement du plaisir ou de la souffrance, la joie vient de la rencontre du  Seigneur et de marcher derrière  Lui vers les hauts pâturages, remplis de doux vin  et de paix.
  • Dieu ne renonce pas à la justice : il triera entre les chèvres têtues et les doux agneaux ( qui seront dans sa vigne nouvelle). Mais cela sera aux temps derniers;  aujourd’hui c’est le temps de la miséricorde:  alors ne la méprisons pas,  glorifions-la en  reprenant toujours le chemin de la justice : quel est-il ?  c’est le chemin du Christ, la sainteté du Christ.
  • À chaque action, à chaque pas posons la question : est-ce que Jésus agissait ainsi, est-ce que Jésus disait ainsi ?
  • Alors nous-mêmes deviendrons bons, compatissants,  pardonnant ,  mais sans renoncer nous-mêmes à la justice,  quand cela nous semblera bon, et vraiment nécessaire.
  • Alors nous   glorifierons Dieu  en proclamant comme le Christ: « C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! »