Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

vendredi 29 novembre 2013

34° Dim C fête du Christ-Roi

Aujourd’hui, dernier jour de l’année liturgique, nous fêtons le Christ-Roi.
Moi, je ne sais pas, si je suis un bon chrétien.
Mais je comprends  Pierre, le peuple d’Israël et même Judas !
Ils veulent un vrai roi. Nous voulons un héros quoi ! Un roi comme David !
Un homme qui tient ses ennemis en respect, qui s’est couvert de gloire à la bataille, et qui rassemble comme dans la première lecture, les tribus d’Israël dans l’unité et dans la paix.
Le roi est un héros, c’est l’oint du seigneur !…
 Ne dit-on pas dans le psaume : «qui est comme toi, seigneur, pour arracher le pauvre à qui le dépouille ?»
Un homme qui nous enthousiasme, un homme à qui on peut donner sa vie avec bonheur et fierté.
 Mais cet homme,  dépouillé sur la croix, nu, humilié, et il est vraiment roi ?
 Oui, nous dit notre Foi, que nous avons fêtée pendant une année
 Il est roi au cœur de la Trinité.,  il est créateur et seigneur.
«Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature, car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre».
Mais, ce roi divin va vouloir naître d’une femme, dans une grotte,  travailler comme les hommes,  marcher sur la terre,  devenir un mendiant,  refuser le couronnement en particulier à la multiplication des pains.  Un roi, oui, mais un roi autrement, déroutant. Qui nous dit «Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne» Jn 10, 18
 Pourquoi Jésus, as-tu voulu révéler ta royauté sur la croix ? Toi le crucifié es-tu encore le fils de David ? Es-tu encore notre roi ?
 Mais au cœur de ce marasme, une voix s’élève, celui d’ un malfaiteur qui n’interpelle pas Dieu avec arrogance mais reconnaît sa peine   : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton royaume ».
Plus personne ne croit à la royauté du Christ; la foule est là par dépit, peut-être parce qu’il reste une dernière espérance…
Et c’est un pécheur, un condamné à mort, qui reconnaît Jésus comme roi. Et le Christ, la parole de Dieu faite chair, proclament comme un éclair illuminant les ténèbres : « je te le dis : aujourd’hui avec moi tu seras dans le paradis !»
 C’est ici que se dévoile l’oeuvre du Christ : réconcilier l’homme avec Dieu, avec son Père.
Mais comment ce roi va-t-il s’y prendre ?
Il va livrer sa vie, il va la perdre par amour, laissant son sang couler sur cette terre inculte, comme un nouveau germe de vie, une nouvelle création.
 C’est en se laissant enfermer dans la mort que lui,  la vie, il la brisera et ouvrira les portes de son  Royaume. Comme Jonas qui en son temps sortit de la bête.

C’est en se laissant haïr, en laissant toute la puissance des ténèbres se déverser sur Lui, qu’il en épuisera la force, et que lui, l’Amour, nous ouvrira la porte de son cœur : il pardonnera.
«Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.»
 C’est en se laissant humilier lui le héros, le roi de gloire, qu’il vaincra ses ennemis, notre péché, pour que tous puissent recevoir l'héritage du peuple saint.
«Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total.»

 « Sauve-toi toi-même », lui crient les chefs des prêtres, les soldats, et même le condamné suspendu avec lui à la croix. Sa dernière tentation est la pire de toutes, répétées trois Fois. Il est venu témoigner jusqu’où pouvait aller son amour pour tous et l’Amour du père pour chacun, pour moi. Il ne faut pas qu’il sauve sa vie, comme chacun lui crie, bien au contraire, il faut qu’il la perde.  Mais c’est en se perdant qu’il nous sauve, et c’est en se sauvant qu’il se perdrait lui et nous avec.

Seul un regard de Foi peut dépasser les apparences sensibles, et nous faire entrer dans le mystère de ce Roi.
 Seul l’Amour, à la fine pointe de notre esprit… peut entrer aujourd’hui dans ce cœur crucifié et royal. Car entrer dans le royaume de Dieu n’est pas autre chose que de pénétrer dans ce cœur d’Amour.
Seul un regard de Foi peut nous faire découvrir quel pardon nous attend,  quelle réconciliation nous est offerte.
 C’est la victoire totale de notre Roi, du Seigneur des Seigneurs.

