Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

lundi 7 novembre 2016

32e dimanche du TO C 2016


                                                    32e dimanche du TO C 2016


- Dans un premier temps, Jésus répond aux sadducéens :  la Résurrection existe t'elle ? celle qui est inscrite dans les Ecritures.
- En Saint-Marc, il est écrit : vous méconnaissez la puissance des écritures et la puissance de Dieu. Mc 12
- Dire que le Dieu révélé à Moïse, est le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et de JACOB c’est faire référence à des vivants. Ainsi depuis le  buisson ardent, Moïse suppose que la puissance de Dieu est assez grande, pour que la vie ne finisse pas après la mort.

- Dans l’Evangile, Jésus dit : tous en effet vivent pour Lui.

- Jésus continue sa démonstration, la Résurrection va apporter une transformation profonde dans l'homme historique. C'est à dire l'homme créé par Dieu sur cette terre.
 - En effet, les hommes par la Résurrection, comme dit Jean Paul II : « auront reconquis la plénitude de leur perfection, propre à l'image, qui est à la ressemblance de Dieu »
 - Cette reconquête sera tellement pleine et entière, que, sans perdre le caractère masculin et féminin, les hommes n’auront plus besoin de prendre ni femme ni mari.
- Or dans le livre de la Génèse, il est écrit : l'homme finira sa femme, il ne faut plus qu'une seule chair.
 - Donc, le mariage et la procréation appartiennent exclusivement à ce monde, et ne constituent pas le futur eschatologique de l'homme, c'est-à-dire le futur après la mort, et après la Résurrection d'entre les morts.

- Le monde nouveau, ne serait pas simplement un monde, marqué par la finitude, marqué encore par des réalités trop historiques, trop animales, mais ce sera le monde de Dieu, ou comme le dit Saint-Paul où Dieu sera «tout en tous».
- Ainsi, contrairement à ce que croyaient les Sadducéens, la Résurrection n'est pas simplement une réanimation, une reproduction de ce qu'on peut vivre sur la terre, car on ne prend ni femme du mari, mais annonce, un état absolument nouveau de la vie humaine elle-même.
 - Et même l'aspect masculin et féminin, si typique, de la situation dans notre terre, ce caractère-là, trouvera une toute autre dimension, que la dimension dans l'existence terrestre.


- « ceux qui en seront jugés dignes, d'avoir part à la Résurrection des morts, ne peuvent plus mourir parce qu'ils sont pareils à  des anges, car ils sont fils de Dieu et fils de la Résurrection. »

- Est-ce que ça veut dire que l'homme n’aura plus son corps ?  Non, car alors il ne serait véritablement plus humain.
- Mais cela signifie que les hommes  ressembleront plus aux anges aujourd'hui, c'est-à-dire que la dimension spirituelle dominera toute notre personnalité.
- «la Résurrection signifie une nouvelle soumission du corps à l’esprit » comme le dit Jean-Paul II.

 - L'homme parfait, n'est pas un homme qui doit quitter la prison terrestre de son corps, comme le dit Platon. Ce n'est pas non plus un homme qui doit se laisser dominer par toutes les pulsions corporelles et charnelles comme on le proclame beaucoup aujourd'hui.

 - Non, le nouvel homme, tel que le Christ l’a révélé lui-même dans sa Résurrection, le nouvel homme, est un homme qui a pour principe vital  l'esprit, l'Esprit Saint, son propre esprit.
C’est à dire que le corps, sera  totalement soumis à la vie de l'esprit.



 - En définitive, c'est un homme parfaitement intégré par une union de l’esprit et du corps comme le dit encore  : Jean-Paul II.


- Ressuscité d'entre les morts, ne signifie pas non plus la disparition dans  notre personnalité de tout ce qui est beau et bon dans la relation aux autres personnes, les relations les plus proches par exemple le mariage, et les relations d'amitié, et les autres relations humaines.

