Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

samedi 3 mai 2014

Jour de PAQUES Marie-Madeleine

Quel jour bénit, entre tous les jours, non pas un jour comme les autres, mais le JOUR!
L’ancienne création s’en est allée une nouvelle création est déjà née !!

Avons-nous conscience vraiment de ce que veut dire la Mort est morte, le Christ nous a arraché à la mort il nous a rendu la vie, et la vie éternelle. La mort est derrière et la vie est devant nous  ? Croyons le au moins, faisons confiance à notre Jésus, la mort est morte et nous avons plus qu’à vivre ...

En effet « le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre »

Premier jour de la semaine : après le Sabbath nous sommes donc un dimanche, mais pour les juifs c’est, ou le huitième ou le premier jour d’une nouvelle semaine, d’un nouveau temps,  d’une nouvelle création
Le Sabbath de l’ancienne Loi, nous révèle aujourd’hui tout sont sens, il n’était donc qu’un temps de repos, non une fin.
Un temps qui annonçait le repos du guerrier au fond de sa chambre du tombeau, après avoir vaillamment combattu et vaincu le Mauvais et le péché. Un simple repos pour ressurgir le matin de Pâque pour, une nouvelle création, pour une œuvre nouvelle et merveilleuse.
Et pour nous, nous faire entrer un jour définitivement dans son Royaume, pour contempler le Père, pour nous faire entrer dans le dernier Sabbat, le jour du grand repos. 

Hb « Ainsi, un repos sabbatique doit encore advenir pour le peuple de Dieu.
Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos-là »

Mais nous voyons que Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre ... 
« Elle se rend au tombeau » : Madeleine ne vient pas voir Jésus, mais elle se rend à un tombeau. Comme si l’Espérance elle-même de revoir Jésus était morte.  
« Il fait encore sombre »:  c’est le signe de l’ancienne création,  devenue sombre, ténèbres par le mal commit par l’homme. Marie-Madeleine n’est toujours pas sortie de l’Ancien Monde ; elle n’a pas encore pris conscience de la nouveauté advenue.

Ainsi il y a deux créations, une création ancienne, symbolisée par Marie Madeleine et une création nouvelle, c’est le Christ ressuscité. 
Il est l’homme nouveau, le premier né de la nouvelle création. On peut dire, aujourd’hui commence l’humanité, non pas en son commencement, chaotique, mais en son achèvement, resplendissant de Gloire et de vie, à l’image de Dieu.
Jésus est le nouvel Adam. Comme son père, le premier Adam,  il est sorti de la terre, bientôt va naître de son cœur ouvert et ressuscité  la nouvelle Ève, Marie Madeleine va reconnaître dans celui qu’elle avait pris pour le jardinier, son divin époux..... Prémices de l’Église. 

Retrouvons l’Évangile .. 
Les apôtres, après avoir été informés de la disparition du corps de Jésus,  courent voir le tombeau ... Et Jean nous dit de lui-même: « l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. » Jean court le plus vite, car c’est l’amour qui court ..... Jean le disciple de l’amour, qui s’est penché sur le cœur du Christ à la Cène, qui est présent au pied de la croix, qui entre dans le tombeau , pour voir et croire !
Ainsi les publicains et les prostituées, ceux-là qui aimeront réellement le Christ, certes après une conversion totale, ceux-là nous précéderont dans le Royaume . Car ils courront plus vite que nous ... 


C'est alors qu'entra l'autre disciple, c’est-à-dire Jean, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Il est vrai que Pierre entre le premier, mais c’est Jean qui voit le premier. 
C’est surprenant, il voit avant de croire, mais enfin que voit-il ..... Pour croire ?

Ces yeux de chair voient le linceul rester là. Rien n’avait été touché. Mais il voit autrement il voit avec son cœur, avec son âme ressuscitée !
  La porte de son cœur a été enlevée, le manteau de la mort a été enlevé, son cœur s’ouvre enfin... Il voit comme une intuition assurée, il voit le christ vivant, comme une rencontre intérieure! 
Il pressent intuitivement la présence cachée au creux de l’absence. Au cœur de l’invisible, au coeur de l’absence lui apparaît la présence.

Ainsi il faut faire l’expérience de l’absence, du vide, du non-sens de cette vie seule, pour pouvoir jouir de l’expérience de la présence. Comme les Apôtres, il nous faut entrer dans le tombeau du Christ, en définitive le nôtre, pour mourir à la vieille création, doutant de doute, et renaître à la vie totalement nouvelle et sainte, qui se nourrit de la seule confiance, de la sainte et belle confiance. 