 Dans chaque Eucharistie, nous revivons ce mystère, exactement le même événement qu’il y a deux mille ans.
Dans chaque Eucharistie, Jésus nous redonne l’aujourd’hui du royaume. Allons-nous nous détourner  ou allons-nous implorer simplement son pardon pour notre péché. Car demander que le Christ règne dans ce monde, c’est d’abord vouloir qu’il règne en nous est sur nous. C’est croire en sa miséricorde infinie.  Celui qui refuse d’aller jusqu’à la croix  refuse la miséricorde du roi, refuse de croire en la royauté de cet homme, le Christ, ce héros. Mais celui qui croit, reconnaît son entière et universelle royauté. comme le dit Saint Paul : «Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui». Nous  entrons alors dans sa Miséricorde et recevons notre Salut éternel.

 Seigneur donnons-nous de croire en la toute-puissance ton Amour révélé et offert sur la croix.
C’est en offrant ta vie jusqu’au bout que tu as trouvé la gloire.
Accordons la grâce d’accepter de nous perdre avec toi et par amour de nos frères et de nos soeurs. Concrètement, réellement, dans nos situations familiales, notre travail ou ailleurs. Alors nous pourrons sentir la toute-puissance de ta résurrection, l’aujourd’hui de ton royaume, prendre possession de nos vies, et rayonner en  nos vies.
Alors, nous pourrons vivre en enfant de Roi. Nous pourrons vivre déjà le Ciel sur la terre, même si cela demeure caché aux yeux des hommes. Vive avec le Roi de Miséricorde et de paix, vive Jésus !

Les odes de Salomon (début IId siècle)
L'amour du Seigneur  je le revêts kn
Ses membres sont près de moi;
je les enlace et il m'étreint.
Je n'aurais pas su aimer le Seigneur,
Si lui-même ne m'avait aimé le premier.
Qui peut comprendre l'amour, si ce n'est celui qui est aimé.

Amen

33° dimanche C

Rester,  travailler dans le calme
    Psaume  91 «Qu'il en tombe mille à tes côtés et dix mille à ta droite, toi, tu restes hors d'atteinte.»
 Invitation paradoxale de St Paul, aux chrétiens
 Il parle du Jour du seigneur :  et leur demande de rester  confiant dans la Foi
Saint-Paul invite les chrétiens à suivre son exemple, c’est-à-dire de suivre le Christ.  Ne pas perdre la tête. Ne pas courir à droite et à gauche.    En effet les premiers chrétiens croyaient  que le Christ allait revenir quelques jours,quelques  années après sa résurrection.  Alors  certains sont tentés de s’arrêter de travailler.   Car,  pensent-ils,  le jour du retour glorieux du Christ sera la fin de l’histoire sur terre.
 Mais si nous voulons bien comprendre, ce jour du Seigneur a déjà commencé
 Car ce  jour du Seigneur se développe en 3 temps, l’un est le germe, le deuxième est la victoire du Christ, le dernier est l’accomplissement de cette victoire pour toute la création :
 Il est né
  Il est là, ressuscité, présent parmi nous.
 Il reviendra comme   Fils de Dieu dans sa  Gloire

 Mais comment rester calme, quand on a toutes  ces difficultés dans sa vie,   ou dans celle des autres :  le chômage, la violence, irrespect ...
 Jésus dans l’Évangile décrit une situation bien difficile pour ceux qui croiront en son Nom.
« On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel.»
  Il ne dit pas cela pour nous faire peur.   Ce n’est pas le dernier film à sensation d’Hollywood !
 Il décrit simplement les conséquences du péché de l’homme.
 Le Christ  nous dit comme Saint-Paul  : «Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d'abord».
 Mais avant que se déploient toute la gloire et la justice de Dieu, il faut que le péché  qui vient de  l’homme déploie  toute sa force.
  Conséquence dans la création.   Depuis le péché de l’homme la nature est  livrée à elle-même ( aujourd’hui nous en avons plus conscience avec le réchauffement de la planète, et la violence annoncée de plus en plus grande des typhons)
 Conséquences dans l’histoire.  On se dressera Nation contre Nation, religion contre religion.
 Conséquence au cœur même des familles. ( Cela me fait penser à  celle qui s’appelle aujourd’hui Marie  et qui,  qui le jour de son baptême a été  reniée par ses parents.)
 Ainsi il ne faudra jamais être étonné d’être détesté à cause du nom de Jésus.