 - Première lecture : que Dieu notre Père qui nous a aimé, réconforte vos cœurs et les affermissent en tout ce que vous pouvez faire et dire de bien.
- Saint-Paul, nous dit, que tout ce que l'on peut faire de bien, sur cette terre,  est le chemin, vers la Résurrection.
- C'est-à-dire que, le péché, l’éloignement de Dieu, l’esclavage du corps, est une forme, de mort, c'est la mort, qui entre de plus en plus, dans nos vies.
- et faire le bien, vivre de la Grâce de Dieu, combattre pour le bien, jusqu'à livrer sa vie comme les frères Maccabée, est le chemin de la Résurrection.
- C'est la Résurrection d'entre les morts, qui par la grâce du baptême, commence déjà son travail, comme un levain dans  une pâte, comme une graine, qui pousse de plus en plus jusqu'à s’épanouir  dans le royaume des cieux.
- Ainsi JP II peut encore écrire, « La Rédemption, c'est-à-dire le salut, est la voix de la Résurrection. La  Résurrection constitue  l'accomplissement de la Rédemption de la personne humaine. »
- En fait, croire en la Résurrection des morts, donne un grand élan, un grand courage, un horizon extraordinaire, pour s’engager réellement, avec fidélité, sur la route du bien comme le montre Jésus.
- Croire en la vie après la mort n'est pas un opium, comme le pense Marx, bien au contraire, c'est la puissance de la vie elle-même, qui soulève les cœurs, jusqu'au Dieu de la vie.
 - Mais encore faut-il cela, et pas croire n'importe quoi.

- Si effectivement nous croyons, que quoi que nous fassions, le bien comme le mal, du péché comme la vie dans la grâce, nous irons au ciel, comment le disent tellement de gens aujourd'hui comme pour se rassurer, alors effectivement, cette vie après la mort, devient comme un opium.
C'est à dire qu'elle nous évite de travailler pour la justice, de travailler pour le bien des autres, de travailler pour tout ce qui est  beauté et bonté.
- Mais cela est effectivement une grave déformation des conseils du Christ.

- Alors que lui, au contraire, nous dit que le seul chemin, pour trouver le ciel, pour entrer dans la vie de la Résurrection, pour  voir Dieu   face-à-face, le seul chemin c'est Lui-même, c'est à dire, le chemin  du bien, de la charité, de l'espérance, et une foi  véritable.

dimanche 25 septembre 2016

26e dimanche du TO C 2016

26e dimanche du TO C 2016  

- un riche (dont on ne connaît pas le nom) passe tous les jours  devant un pauvre , dont on connaît le prénom : Lazare
- les simples miettes de l’un auraient rassasié l’autre, mais rien ne tombait de la table ou de la bourse du riche : 
- pour endormir sa conscience il s’inventait de bonnes sentences : «Dieu y pourvoira», «l’État s’en occupera», «on ne peut aider toute la misère du monde», «il n’a qu’à travailler comme les autres», «il paye ses fautes passées» ou que sais je ? .. 
- oui, mais voilà le Maître et Seigneur de la terre ne l’entend pas  ainsi

- Celui qui, comme le dit Saint-Paul,  paraîtra autant fixé,  c’est Dieu souverain unique et  bienheureux,  roi des rois et Seigneur des seigneurs

- Le pauvre Lazare qui a espéré toute sa vie  un geste du riche se retrouve  après cette vie terrestre dans la fête et dans le bonheur de Dieu.  Le riche, qui a choisi de fermer son cœur aux autres pour toujours, se retrouve dans les souffrances : «Père, je t’en prie, envoie Lazare, dans la maison de mon père, en effet j’ai cinq frères, qui leur porte son témoignage !»
- Et Abraham répond : « s’ils n’écoutent pas Moïse, les commandements, et les prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus » 

 -  c’est malheureusement, le lot de bien des hommes sur cette terre, des chrétiens ou non, d’être de ceux que Charles Péguy appelle  « les âmes habituées»

- c'est-à-dire de ceux, qui réagissent plus au mal, à la souffrance, car trop habitués.
- habitués à la souffrance des hommes,  à leur propre médiocrité, habituée à se satisfaire d’eux-mêmes,  drapés dans leur pseudo- morale, tellement habitués qu’ils ne voient même plus la gravité de leurs attitudes.  
- cela me fait penser à ces enfants, qui regardaient un film d’horreur…

-   Mais laissons parler Charles Péguy : « 
«Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme même perverse, c’est d'avoir une âme habituée. On a vu les jeux incroyables de la grâce …pénétrer une mauvaise âme et même une âme perverse, et on a vu sauver ce qui paraissait perdu. Mais on n'a jamais vu mouiller ce qui était verni, on n'a pas vu traverser ce qui était imperméable, on n'a pas vu tremper ce qui était habitué. 
Les “honnêtes gens” ne se mouillent pas à la grâce… Leur peau faite de sentences de morale, constamment intactes, leur fait un cuir et une cuirasse sans faute. …Parce qu'ils ne sont pas blessés, ils ne sont pas vulnérables. Parce qu'ils ne manquent de rien, on ne leur apporte rien. Parce qu'ils ne manquent de rien, on ne leur apporte pas ce qui est tout :  la charité et  Dieu Lui-même.  Ne panse point celui qui n'a pas de plaies. C'est parce qu'un homme était par terre que le Samaritain le ramassa. 
C'est parce que la face de Jésus était sale que Véronique l'essuya d'un mouchoir » . 