Comme disait Benoit XVI, « le christianisme n'est pas une nouvelle philosophie ou une nouvelle moralité, mais la rencontre avec le Christ. C'est seulement dans cette relation personnelle avec le Ressuscité que nous devenons vraiment chrétiens ».
- Alors la prière. Elle ne consiste plus à dire « des prières » rabâchées et apprises par cœur, même plus en des méthodes (quoi que commencé par une bonne méthode éprouvée c’est nécessaire), il s’agit d’une rencontre véritable, d’une relation amicale, d’une vie commune à chaque instant.

Le cœur de Jean qui s’ouvre, c’est une porte qui s’ouvre à l’intérieur vers le Christ.  C’est une sortie de soi, pour tendre vers l’autre , le Seigneur, et nos frères. C’est une résurrection. 
Comme le disait une homélie du IInd siècle : « Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité. » 

Le Christ est ressuscité Alléluia 

veillée de PAQUES

 à suivre

vendredi 18 avril 2014

Vendredi Saint A

Homélie du Vendredi saint  

- Saint-Jean XXIII disait donc : « la vie humaine est un pèlerinage continuel long et pénible. Sur la route attribuée à tous, il faut gravir des collines escarpées. Malheur s'il n'y avait pas une croix pour chacun. L'homme serait exposé à la tentation de l'égoïsme de la jouissance, de la sensibilité et il y succomberait. »
- Sur notre chemin quotidien, sur notre route, nous rencontrons un homme. Il a vécu comme nous, et il est mort crucifié.
- Pourquoi s'arrêter là, comme me disait un jeune à Laghet : « pourquoi faire cas de ce crucifié-là ? »
- On s'arrête à ce Jésus, car comme l'a écrit Pilate. Il est le « roi des juifs »,
- il est le Seigneur crucifié. Il est le Fils éternel de Dieu fait chair mis en croix par notre péché.
- Parce que le mystère de la Croix est comme dit Saint-François-de-Sales « le trône de la miséricorde. »
- Suivre le crucifié, c'est découvrir avec étonnement que ce chemin n'est pas un chemin de mort, comme on aurait pu supposer, mais le chemin de lumière et la vie, l'unique chemin de l'amour total.

- C'est là où on découvre, à la fois l'infini amour de Jésus pour nous, du Père pour nous, 
- mais c’est là où l'on découvre la véritable conséquence du péché et donc combien nous pouvons être misérables et indignes de la vie par nos péchés, par votre différence. 

- Mais cette misère ne devrait pas nous éloigner de Dieu, mais bien au contraire  nous approcher avec confiance du Christ.
- C'est ce que dit ce pôle dans la première lecture : « Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

- Blaise Pascal : « il est également dangereux à l'homme de connaître Dieu sans connaître sa misère, et de connaître sa misère sans connaître Dieu. »

- C'est-à-dire que prendre conscience de sa misère sans s'abandonner toute confiance à Dieu et la seule volonté de sauver, nous courons le danger d'une forte déprime.
- Mais croire à la miséricorde de Dieu sans conscience que nous sommes misérables, c'est prendre le risque du péché de présomption. C'est-à-dire croire que son Dieu ne pourront s'en sortir, au croire que notre unique chance de vaincre la mort et de voir le jour pleinement la vie, c'est sa Miséricorde.

- Saint-François-de-Sales écrit : « il y a une certaine liaison si grande entre la miséricorde  et la misère, que l'une ne peut s'exercer sans l'autre. À qui faire miséricorde sinon miséricorde au misérable ?
- Ôtez à l'âme la confiance qu'elle a en Dieu et vous lui donnez la mort »

- Mais la croix, pour faire écho à Jean-Paul,  révèle que c'est Dieu qui fait miséricorde à l'homme mais c'est aussi l'homme qui a appris à faire miséricorde au Seigneur.
- Dieu est cet homme Jésus dit sur la croix : « j'ai soif ».
- Allons-nous être de ceux qui l'abreuvent de vinaigre ou de ceux qui accepteront sa miséricorde ? Qui apprendra de lui, qui recevra de lui, d'aimer comme Lui. 
- Mais recevoir la miséricorde, et aimer à notre tour le Christ en prenant pitié de ces plaies, de ce cœur transpercé, nous pousse à faire nous-mêmes  miséricorde à tous nos frères.
- Faire l'expérience de la force, et même de la joie qu'il y a à aimer jusqu'à tout donner avec Jésus, nous prépare à la joie de Pâques. 
- C'est au cœur de la tristesse que nous recevons la joie, c'est par l'offrande de soi que nous recevons l'amour, c'est du tombeau que nous recevons la résurrection.
- Ainsi être chrétien,  loin de fuir son frère souffrant,  c’est-à-dire de s’éloigner du Christ lui-même et donc de sa propre vie, sait  être capable de consoler à notre tour, ou au moins être présent à toute tristesse, à toute solitude, à tour de telles ténèbres.