 Le Temple lui-même de Jérusalem sera détruit en 70 après Jésus-Christ par les soldats romains  sous l’empereur Vespasien.
 Enfin le Christ lui-même sera crucifié,  comme il l’annonce sous la figure du Temple,
   ici son chef a été persécuté, l’Église le sera aussi.
  Mais il faut s’enfoncer cela dans le cœur au plus profond : c’est par notre persévérance que nous obtiendrons la vie.
Mais,  aussi soudainement  qu’un beau jour le Christ est né à Nazareth, le jour de Dieu  surgira,  le jour de la victoire de Dieu le Père,  du Christ.
Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme une fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l'impiété, seront de la paille.
 Ce sera un jour terrible pour tous ceux qui refuseront de faire la volonté de Dieu pour les hypocrites de tous poils,  et ce sera un jour de bénédiction, pour tous les pauvres, les étrangers, tous ceux qui ont tendu un verre d’eau à leur frère,  tous ceux qui ont cru dans l’amour du Christ.
 Déjà ce Jour du Seigneur, est commencé.
 En voici le signe  donné par Malachie : «Mais pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement.»
    Ce signe est double :  la naissance du Christ,  et sa présence de ressusciter dans l’histoire; le Christ est présent comme un soleil  de justice;  qui apporte la guérison dans le rayonnement de son cœur, de son amour.  Seul l’amour du Christ peut guérir  les hommes.
 Et la preuve de sa présence  dans l’histoire  est toujours la même  : malgré l'apparente victoire du péché,  des hommes et des femmes continuent et continueront à suivre et aime le Christ. 

Il est toujours étonnant pour les hommes que nous sommes, de voir l’ivraie  pousser avec le bon grain et sembler le plus fort .
«Mais Dieu,  comme le dit le livre de la sagesse, n'a pas fait la mort, il ne prend pas plaisir à la perte des vivants»
   Le seigneur nous demande la patience, à l’image de sa patience, afin que toute brebis perdue puisse retrouver  la bergerie du bon berger.
 Afin que nous puissions retrouver notre bergerie,  notre maison.
 Il patiente afin que nous, mauvais, hypocrite, nous puissions petit à petit retrouver le chemin de Dieu, est demeuré solide en lui.  Pour qu’on puisse enfin croire et comprendre que l’amour de la vie c’est l’amour indéfectible de Dieu par   et dans le Christ. 

Conclusion
•  Alors, ne faisons pas comme les chrétiens du temps de Saint-Paul, ne nous effrayons pas.  Ne passons pas notre temps pas rêver le monde, a passé notre temps des discussions à changer le monde
• Le Seigneur ne nous demande pas de construire  à nouveau des tours de Babel,  mais  d’entreprendre  humblement ce que nous pouvons faire pour rendre ce monde  meilleur autour de nous.
 Comme le disait Mgr Jean Rodin, fondateur du secours catholique,  dont aujourd’hui  est  le dimanche consacré,
 « apprenez-nous Seigneur a renoncé aux tours de Babel. Donnez-nous l’estime des petites choses.  Ayons de grands dessins, mais commençons par   d’humbles gestes. Servir c’est  être serviteur »





dimanche 10 novembre 2013

32° Dimanche du TO C

Références bibliques :

Lecture du second livre des Martyrs d’Israël : 7. 1 à 14 : "... quand on attend la résurrection promise par Dieu."
Psaume 16 : "Par ta justice, je verrai ta face. Au réveil, je me rassasierai de ton visage."
Lecture de la seconde lettre de saint Paul aux Thessaloniciens: 2. 16 à 3. 5 : "Que le Seigneur vous conduise à l’amour de Dieu et à la persévérance pour attendre le Christ."
Evangile selon saint Luc : 20. 27 à 38 : Ils sont fils de Dieu en étant héritiers de la résurrection."



- la  loi du lévirat : si un homme a un frère marié, s'il meurt sans enfant, qu'il épouse la veuve pour donner une descendance

 Il fallait avoir une descendance qui était le signe  de la bénédiction de Dieu.  En effet Dieu promit  à Abraham une terre et une descendance. ( Israël et Isaac)

-  Alors Jésus continu :« Les enfants de ce monde se marient.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas»

Jésus ne dit pas qu’il ne faut pas se marier,  mais il appelle les sadducéens à dépasser la lettre même du mariage et d'en voir l'esprit: les fils de la R.  sont appelés à vivre dans une  dimension plus haute que le mariage,   ils sont appelés à une vie nouvelle qui les fait ressembler aux anges.
La vie de chasteté libère l'esprit de la chair, pour lui donner le goût de choses d'en haut, pour lui donner la ressemblance avec Dieu lui-même. 
 Si le prêtre à la fois homme chaste et époux de l'Église, témoigne de cet avenir possible pour tous, la chasteté peut-être vécu par tous,  hors ou dans le mariage,  avec ou sans commerce charnel, car nomme  simplement la qualité du cœur.