-  Lazare, vous le voyez mes frères,  c’est  le Christ lui-même, le Fils de Dieu lui-même  tel qu'il est traité dans ce monde. 

On  retrouve un écho similaire dans la parole d’Amos la première lecture : « malheur à ceux qui vivent bien tranquilles,  couchés sur des lits d’ ivoires: la bande des vautrés elle n’existera plus.»

 Il y a des personnes, nous-mêmes peut-être, qui se voient tellement parfaites, qu’elles ne voient pas leur péché,  qu’elles pensent que tout leur est dû, et qu’eux ils ne doivent rien à personne, surtout pas à Dieu.

- Si au moins, nous pouvions nous reconnaître pécheurs, comme le dit Péguy. 
- si au moins nous pouvions reconnaître nos méchancetés, nos duretés, nos violences 
- alors  le salut apporté par Jésus-Christ, la grâce du Dieu invisible et incompréhensible, pourrait venir nous chercher, elle pourrait les relevés, et nous essuyer le visage, nous redonner la bague au pied, et le vêtement de la dignité retrouvée du fils, comme le père dans la parabole du fils prodigue.

- oui,  malgré les doutes, les infidélités, les athéismes, il y a un remède à tout cela  : la Miséricorde du Seigneur
- proclamée par l'Église, depuis 2000 ans dans le monde entier, à temps, ou à contretemps.
Il y a un remède : le Christ  la personne de Jésus-Christ mort et vivant parmi nous.
 Jésus-Christ qui continue son œuvre au nom de Dieu
en pardonnant les péchés dans le sacrement du pardon
 en se faisant présent chaque dimanche, dans l'Eucharistie 

- Tous ceux qui sont passés par le chemin de la conversion, d'une contrition réelle et ardente, tous , et j'en connais, et j’en suis, tous ont vu leur péché pardonné, leur indifférence reculée, leur charité  grandir peu à peu. 

- Mais qui célèbrent encore parmi les chrétiens l’Eucharistie, qui encore vient se confesser auprès du prêtre, chaque mois ?
- qui,  sans présupposer des solutions politiques, est déchiré par la situation d’enfants, d’homme et de femme qui meurent aujourd'hui en Méditerranée par milliers..ou attendent dans le froid une solution avant de mourir ..  
- Qui accueille encore un enfant handicapé, qui reste encore ouvert à sa voisine âgée et seule, qui se reconnaît encore enfant d'un même Père d’Amour. 

- « Mais, s'ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes,  dit le Seigneur,  principe et Maître de toute vie,  quelqu'un aura beau ressusciter d'entre les morts ils ne seront pas convaincu , 
- Mais si nous les  écoutons,  alors quelles merveilles nous découvrons !

AMEN  

mardi 6 septembre 2016

23e dimanche du T0 C

- Mère Thérèsa est une grande, très grande parce qu'elle a été la plus petite,  de celle qui s'est abaissée le plus auprès des plus pauvres, et là elle a trouvé ce que veut dire :" il y a plus de joie à donner qu'à recevoir .... 
- Premièrement un peu d'histoire 
- Elle est canonisée aujourd'hui, car c'est le dimanche qui précède sa mort : le 5 septembre
- Quel lien peut-on faire avec la parole de Dieu aujourd'hui ?
- D'abord, mère Thérésa, c'est Dieu qui est glorifié, c'est son Esprit , la Sagesse  du Christ qui est venue la visiter au plus profond d'elle-même, pour lui donner la force d’aimer.
- C'est ce que dit la  Sagesse dans la première lecture :  «qui aurait pu connaître la volonté de Dieu si tu ne lui avais  pas donné  Sagesse et envoyer d’en haut ton Esprit-Saint ».  
- Saint-Paul, demande à Philémon de ne plus considérer Onésime comme son esclave, mais maintenant qu'il est devenu chrétien,  comme un frère bien-aimé. De plus, Saint-Paul  l'appelle son enfant, et il dit : « accueille-le, comme si c’était moi »
- Mère Thérésa  a cru que dans chaque enfant, chaque orphelin, chaque pauvre récupéré dans des états inimaginables pour lui donner simplement de mourir dans la dignité humaine, elle a cru, que ce visage, cette souffrance, c'était Jésus lui-même qui les vivait dans  ses frères et sœurs. 
- Chaque homme  n'était pas pour elle un esclave, un paria, un intouchable, c'était son frère, sa sœur, son frère bien-aimé, et sa sœur très aimée.
- Peut-être, avez-vous entendu aussi, que la règle de vie des sœurs de la Charité, est très stricte, on pourrait même dire dur pour nous.  Je dirai simplement,  c'est l’Évangile vécu, comme François d’Assise l’a vécu.
- cette règle, c'est ce que dit ici le Christ dans l'Évangile .
- «   Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père sa mère sa femme et ses enfants et même à sa propre vie, il ne peut pas être  disciple. 
- Celui qui commence une oeuvre  et n'est pas capable de l’achever   trouvera la honte. 
- Celui dont qui d'entre vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient, ne peut pas être disciple »

