Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

jeudi 25 septembre 2014

24° dim du temps ordinaire A - la Croix Glorieuse

Nous lisons dans le magnificat : « la vénération de la Sainte-Croix, le 14 septembre, se rattache aux solennités de la dédicace de la basilique de la Résurrection, érigée sur le tombeau du Christ (335). Mais elle sinsère en même temps dans un contexte biblique, qui en souligne limportance. « Le 10e jour du septième mois, dit le Seigneur, ce sera le jour du Grand Pardon » (Lv  23,27), le Yom Kippour.  « À partir du 15e jour de ce septième mois, ce sera pendant 7 jours la fête des Tentes en lhonneur du seigneur ». Salomon choisit aussi cette fête pour célébrer la dédicace du  Temple. » Cest au cours de la fête des Tentes que Jésus déclara: " Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi» (ln 7, 37).

Elle est fêtée à partir du 15 tishrei (qui correspond, selon les années, aux mois de septembre ou octobre) ,  à la fin de l’été. Cest-à-dire en ce moment.  La fête des tentes (Souccot ) est la « fête de la récolte, marquant la fin du cycle agricole annuel, au cours de laquelle grâce est rendue à la providence divine.  Aujourdhui, il nous est donné aussi de récolter sur la croix, le fruit divin du salut, le Christ lui-même.
 Jésus-Christ est le nouveau serpent dairain : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé ».
Quel  signe paradoxal : le Christ est comparé un serpent Et  dairain, de bronze Cest dire le métal  très dur pour l’époque
 Le Christ sest identifié au péché il s'est donc identifié  à des serpents qui mordaient et qui tuaient les hommes dans  la première lecture.
 Mais il nest pas anéanti par les péchés. Au contraire, il anéantit le péché, car il fait dairain. Il est fort et puissant,  il est solide et  il est dur contre la souffrance et contre le péché.
 Oui il faut que le Christ soit élevé dans le désert de nos vies et nos péchés pour pouvoir nous sortir de la mort  et nous donner la vie.
 Pour nous offrir le grand pardon, le seul grand pardon véritable : celui du Christ : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. »
 Nous croyons, nous savons par expérience, que notre victoire  viendra le jour où le oui de Dieu, du Christ sur la croix, deviendra notre oui.
« Qui nous séparera de l'amour du Christ?  La tribulation, l'angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive? Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimé »  Saint-Paul aux Romains .
  Mais nous avons  peur de la souffrance, de la mort, de la déchéance, des ennemis, lhumiliation, en un mot de la Croix or nous savons que le Seigneur nous demandera daccueillir la croix. 
« Comment ce signe de malédiction quest la croix,  a-t-il  pu devenir une source de bénédiction et de salut ? Comment la vie peut-elle être plus forte que la mort ? La douceur que la violence ? La joie que la souffrance ? Ces questions nous minent. Elles reviennent lancinantes, attendant une réponse dune intensité égale à celle avec laquelle elles se posent à nous » frère Élie.
 Mais quand nous nous rapprochons du cœur du Christ crucifié, par la foi,  nous sentons intuitivement que là est la source de la vie, que  là est la source de lamour,
alors lamour nous saisit, comme la chaleur réchauffe un corps malade, et petit à petit la peur paralysante disparaît, je ne dis pas la peur ou la crainte naturelle, car notre nature sera toujours là, mais la peur qui éloigne de Dieu comme Pierre au moment du Reniement
Nous découvrons alors que très exactement, ce nest pas à la vie qui est plus forte que  la mort, mais cest la charité, cest lAmour. Car lAmour est plus puissant que la mort,  plus puissant que la souffrance, plus puissant que les ténèbres, que Satan. (Car l'amour est fort comme la Mort, ses traits sont des traits de feu, une flamme de Yahvé. Ct 8)
 Oui, la croix de Jésus est bien la Croix glorieuse.
De quelle gloire parle-t-on, la gloire de lorgueil, la gloire de la force,  de la terreur, la gloire de lhomme contre Dieu ?
 Non aujourdhui nous fêtons la gloire du grand pardon, de l’écoute, de la tendresse, la libéralité, la vertu, de l'amour du Dieu très Haut  qui sest laissé étendre sur le bois de la Croix,  comme lagneau du sacrifice au soir  de la fête Pâques  juive