 L’Esprit-Saint nous aide à nous libérer  des impératifs de la nature. On ne vit plus sous le dictat de la chair, mais dans la liberté de l'Esprit
 peu à peu, nous nous laissons guider humblement par l'Esprit
Le résultat est un sentiment de profonde liberté, tout notre être respire. Rien n’est nié, ni la chair ni l’esprit,  mais tout est vécu  avec plus d’harmonie.
 En effet si c’est l'Esprit saint qui nous gouverne alors tout est respecté et s'épanouit selon son ordre des réalités les plus charnelles au plus spirituelles sans blesser sans empiéter la vie de l'autre. Je mange, mais je deviens libre de la gourmandise. J’aime, mais libre de mes passions, je peux vraiment me tourner vers le bonheur de l’autre, je patiente, mais sans me mettre en colère .... Etc ...
Nous ne sommes plus des personnes charnelles, mais des personnes spirituelles.



LA DISCIPLINE DANS LE MARIAGE

Pour quoi les divorcés remariés ne peuvent-ils pas communier... ?
Ils ne peuvent pas le faire, car ils vivent dans une situation contraire à la loi de Dieu sur le mariage,  ils sont en situation d’adultère.
 Pourtant  ils avaient promis d’aimer toujours et de façon fidèle ...

1650 L’Église maintient, par fidélité à la parole de Jésus Christ (" Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère à l’égard de la première : Mc 10, 11-12), qu’elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le premier mariage l’était.
2384    le conjoint remarié se trouve alors en situation d’adultère public et permanent :
1651        À l’égard des chrétiens qui vivent en cette situation et qui souvent gardent la foi et désirent élever chrétiennement leurs enfants, les prêtres et toute la communauté doivent faire preuve d’une sollicitude attentive, afin qu’ils ne se considèrent pas comme séparés de l’Église, à la vie de laquelle ils peuvent et doivent participer en tant que baptisés :

On croit parfois que l’Église refuse la communion, à cause du divorce.  Mais c’est surtout à cause de l’adultère. Même si c’est le conjoint qui est parti.

 L’exemple de Claude: il ne communiait pas parce qu’il était divorcé.  Je lui ai dit : «tu peux communier puisque tu es fidèle à  ta femme même si elle est partie».
 D’autres personnes voulaient recevoir le sacrement du pardon : je leur ai demandé : est-ce que vous voulez vivre comme frères et soeurs avec votre compagnon? ( C’est-à-dire : êtes-vous prêts à  aimer comme le Christ ?)
 Si vous le dites : oui   Père nous avons compris : nous  avons rompu l’alliance, mais nous croyons en l’amour inconditionnel de Dieu, sa miséricorde, sa grâce,
 Nous allons essayer de vivre comme frères et soeurs.  Si vous prenez la ferme résolution de vivre ainsi,  même si parfois vous tomberez, alors je vous donne l’absolution, puisque vous demandez sincèrement pardon.
 Mais si vous me dites : «eh non père, vous n’ y pensez pas !  Nous ne pouvons pas vivre comme frères et soeurs ! 
 Je ne peux pas vous de vous donner l’absolution.  Car vous ne demandez pas  pardon pour votre péché. Avec une juste contrition.
 Et si  vous  voulez vraiment être fidèle à Dieu,   mais que le compagnon ( ou la compagne) refuse, que  vous avez de beaux enfants, que faire ?
Il faut  alors, rencontrer un prêtre, se faire éclairer,  être soutenu. Entrer dans des groupes diocésains, faire connaissance avec des personnes qui ont le même problème, etc.  Alors nous accepterons la radicalité de La Parole de Dieu (qui n'est pas autre que celle de l'Amour), nous verrons plus clair, pour voir comment peu à peu, la mettre en pratique. 

   Il faudra de toute façon, faire mourir en nous le vieil homme et devenir des enfants de la résurrection. Grâce à la puissance de l’Esprit,   nous deviendrons des personnes spirituelles.