- J'ai lu le livre de mère Teresa en entier.  Elle parle beaucoup de la nuit qu’elle a vécu (50 ans), c'est vrai. Elle a lutté contre le doute, mais  elle n’a jamais choisi le doute.  Elle est devenue pauvre, matériellement, extérieurement, mais aussi intérieure. Elle a vécu simplement de Foi surnaturelle , d'Espérance et  d'Amour de  Charité.
- mais avant la nuit, il y a eu la lumière : l’expérience  concrète de Jésus qui lui parlait par des locutions intérieures.  Un jour  étant dans le train pour Darjeeling elle entend l'appel explicite à servir les plus pauvres : Jésus lui dit : « Ma toute petite, porte-moi jusque dans les trous des pauvres. Sois ma lumière ! Va parmi eux, porte-moi avec toi en eux. »
-   il lui dit : « tu es devenue mon épouse par amour pour moi. Ta vocation, c'est aimé, souffrir, de sauver les âmes. c’est en faisant ce pas que tu réaliseras le désir de mon cœur pour moi »
- je veux des sœurs missionnaires de la charité indienne, qui serait mon feu d'amour au milieu  des très pauvres, des malades, des mourants, des petits enfants des rues. Les pauvres je veux que tu les amènes à moi.
- Je sais, tu es la personne la plus incapable, faible et pécheresses, mais c'est justement parce que tu es telle que je veux utiliser pour ma gloire, le feras-tu ?
-   Mère Teresa écrit quelque temps avant sa mort à ses sœurs : « venez désaltérer le Dieu assoiffé. Nous sommes aimés d'un Dieu assoiffé de votre amour
- Jésus veut que je vous dise encore combien est grand l'amour qu’il porte à chacune de vous. Au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer. Il vous aime toujours même lorsque vous ne vous sentez pas  dignes.
- Sur la croix, en disant  « j’ai soif », Jésus dit quelque chose de beaucoup plus profond que simplement, « je vous aime ».
- je voudrais pour terminer, vous offrir  une histoire de mon propre chef. :  
- Isabelle : elle est peut-être une des dernières Françaises à avoir rencontré mère Teresa. Elle me disait :  tu sais Benoît, quand je rencontrais mère Teresa, j'avais l'impression de me tenir devant le Saint-Sacrement. 
- Elle voulait dire que mère Teresa, son corps, ses yeux, son sourire étaient devenus tout transparents de la lumière du Coeur de Jésus en elle. Elle  était dans la nuit, mais les autres étaient devant le saint sacrement !  
- Juste « sous la peau » de mère Theresa, il y avait Jésus, dans ses yeux, dans son sourire il y avait les yeux de Jésus, il y avait le sourire de Jésus.
-  Mère Teresa, c'est celle qui était capable de dire que l’avortement était le plus grand destructeur de la paix et de défiler avec les prostituées dans les rues de Calcutta pour qu'elles soient respectées dans leur dignité humaine.
- Vous comprenez,  cela veut dire que le  chrétien doit devenir  le sacrement du Christ, le corps de Christ, un autre Christ, pour les petits comme pour les grands,  les enfants comme pour  les vieillards. 
Notre vocation est d’aimer,  de souffrir à cause  de la charité,  c'est-à-dire l’amour donné, offert, par des gestes précis et concrets, tout simples à l’école de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et un jour,  de ressusciter avec tous ceux qui nous ont aimés dans le Christ.