- Conclurons avec la prière de Saint-François-d'Assise :
 «Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
là où est la haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
….O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu'à consoler,
à être compris qu'à comprendre,
à être aimé qu'à aimer.

Car c'est en se donnant qu'on reçoit,
c'est en s'oubliant qu'on se retrouve,
c'est en pardonnant qu'on est pardonné,
c'est en mourant qu'on ressuscite à l'éternelle vie ». AMEN

Jeudi Saint

à venir ...

lundi 14 avril 2014

FETE DES RAMEAUX

-     Faut-il vraiment que le Christ  entre dans Jérusalem sur une ânesse,  avec son petit  Âne.  Pourquoi ne rentrent-ils pas sur un char rutilant avec quatre chevaux devant ?
-      Entrant dans la ville Sainte comme roi et comme prophète, faut-il qu'il accepte d’être crucifié. ?  La Croix est-elle son trône ?
-     «   C’est le roi d’Israël : qu’ils descendent maintenant de la Croix nous croirons en lui ! ».  Jésus doit il descendre, ou bien au contraire doit-il rester sur ta croix ?

-  Oh oui, Seigneur, entre à Jérusalem comme un roi humble et monte sur la croix, ton trône. Ne descends pas surtout pas  de la Croix ! Car autrement tu n’es pas le Christ, autrement  tu n’es pas le Fils de Dieu venu chercher les morts, autrement tu n’es pas l’Amour qui se donne jusqu’au bout.
Si tu descends comment pourrait-on te croire, comment pourra-t-on te reconnaître ?

-      Saint-Augustin : « Jésus est un seul Dieu avec le père, et il est un seul homme avec nous ».
-     C’est le sommet de la révélation. Parce qu'il est homme,  tout ce que nous vivons tous ceux que nous souffrons il le prend avec lui et en lui.
-     Saint-Augustin : « lorsqu’à propos du Seigneur Jésus-Christ, une parole de l'Écriture décrit une bassesse indigne de Dieu, n’hésitons pas à le lui attribuer puisque les n’a pas hésité à s’unir à nous ».

-      Mais parce qu’il est Seigneur, n’hésitons pas non plus à donner à cet homme tout ce qui est digne du Dieu véritable. La puissance de l’amour qui se donne jusqu’au dernier souffle. «   mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit »

-       S'il n’était pas homme et il n’aurait jamais pu souffrir et mourir pour nous, et son sang n’aurait pas pu couler sur nous.
-       mais s'il n’était pas Dieu,  il n’aurait pu jamais traverser l’épreuve, continuer à aimer, à offrir, et à pardonner pour ses bourreaux, jamais il ne serait ressusciter d’entre les morts

-   Jean-XXIII : « la semaine sainte commence aujourd’hui nous rassemblera autour du seigneur pour sa passion.  Notre participation au sacrifice de la Croix doit être vivifié et rendu, plus profonde par nos efforts pour nous sanctifier. En même temps, notre amour pour nos frères doit apparaître en pleine lumière »

-      Et nous ? Allons-nous être spectateur ou acteur?  allons-nous par amour nous associer à lui comme lui s’est associé à nous, allons-nous nous unir à sa passion comme lui s’est uni à notre misère pour qu’enfin nous puissions nous unir à sa résurrection, comme lui est prêt à donner la vie éternelle ?
- Allons-nous fuir nos responsabilités, perdre la foi, décidér de ne plus aimer quand arrive l'épreuve, ou est-ce que nous allons implorer la Grâce de  devenir fidèles comme le Christ jusqu'au bout ?

 Il n’a pas été crucifié pour lui mais pour nous. Ainsi nous aussi puisque nous sommes hommes nous souffrons et nous mourrons, mais par la puissance de l’Esprit de Dieu en nous, nous pouvons témoigner par notre patience, notre pardon, et notre amour qui va jusqu’au bout.
- Allons-nous témoigner que le Christ est venu nous sauver, nous sanctifier s'unir à nous, pour que sortant de nos tombeaux nous puissions déjà vivre ressusciter à Pâques comme pour l'éternité.

Amen

5° dimanche Carême A

à venir ...

4° Dimanche Carême A

à venir ...