   Cette épreuve nous révélera l’infinie Miséricorde  de Dieu qui va chercher la brebis égarée pour lui redonner la vie.  Pour la vie  nouvelle et surnaturelle  des enfants de Dieu,  infiniment plus heureuse et joyeuse que tout ce qui peut être connu sur la terre.
 amen

31° dimanche du temps ordinaire C

 à venir…

Commémoration des défunts

 à venir…

jeudi 31 octobre 2013

fête de la toussaint

Dans Lumen Fidei : «  Dans la « modernité », on a cherché à construire la fraternité universelle entre les hommes, en la fondant sur leur égalité. Peu à peu, cependant, nous avons compris que cette fraternité, privée de la référence à un Père commun comme son fondement ultime, ne réussit pas à subsister».
  C’est bien cela, le jeu dévoilé par le Christ de Satan. Nous parler du meilleur, nous attirer vers le bien, montrer l’importance de la fraternité à longueur de médias et de romans,
 Mais nous enlever la racine de cette fraternité,  Le Père.

   Le livre de l’apocalypse, ne révèle un autre chemin : l’unité  de l’humanité renouvelée, la communion des saints,  comme fruit de l’adoration du seul  Saint:  le Père, le Fils, le Saint-Esprit.  Car Dieu est une communion de joie de paix et de lumière.
«  J’ai vu une foule immense, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau»

  Croire qu’une roue peut tourner rond  si les rayons ne sont pas attachés au même centre est illusoire.
 Au contraire, si les rayons sont en communion les uns avec les autres par un même centre, leur unité et leurs différences sont respectées.

 Ainsi la communion des saints naît de la prière, du combat, et du partage.

la communion des saints est prière
-   La prière, car elle est le lieu privilégié de la rencontre du Seigneur
 Elle peut être simplement des mots répétés, mais elle est d’abord une relation, avec  des personnes qui m’aiment et  me veulent  vivant.
-  nous pouvons craindre à juste titre que la prière nous éloigne de nos frères.
Or  prier le Père comme Jésus-Christ, c’est prier dans l’Esprit d’amour, l’Esprit de communion, communion avec Dieu et communion avec les autres hommes.

 Le Christ ira même jusqu’à dire que la vérité de  notre amour pour Dieu c’est la vérité de  notre amour pour le frère
   Le propre de l’eau,  du feu et de l’huile,  c’est de se diffuser.  Ainsi l’amour qui vient de l’Esprit de Dieu.
 La prière et  le service du frère se nourrissent et se soutiennent mutuellement.

 La communion des saints est  combat
 Mais cette prière si elle a des moments de vérité,  de joie, de profondeur,  peut avoir aussi des moments de combat spirituel

L'un des Anciens me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d'où viennent-ils ? »
Je lui répondis : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau ! »

 Personne ne naît saint, on le devient.  Par un réel combat. Pour se tourner constamment vers Dieu,  et faire le bien au service des frères.
  Les Saints viennent tous de la grande épreuve,  et ils ont été purifiés par le sang de  l’agneau.

 Quelle est cette grande épreuve ?
 Ce sont tous les soucis de la vie, et toutes les épreuves que l’on peut subir dans un monde dur, difficile ...
 mais la grande épreuve, c’est aussi ce qu’on appelle le «combat spirituel»,

   Pour se libérer du péché, et de tout ce qui mène à la mort,   et vivre en Dieu.
  Se libérer de la peur, la peur des autres, la peur de Dieu, la peur de l’avenir, la peur de souffrir ...
  Se libérer des mauvaises tristesses, de la nonchalance,   découragement, déprime, du manque d’énergie ...
 Se libérer des tentations, des pires pensées, le refus d’obéir ... Etc ....
  Avec expérience nous devenons plus humbles,  avec Dieu et avec les frères.

Un seul conseil, celui de Sainte-Thérèse : « Quelques fautes que vienne à commettre celui qui a entrepris de s’adonner à la prière qu’il se garde bien de l’abandonner : avec elle, il aura les moyens de se corriger » (V 8,5).