- vive Jésus, et merci pour  mère Teresa, amen

dimanche 14 août 2016

20e dimanche du temps ordinaire C

Le mot lumière, dans la tradition des religions monothéistes, et en particulier du christianisme, n'a pas la même signification que le mot lumière, dans ce qu'on appelle la philosophie dite des lumières qui nous vient du XVIIIe siècle.

  En effet pour un chrétien la lumière est celle de Dieu qui vient éclairer tout homme venant dans ce monde. C'est la lumière de la vie de Dieu.
 «   Dieu est lumière et en lui pas de ténèbres » Saint Jean

Pour un disciple des lumières, cette lumière se confond avec la raison qui dissipe les ténèbres de l'ignorance et les préjugés.

 Dans l'esprit de ce qu'on appelle des encyclopédistes par exemple Diderot, dans cette culture, qui est profondément notre culture française,  on associe progrès de la connaissance, acceptation des différences, progrès techniques, progrès social.

Mais que l'on soit adepte du Christ, ou des lumières, le but  des deux est le même :  c'est l'unité et la communion entre les peuples, c'est la paix.

  Mais pour les lumières, que cela soit dit de façon explicite ou pas, la religion,  toutes les religions doivent disparaître. La foi, en un seul Dieu, et la foi en Jésus-Christ  en particulier, ne peut pas faire l’unité  de l'humanité, car elle se fonde en un peuple spécifique, elle implique une foi particulière, un choix particulier. 

Alors que la raison, l'intelligence humaine, est partagée par tous. Donc elle seule  peut faire l'unité la communion  entre les hommes qui viendra de l'intelligence des choses, de la réalité de l’expérience .
 Mais comme  les disciples des lumières le reconnaissent eux-mêmes, c'est souvent bien utopique.  En fait, ils ne sont que des marchands de rêves.  On le voit trop ton histoire récente…

C’est vrai que la foi chrétienne,  implique un choix particulier, une conscience particulière, une lumière particulière qui vient  ni d’au-delà du temps  et de l’espace,  une lumière qui est présente au milieu des peuples,  au milieu de nous, mais une lumière qui vient au-delà de  notre intelligence.

 Elle n’élimine pas pas la chair,  elle n’élimine pas l’histoire,  elle n’élimine pas la recherche de l’intelligence humaine, mais  elle emmène notre humanité notre cœur, notre intelligence plus loin et l'emmène jusqu’à un coeur, le cœur du Christ.

« Rien n'a frémi en apparence, sous l'ineffable transformation. Et cependant, mystérieusement et réellement, au contact de la substantielle parole, l'univers, immense hostie. Toute matière est désormais   illuminée, mon Dieu, par votre incarnation ».  Teilhard de Chardin

  Et pourtant le Christ nous dit ce matin   « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » 

 Teilhard de Chardin commente : «  Le feu n'est pas tombé bruyamment sur les cimes, comme la foudre en son éclat. Le Maître force-t-il les portes pour entrer chez lui?  Sans secousse; sans tonnerre, la flamme a tout illuminé par le dedans ».

Ce feu n'est pas le feu  de la foudre, ou de la raison humaine,  des passions humaines, non ce feu vient du plus profond, il est plus mystérieux, il est  plus intérieur. C’est le feu du cœur du Christ, de la charité, c'est l'Amour  qu'il y a entre le père et fils, qui nous a été donné par l'Esprit Saint.

 Cet amour « supporte tout, il excuse tout, il pardonne tout, »  nous dit Saint Paul  et il nous donne  rassemble en Dieu  lui-même.

Cet amour commence humblement, tout petit, son histoire, sa présence sur la terre.
 Il est né un beau jour de Noël, il né d'une femme, il a été déposé dans une crèche, à Bethléem en Galilée, comme les prophètes autrefois l'avaient annoncé.
Il part,  d’un seul homme, d'un foyer, d’une braise,  le cœur du Christ.
Comme  ce feu, ces braises qui enflammaient le poisson (Symbole de la création) le jour de la résurrection du Christ, où  Jésus invite Pierre et Jean, à manger avec lui sur les bords du lac de Tibériade en Galilée.


  Mais cette communion  qui vient du Christ est une communion parfaite, ce n'est pas un rêve, ce n’est pas un idéal, c'est une réalité, celle de l’Église, l'Église des Saints, l'Église que le Christ nous invite à construire ici à Carros maintenant. Je vous rappelle qu'on dira tout à l'heure au credo : « je crois que la communion des saints ». 

Mais c'est vrai qu'elle invite à un choix, à une  Foi, à une confiance en cet homme Jésus. Il sera crucifié, il passera par le baptême du feu, le baptême de l'histoire, mais il ressuscitera le troisième jour.