Mais pour bénéficier nous-mêmes de cette victoire, et de cette loi, nous devons non seulement croire, contempler ce cœur ouvert sur la croix, mais nous devons aller  jusqu’à ce cœur,  comme Marie et Jean, nous devons aller jusqu’à la croix.
Nous devons entrer dans ce cœur,  car là est la sérénité, là est la victoire, la gloire. La nature  se rebiffe, mais lEsprit offre la foi, il offre lintelligence profonde du cœur,  il offre cette attirance profonde et mystérieuse qui ouvre le cœur de lamour pour lamour Même au milieu des ténèbres, même milieu du désert,
quelle épouse humaine s’éloignerait de son époux tant aimé le jour de son épreuve Et pourtant ce que fait l’Église souvent
 POURTANT C'EST BIEN LÀ que meurt la mort et que  souvrent  nos tombeaux, que sont guéries  nos maladies, que souvrent  nos yeux et nos oreilles
 C'est là   que le Christ meurt pour moi, et c'est   là où je meure pour lui damour. Cest là où il ressuscite pour moi, et que je  ressuscite pour lui dans sa lumière dès aujourdhui.   Car cest aujourdhui la fête du Grand pardon.

 Alors quelle victoire! Quelle croix glorieuse! Non seulement celle de l'Agneau immolé, du Christ, mais aussi de  ma victoire,  notre  Gloire,  et nest pas dabord mon  Œuvre, mais un cadeau infini de Dieu.
« Si, en effet, par la faute d'un seul, la mort a régné du fait de ce seul homme, combien plus ceux qui reçoivent avec profusion la grâce et le don de la justice régneront-ils dans la vie par le seul Jésus Christ.  Romain,
car tout est à vous Paul,  le monde, la vie, la mort, le présent, tout est à vous; mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu »

AMEN

23° dim du TO A

23e dimanche du temps ordinaire A
L’évangile de ce matin nous invite à la correction fraternelle.
Il nous dit  : «si ton frère… » : L’église est donc une communauté de frères. La correction fraternelle procède de la vie entre frères, de la vie dans l’amour  de charité : l’amour de Dieu et de l’amour du prochain.
Comment vouloir que son frère  se perde, si on prétend l’aimer ? «  Suis-je le gardien de mon frère? » demande  Caïn après avoir tué Abel… précisément, nous sommes le gardien de notre frère.
Mais la question se pose :   pourquoi dire,que dire à mon frère, et comment le dire ?
 Pourquoi le dire ?
Nous venons de l’indiquer. Dire ce que nous avons à dire, parce que nous aimons nos frères. Le dire parce que Jésus nous envoie. Il nous envoie notre frère, en famille, au travail, en église. Je crains
le dire parce qu’on voit bien les moustiques dans l'œil de l’autre, mais on a du mal à voir la poutre qui est dans  le sien !

 Que dire ?
C’est un frère qui à commis le péché… » Il ne s’agit pas de faire des réflexions à tort et à travers. Il ne s’agit pas de confondre ce qui nous plaît ou pas dans l’autre (de l’ordre de la sensibilité, de la culture) et ce qui est vraiment péché. Il s’agit de voir ce qui peut être vraiment utile, et de le dire… Encore faut-il que cela soit entendu.
Parents  n’exaspérer pas vos enfants, vous risquez de les décourager » nous rappelle Saint-Paul.
 Comment le dire ?
Plusieurs  Auteurs  ont abordé le sujet fort à propos dans la littérature chrétienne ou non.