 La communion des saints est partage
   Sommes-nous conscients de ce grand mystère que nous confessons dans le credo:  je crois en la communion des saints. ?
 Car la source de cette communion ne vient pas de nous, mais de Dieu, ce n’est plus eux qui aiment, mais Dieu qui aime en eux.
 Si nous vivons vraiment, à cœur ouvert, envers Dieu et envers les frères, alors nous entrons dans une unité, dans une communion,  qui fait penser à celle d’un corps humain.
 Rm 12, 5 «ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu'un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres.»
 La sainte eucharistie et une communion au corps du Christ, au corps de Dieu.
 Mais ne croyons pas  que nous communions uniquement au corps de Jésus. Quand nous communions au corps du Christ, nous communions au corps de toute l’Église.
 Quitter l’Église, c’est quitter son corps, c’est se quitter soi-même, c’est se perdre, dans l’ histoire et en soi-même.

  L’Eucharistie nous ouvre à une communion visible entre nous,  mais aussi à une communion avec l’invisible, avec nos frères  qui vivent en Dieu et qui sont déjà passés par le baptême de la mort.
«l’Église terrestre et l’Église enrichie des biens célestes ne doivent pas être considérées comme deux choses» LG  8
 C’est une erreur que de croire que la fraternité chrétienne s’arrête uniquement à ceux qui sont ici,  aux hommes que nous voyons sur la terre elle se continue aussi  au ciel; c’est la communion des saints
  ainsi nous sommes appelés  au partage.
  Car comme le sang   passe dans tout le corps, et  nourrit tout le corps,
 Le partage est le signe d’un corps vivant, un corps où circulent de la tête aux pieds l’amour, la vie, la joie. Comme ce corps  est fait de la chair, et de l’esprit du Christ,
 Le partage entre nous doit être autant matériel que spirituel.
 Partager l’argent, partager un repas, un verre d’eau,  partager un service, partager un soutien,  partager du temps et aussi partager l’amitié, partager une prière,  c’est pour cela que nous prions pour  nous de faire aujourd’hui, mais surtout  demeure le 2 novembre.

 Que le  Seigneur nous aide par  un accueil renouvelé de son Esprit, nous aide à vivre dans la communion des saints : l’amour de Dieu et des frères, dans le combat spirituel qui nous est tous commun,   au partage entre tous, dans une charité concrète, qui comme dans un corps vivant, se réalise par un partage réel de tout ce que le Seigneur veut bien nous offrir. Amen

samedi 26 octobre 2013

30° dimanche C

Références bibliques :

Lecture du Livre de Ben Sirac le Sage. 35. 12 à 18 : Le Seigneur est un juge qui ne fait pas de différence entre les hommes."
Psaume 33 : "Le Seigneur entend ceux qui l'appellent."
Lecture de la seconde lettre à Timothée : 4. 6 à 18 : "Il m'a rempli de force pour que je puisse jusqu'au bout annoncer l'Evangile."
Evangile selon saint Luc : 18. 9 à 14 : Mon Dieu, prend pitié du pécheur que je suis."


J’aime bien cette parabole,  car elle est à la fois d’une grande exigence, et d’un grand réconfort
Dans un premier temps, cette parabole peut choquer. En effet, voilà un pharisien qui prie le Seigneur. Et il remercie de n’être pas voleur, injuste, adultère, ou prenant l’argent des autres.  Les pharisiens avaient bonne réputation.
 Et voilà le publicain, à la mauvaise réputation, au service de l’envahisseur, il vient pour prier.
 Et c’est celui à la bonne réputation dans les villages d’Israël, qui sera considéré comme pécheur et c’est celui qui  a exploité la veuve et l’orphelin, qui sera rendu  juste ? Scandale !

 Mais il faut bien écouter et bien regarder ce que ces hommes font.
 Le pharisien rend grâce au Seigneur certes, mais non pas pour Dieu, pour sa bonté, pour sa miséricorde.
Mais, en fait, il rendra grâce pour lui personnellement. Il est très  fier de lui. Il se contemple lui-même. Il est très heureux de ce qu’il est et fait.
Jésus dirait : « il a reçu sa propre récompense  », ce qu’il est devenu.

  Le publicain, lui, se tient à distance,  à l’entrée du Temple.  Il n’ose même pas lever les yeux vers le ciel. Mais humblement il dit : « mon Dieu prend pitié du pécheur que je suis ! »
 C’est un pauvre, qui prend conscience de ce qu’il est, de la vérité de sa situation face à Dieu. Il ne se justifie pas, et n’en rajoute pas, et ne se juge pas, et ne transforme pas les commandements de Dieu à sa faveur.
 Mais ce  publicain ne désespère pas. Malgré son péché,  son très grave péché, il vient voir le Seigneur comme son père David, et confesse son péché.
  Il est un pauvre abandonné à Dieu n’espérant que sa miséricorde, il attend avec confiance sa réponse.