 C'est pour cela que dans l'Évangile , le Christ nous dit : «  Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ?
Non, je vous le dis,mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois »


En effet, chacun,   chacune de nos familles,  seront tous confrontés  à un choix :  croire que la communion, que l'unité  viendra que de lui-même, que de son intelligence;  du  cosmos, du monde, de  l’homme. Une unité,  la communion entre les hommes sera uniquement raisonnable, scientifique, morale,  ne passera que par l'homme,  en refusant toute intervention extérieure, particulière. 

Ou croire humblement, croire que seul ce Jésus,  cette Foi  en Lui, que seuls les sacrements, que  seule la prière, que seuls ces pardons inlassables, que seuls  les chutes,  et  les relèvements, que seule cette miséricorde, reçue, donnée, pourra créer  petits à petit, entre nous, même s'on se connaissait pas, même si on ne s'aimait pas, même si on ne se supportait pas, le corps du Christ, l'Épouse du Christ, c'est-à-dire une communion, qui sera, à l'image un jour, de la communion qu'il y a entre le Père, le Fils, et l’Esprit Saint. 

 Benoît XVI : « L’Église, organiquement structurée sous la direction de ses Pasteurs légitimes, a ainsi continué à vivre dans le monde comme un mystère de communion, dans lequel se reflète dans une certaine mesure la communion trinitaire elle-même, le mystère de Dieu lui-même » 

 cela  nous fait penser à la parole de Jésus : «que tout est comme toi Père et moi sommes un»

 Je souhaite qu’en cherchant à devenir des disciples-missionnaires du Christ  nous vivions de cette communion, de ce feu, de cette unité, en  faisant accueil  à celui qui nous rejoint sur la route. 

 Que nous vivions dans cette profondeur, qui fera de nous, une autre naissance du Christ,  un autre cœur le corps du Christ, car le Christ, n'a jamais fini de  naître et naîtra jusqu'à la fin des temps partout où le feu prendra !   

Amen  

dimanche 31 juillet 2016

18° dimanche TO C

Avec les derniers événements, beaucoup de gens se demande quel est le sens de sa vie … on a cru en l’argent, dans  la science, la gloire, la famille, toutes choses futiles ou importantes, mais qui sont en fait que vanité.  Car aujourd'hui  tout nous est donné  et demain, la mort peut tout nous  enlever. 
Nous jouons notre éternité à la roulette du casino de nos illusions

…«  vanité des vanités tout est vanité » proclame Qoélet

En fait, notre humanité seule, et tout ce qui se trouve sous le soleil n’ont pas de sens  en eux-mêmes…  chercher le sens de sa vie en soi ou dans le reste de la création, c'est se perdre.

Voilà ce que nous rappelle ce sage de l’orient antique d’un genre en fait tout à fait moderne : il est doué d'un certain pragmatisme,  et aussi d'un cynisme bien  caustique. 

 En fait, ce sage  nous mène à comprendre que  seul le Seigneur est le sens de  nos vies.

 Saint Paul va aussi dans ce sens : pourquoi hésiter à revêtir  l'homme nouveau ?  Tenons-nous tellement à nos corruptions, aux agissements  de l'homme ancien qui  refusent de mourir en nous ? 

 L’Évangile   va aussi en ce sens :   d’abord Jésus refuse de juger pour cet homme  son frère. Il n’est pas  venu  compter les sous,  nous donner des conseils d’économiste et de juge.  
Mais  Jésus  rebondit  sur cette situation de vie pour rajouter
« Gardez-vous bien de toute avidité,
car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède.

Le  seul maître de la vie ce n’est pas l'argent, mais Dieu.
IL faut choisir entre vraies et fausses richesses.

 Ainsi,  nous n’avons pas à nous comporter avec l’argent  que nous avons gagné en propriétaire,  mais   reconnaissant qu’il est un don du Seigneur, acceptons d’en être  les simples gestionnaires, pour nous-mêmes, et aussi pour les plus pauvres.

 Ainsi aussi avec notre vie, nous-mêmes.
Nous ne sommes pas  également  les propriétaires de nous-mêmes, mais les gestionnaires, Dieu seul maître de nos vies et de notre mort,  et  nous devrons rendre compte de cette gestion.