Sénèque; "l'homme bon se réjouit d'être corrigé ; le méchant supporte impatiemment son conseiller"
Pr 10 « Celui qui accepte la correction est sur le chemin de la vie; celui qui la refuse emprunte un faux chemin "
Saint Augustin note aussi combien il serait grave de priver le prochain de cette aide: « Tu es pire en te taisant que lui en fautant ».
 Saint François de Sales : « la vérité qui n’est pas charitable procède d’une charité qui n’est pas véritable »
Monseigneur Jean-Pierre Camus, ami du Saint écrivait : «  les personnes qui sont en charge par leur condition de corriger ceux qui sont répréhensibles, quand elles disent des vérités de dures digestions, doivent les cuire à feu si ardent de charité et de dilection que toute âpreté en soit ôtée, autrement ce sera un fruit mal mûr, qui donnera plutôt des tranchées qu’une bonne et solide nourriture. »
 Combien de fois devrait-on tourner sa langue dans sa bouche avant de parler
mais aussi combien de fois on sautait par peur de blesser, ou de se faire injurier, de perdre une amitié, etc.…
Certes, toute vérité n’est pas bonne à dire. Il faut d’abord que l'on soit sûr que cela vient d’un amour réel de Dieu et du prochain et non d'un énervement,  d’un aveuglement…
Il vaut mieux taire une vérité si on sent qu'on va le faire avec quelques duretés dans la voie, ou quelque supériorité dans l’attitude, ou si cela va faire plus de mal que de bien…
Il faut bien au contraire, se mettre humblement devant l’autre et ne pas se dire trop vite éclairée par le seigneur. Nous ne sommes que de pauvres serviteurs.
On peut dire par exemple : « je suis le premier à tomber dans ce travers, mais je dois te dire que… »
Une autre phrase sfs : « on attrape plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre ».
Et comme le dit Monseigneur Camus, il vaut mieux pécher  par un excès de douceur, que par manque de douceur.
 Ma maman me disait : on peut tout dire, cela dépend de comment tu le dis… »
Certes, on ne peut pas taire la justice, surtout quand elle est grave, mais comme le dit Saint Paul, l’accomplissement de la loi c’est l’amour, et l’amour ne fait rien de mal au prochain. Il cherche simplement son salut.
Parfois il faut savoir aussi écouter nos ennemis, même s’ils disent les choses de façon un peu rude, elles peuvent procéder  de véritables défauts??????
Le mieux est sûrement, lorsqu’on le peut, de se mettre ensemble devant le Seigneur et de lui demander ses lumières : « si deux ou trois se mettent d’accord, ils l’obtiendront de mon  Père ».
 Ne pas croire que l’on a toujours raison. Aide de ceux qui cherchent, plus que de ceux qui savent.
Savoir écouter est un art, une grâce. Il ne s’agit pas tant d’écouter le frère qui me fait une remarque, que d’écouter le Seigneur qui me demande d’accomplir sa volonté.
 Et en plus les reproches que les louanges car elles ont une chance d’être vraies !
En tous les cas, recevoir les reproches avec un esprit humble, comme la part du Christ.  Non pas avec une humilité mondaine, factice, un jeu de l’esprit, mais une humilité réelle, noble, généreuse.
En remerciant Jésus qui nous veut du bien, et qui veut par ce moyen de la correction fraternelle, de faire avancer vers la plénitude de la vie, dans la lumière éternelle du  Père.  amen