 En fait l’un n’attend plus rien de Dieu, quand l’autre attend tout de Dieu. Ainsi comme le dit le seigneur Jésus, «qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé».

 Cette parabole et réconfortante, car comme le dit le livre de Ben Shirac le sage, le Seigneur ne défavorisent pas le pauvre. La prière du pauvre traverse les nuées.
Or quel est  le pauvre ?
  C’est celui qui n’a pas d’argent, certes, mais n’est-ce pas aussi celui qui est un pécheur.  Celui qui n’a rien de très reluisant dans sa vie.
 

Mais il sait qu’il ne peut pas s’appuyer sur lui-même. Il sait qu’il ne peut pas faire la collection  devant le Seigneur de tous ses actes de justice.  Il n’a pas l’impertinence de se présenter comme le pharisien, comme un homme juste et  saint, en fin de compte comme l’égal même de Dieu.
Comme si  Dieu était devenu son débiteur.  Et qu’il lui devait le Ciel.

 Savez-vous que Satan prêche la vertu ?
 Il prêche le mal certes, mais aussi  il prêche la soumission machinale aux commandements  de Dieu, il prêche le devoir, il prêche le dogme, mais pour faire de nous des automates du devoir, et non pas des amoureux brûlants de Jésus.
Dans les 3 tentations du Christ,  Satan se sert  même de la parole de Dieu pour nous tenter!! Il est le séducteur,  il est Don Juan. Et il propose toujours le mal, mais sous les parures du bien.
Il prêche avec les athées un monde débarrassé de ce qu’il appelle «ses illusions», c’est-à-dire de toute croyance en Dieu, ou dans le Christ.
 Il prêche  une amélioration matérialiste, qu’il  appelle  «vrai réalisme». C’est un messianisme terrestre. La paix qui vient du monde hait les béatitudes, qui promet à la douceur, à la patience au pardon, la vie éternelle, la Terre promise.
Il prêche la vertu, car il prêche l’amour-propre. C’est-à-dire un amour qui s’autocontemple,  qui est autocentré, et qui se satisfait de ces petites victoires personnelles. Cet amour c’est l’Éros sans l’adapê, la charité. Ces personnes se regardent dans  leur miroir au lieu d’être tout tournées vers  Dieu et le prochain  par l’amour seul. Elles ont remplacé la volonté divine par sa propre volonté.
 On se souvient de la critique d’un évêque de Paris aux religieuses de Port-Royal : «elles sont pures comme les anges, mais elles sont orgueilleuses comme des démons».
En fait l’immoralité, ou la moralité sans Dieu, sont les 2 faces d’une même pièce. C’est l’homme qui cherche à se sauver par lui-même soit dans des plaisirs charnels, soit dans des plaisirs plus spirituels, mais c’est toujours la même chose,  être sauvé, uniquement par soi-même.
Charles Baudelaire écrivit « nous périrons où nous avons cru vivre ».

 Seule la grâce peut  nous donner  la sainteté, peut faire de nous des hommes justes, aux yeux du Très-Haut. Alors  nous nous appuierons plus sur nous-mêmes.
La Grâce peut faire grandir la véritable vertu
 non pas comme le fruit de nos efforts seuls,  mais comme le fruit de la charité, de l’amour véritable, don gratuit de Dieu.
 En tous les cas, ne soyons pas dupes avec nous-mêmes : dès qu’on se met à s’élever soi-même,  dès qu’on met en valeur une de ses qualités, une de ses réussites, une de ses victoires, il y a fort à parier que nous sommes en train de faire le jeu de Satan.
C’est pour cela qu’il nous faut aimer le silence. Car à trop parler on risque de s’abandonner à nos tendances naturelles.
Et  à chaque fois que l’on s’abaisse devant le Seigneur, et devant les autres, à chaque fois qu’on accepte d’être le serviteur, et non pas maître, alors oui il y a des chances que nous soyons sur le chemin  du Christ.

 Demandons  la grâce de l’humilité, demandons à être soumis à l’Esprit-Saint, afin qu’Il puisse rayonner dans tous nos membres, dans tout notre cœur, pour la gloire de Dieu, et le salut du monde.