Le  martyr du père Jacques Hamel  nous a plongés  encore une fois dans l’horreur :  de fait, notre vie ne tient pas grand-chose … 

 Je ne peux pas ne pas faire autrement qu’évoquer le visage de Christian Chessel, père blanc (ordonné avec moi) : il y a  environ 25 ans,  il avait décidé de rester en Algérie, pour témoigner de l’amour  du Christ  pour ses frères arabes et musulmans. Il a lui aussi versé son sang  en martyr.

 Et, je ne peux pas  non plus ne pas citer  le père Christian de Chergé , supérieur des moines de tibhirine, assassiné aussi avec ses frères il y a  juste 20 ans, le 21 mai 1996, et qui a fait le choix irrévocable , avec ses frères, d’une « vie donnée à Dieu et à ce pays ».

S'il m'arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd'hui - d'être victime du terrorisme , j'aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.

Cette vie perdue totalement mienne et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l'avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout. 

Et toi aussi, l'ami de la dernière minute, qui n'aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet "À-DIEU" envisagé de toi. Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s'il plaît à Dieu, notre Père à tous deux.

 Les événements derniers nous poussent, nous aussi, à des choix radicaux : vais-je croire en un  Dieu de vie, ou en un Dieu de mort. Vais-je m’enfermer dans l'inquiétude de moi, de ma vie, de ma nation ou vais-je me tourner  vers le Christ,  pour qu'en lui,  je puisse vraiment me tourner vers  tous mes frères,  si lointains et si différents soient-ils ? 

Lorsque les événements de Nice sont arrivés , j'étais bien loin, en vacances chez mon frère. J'ai reçu un SMS d'une amie, je n'ai pas voulu le croire. 
Puis comme vous tous, le choc, la stupéfaction, l'horreur,  mêler de compassion profonde pour toutes ces familles brisées, ces enfants tués lâchement . 
Mes paroisses  avaient-elles été touchées, des proches, des amis ? ... Comme vous tous, bien sûr.

Beaucoup « d’esprits »  nous ont traversés, sentiments,  pensées, les pires comme les meilleurs,
Il faut dans ces cas se mettre à prier et nous approcher du Christ.  
Demander la grâce du « discernement des esprits » comme disent les jésuites. 

Dans tout ce fatras, qu'est-ce qui vient de moi, ou qu'est-ce qui vient du Christ ? 

Certes, l’amour véritable n'est pas platement  béat, il est prudent et sait prendre ces responsabilités en matière de protection et de justice. 

Mais aussi, nous savons que le Christ nous demande d'aller plus loin plus profond;  il est l'agneau  d’amour immolé   pour nous.  Refuserons-nous aussi d’être aussi des agneaux  immolés d’amour pour Lui. 
Avant de vouloir être un lion pour défendre  les autres,  est-ce que j’accepte d’être un agneau   brûler d’amour divin comme le Christ. »  comme Saint Paul : «mais il y a le Christ : il est tout, et en tous »

 Tel est le sens profond de sa vie, vivre et mourir pour l'amour de Dieu seul,  et en Lui, pour l'amour des frères comme le Christ nous l’a enseigné, pour ressuscité avec un jour dans la Gloire.

Amen. 

samedi 4 juin 2016

10e dimanche du TO 2016

L'évangile de ce dimanche met devant nos yeux deux cortèges.
- Le premier est un cortège de mort,-->  cette femme, éprouvée par la vie, veuve et venant de perdre son unique enfant, marquée par la pesanteur de la souffrance et le silence de la désespérance. Car  à l’époque être veuve sans enfant, c’était la grande pauvreté assurée …
- face à lui, un autre cortège s’avance, celui de la vie, celui de Jésus, suivi de ses disciples, et accompagné par une foule. Dans ce cortège résonnent les rires et les chants. On y respire la vie et la joie.
Le cortège funéraire quitte Naïm, pour mettre en terre le jeune homme décédé, pour s’enfoncer dans le monde extérieur de la mort. 
Ceux qui accompagnent Jésus remontent   de la mort  pour entrer dans la ville de Naïm  dont l'étymologie en hébreu signifie « beauté » , la belle cité de la vie nouvelle. 
« nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés » Phi 2 