vendredi 5 septembre 2014

22e dimanche du temps ordinaire A

-Quel drôle de situation pour Pierre… !
  • Après avoir dit de Jésus qu’il est le Messie, le  Fils du Dieu vivant, après avoir entendu le Christ lui dire, ce n’est pas la chair et le sang  qui t’ont révélé cela,  mais mon Père,  voilà que Pierre se fait reprocher maintenant d’être Satan. Un obstacle devant la route du  Seigneur. »
  •   En vérité, Pierre  n’est pas Satan, mais il écoute les pensées de Satan.
  • Puis  Jésus demande  à ses disciples de marcher derrière lui. De prendre  leur croix et de le suivre.
  • Le Monde,  la part de l’humanité qui en dehors de nous et en nous, écoute Satan s’écrira : folie et les juifs scandales !  mais pour celui qui a pris le chemin du salut, comme le dit Saint Paul  elle est  sagesse de Dieu.  Elle est le langage mystérieux, terriblement mystérieux mais si réel de l’Amour lui-même.
  • «Tu m’as séduit, et je me suis laissé séduire »,  dit Jérémie.
  • Comment la croix peut-elle nous  séduire ?  Pas en elle-même bien sûr. Car, en tant que telle, elle ne vient pas de Dieu,  mais le Christ a transformé la souffrance et la mort elle-même en un acte d’amour. C’est de  son cœur que coulent le sang et l’eau, la vie nouvelle.  Jésus est le fruit nouveau de l’arbre de la vie nouvelle, que Dieu a planté dans le  Jardin du monde.
  • Ce n’est pas en tant que telle la croix qui nous séduit, mais l’amour qui se  laisse crucifier.
  • C’est ce que dit le psaume :  «mon âme a soif de toi, ton amour vaut mieux que la vie, et comme par un festin je serai rassasié ».
  • Parfois comme Jérémie on est arrêté par la croix. On a envie de se taire, on a plus envie de suivre Jésus.
  • Mais Jérémie avoue : « il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je  m’épuise à les maîtriser, et sans y réussir». 
  • L’Amour est plus fort que la mort  dit le cantique des cantiques et rien ne peut véritablement l’arrêter.
  • Si quelqu’un veut marcher derrière moi.  Il ne s’agit pas d’offrir un sacrifice pour un sacrifice, il ne s’agit pas d’appliquer des lois, même les plus religieuses, même  celles qui nous paraient les plus parfaites : il s’agit de suivre le Christ par amour de lui, et par amour des frères pour lui.
  • Alors oui suivre le Christ donne une force, une force qui nous attire comme hors de nous-mêmes, qui  nous fait comprendre que vouloir sauver sa vie, à coups d’argent, à coups de plaisirs, à coups d’envies, c’est en fin de compte la perdre. Mais  perdre sa vie par amour du Christ alors c’est vivre car le Christ est la vie,
  • c’est ce que dit Saint-Jean : «  ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons. Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage.»
  • Alors  nous pourrons vivre déjà dans la puissance de sa résurrection, nous  trouverons une force, qui  nous fera «prendre» notre croix.  Non pas la subir,  comme on fait toujours,  mais la prendre. C’est-à-dire supporter avec bon cœur depuis le matin jusqu’au soir ce qui est épreuves dans notre vie.
  • Alors  nous pourrons le suivre là où  naturellement nous étions incapables d’aller : dans la vie divine du Père.
Voilà ce que dit « l’imitation de Jésus »
      Si tu portes la croix de bon cœur, c’est elle qui te portera et te conduira à la fin désirée. Si tu la portes à contrecœur, tu t’en fais un fardeau et tu la rends plus lourde, et pourtant il faudra quand même la porter. Si tu rejettes une croix, tu en trouveras certainement une autre peut-être plus pesante.

      Crois-tu échapper à ce qu'aucun homme n’a pu éviter
?
 - C’est le bon sens. Combien de fois, avons-nous repoussé quelque chose à dire ou à faire qui nous pesait et en fin de compte on est arrivé à une réalité pire que la première!
      Cependant, celui qui est affligé par tant de peines n’est pas sans une consolation qui les adoucisse, car il sent croître les fruits de sa patience à supporter sa croix. Car, lorsqu’il la porte de bon cœur, tout son poids se change en douce confiance qui lui redonne courage.
 ce n’est plus nous qui portons la croix, c’est le Christ qui s’en saisit pour nous. Plus on dit oui à la croix plus la force de la portée nous est donné.à puis on la refuse, plus, et nous pèse

… Cela n’est pas l’effet de la vertu de l’homme mais de la grâce du Christ
 -  Si tu ne comptes que sur toi-même, tu ne pourras rien faire de tel. Mais si tu mets ta confiance dans le Seigneur, la force te sera donnée d’en haut, et tu auras pouvoir sur la chair et le monde. Et tu ne craindras pas même le démon, notre ennemi, si tu es armé par la foi et marqué par la croix de Jésus Christ.
Alors nous apprendrons à aimer, à donner notre vie jusqu’au bout. 
Alors, nous  vivrons dans l’Alliance, dans
le lien  avec Dieu et entre nous  qui seul peut créer une communauté.

 La famille de Dieu.