- le prêtre Élie vivait aussi chez une veuve, la veuve de Sapera. Mais elle perdit aussi son enfant. 
- Alors Élie ayant pitié de cette veuve a des gestes très tendres
- Il prend l’enfant dans ses bras, le porte dans sa chambre en haut de la maison, et l’étend sur son propre lit. 
- Puis par trois fois il va s’étendre sur le corps de cet enfant 
- Alors que pour un juif, toucher un mort rend impur,  dans le Lévitique les prêtres ne pouvaient toucher le corps d’un mort qui ne soit pas de sa parenté.  or Élie y est prêtre
- « Un prêtre ne se rendra pas impur parmi son peuple pour un mort, excepté pour ses plus proches parents: sa mère, son père, son fils, son frère »
- « et quiconque portera leurs corps morts lavera ses vêtements et sera impur jusqu'au soir. » Lv 11
- les juifs expliquent que Dieu est le Dieu de la vie, il n'a rien à voir avec la mort, et que tout ce qui touche la mort de prêt ou de loin est rendu impur comme la mort ... On voit ici l'incroyable implication du prophète de l'AT, sa liberté totale : il comprend que Dieu est plus fort que la mort et que si la mort est impure pour l'homme, elle ne l'est pas pour Dieu, car le Seigneur est son vainqueur et  également celui qui se met au service du Seigneur. 
- «Seigneur mon Dieu, je t’en prie, rends la vie à cet enfant !»Et le Seigneur entendit la prière d’Élie : le souffle de l’enfant revint en lui.
- On peut imaginer que le souffle du prophète entra par les narines de l’enfant, le souffle de Dieu créateur ( la genèse) et re créateur passe par le souffle du prophète, Ézéchiel 37 « Il me dit: Fils de l'homme, ces os pourront-ils revivre? Je répondis: Seigneur éternel, tu le sais. 4Il me dit: prophétise sur ces os, et dis-leur: Ossements desséchés, écoutez la parole de l'Éternel!  Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel, à ces os: voici, je vais faire entrer en vous un esprit, et vous vivrez;… »
-  Et ce souffle c'est l’esprit de vie, l’Esprit Saint qui donne la Nouvelle création !!
- «regarde ton Fils est vivant»
- «maintenant dit la femme, je sais que dans sa bouche, la parole du Seigneur est véridique»

- Lorsque les deux cortèges se croisent, Saint-Luc souligne bien que c’est Jésus qui prend l’initiative de s’avancer vers la civière qui porte le jeune homme pour le réanimer. Il n’est sollicité par personne.   il est  saisi de miséricorde pour elle
-   Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. »
- Comme Élie, il touche la civière du mort (il touche le mort), « Il s’avança et toucha la civière», et dit : «Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi.» Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler; 
- Et Jésus, comme Élie,  le rendit à sa mère. 
- Saint Luc met  moins l’accent sur le miracle et la gloire de Jésus qui en découle que sur la disposition du cœur de  Jésus, « ému de compassion ». Jésus s’approche de l’humanité enfermée dans la mort du péché pour la ressusciter et la restaurer dans sa relation avec lui. 
- à travers Jésus, Dieu se fait proche de tout homme pour le sauver de la mort
- Un jour, il se laissera toucher par la mort, il deviendra mort lui-même, mais il tuera la mort par sa victoire du jour de Pâques.
-  le seigneur, vous  nous aussi nous ressusciter. Mais comme le  Prêtre Élie, et doit réchauffer nos cœurs froids par son contact. Par son souffle de vie  et d’amour.  le seigneur doit entrer en contact avec nous,  qui s’étendre sur nous, venir en nous. 
coeur à coeur 
corps à corps 
souffle à souffle 
 pas à pas,  dans chaque  instant de notre quotidien
Amour pour amour. 
- Le Seigneur frappe à la porte de notre coeur, de notre tombeau.  Qui lui ouvrira ?
 Pour cette année de la Miséricorde …  Laissons-nous toucher par la souffrance, par la condition  des plus pauvres que nous.. Sans arrière-pensée,   religieuse, politique, ou  autres.
 Comme pour dire  à chaque homme blessé par la mort, par la souffrance, à la maladie : garde confiance, toi mon frère qui vient de perdre un enfant, un proche, toi qui es comme prisonnier de ton péché, je viens  compatir avec toi .je viens prendre gratuitement une part de ta souffrance,  par amour du Christ, pour t’aider un jour  à mettre ta foi en Lui, pour entrer dans son cortège de Vie !
 Voilà ce qui constitue le point de départ de l'adhésion de foi. Croire que Jésus est ressuscité et qu’il me délivre de la mort et du péché. 
- Croire qu’il n’a pas peur de moi, de s’approcher de mon péché et de toucher mon impureté pour m’en purifier,  pour me redresser et me redonner la vie.

- il le fait de lui-même,   de sa seule initiative , parce qu’il m’aime d’un amour infini.  Moi et tout homme.