Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

mardi 18 mars 2014

1er dimanche de carême A

Et quelle est donc la grâce  du baptême ?

 Jésus, après son baptême, fut conduit au désert par l’esprit pour être tenté par le démon.
 Mais pourquoi donc l’esprit de son baptême,  l’amène-t-il au désert ?
 Dès l’origine du a créé l’homme comme un fils : il en a fait le responsable de son jardin : qui est la terre
Nous avons été baptisés du même baptême que le Christ ... Un baptême qui nous conduit au désert , pour être tenté et vaincu ... Non pour vaincre ... Le monde et son Maître .... «jeunes gens vous avez vaincu, le monde, vous êtes forts» dit Saint-Jean au premier jeune chrétien peut être mêmes ados. 
Et tant mieux ! Le Christ n’est pas venu apporter l’opium du peuple mais le réveil du peuple ... Il n’est pas venu pour nous offrir du prêt à croire, ou à penser, comme l’offre notre société mais la Victoire 
Sortez de votre sommeil, c’est l’heure, c’est l’heure des combats !
La voilà, les légions du diable qui emplisse le monde de tombeau, qui mettent les peuples hors de combat, qui ravage la nation, qui met en captivité l’univers tout entier. Voilà ce à quoi l’humain avec ses seules forces mortelles ne saurait s’opposer.  C’est pourquoi Dieu est venu pour les vaincre.
 Et pour nous offrir par la grâce du baptême l’armure suffisante pour que la force de bataille  un jour la victoire
 L’Esprit nous emmène au désert. Tant mieux car grâce à lui nous ne serons pas livrés à ces hordes sauvages. Simplement il me demandera à notre tour de prendre part au combat du bien sur le mal de la vie sur la mort, mais sans nous  demander plus loin que nos forces. 
 Mais  sois-en sûr, seul le Christ peut t’offrir la victoire.

 Nos pères et nos mères, Adam et Ève les premiers humains eux-mêmes ont dû être confronté à ce serpent. À cet ange créé juste bon merveilleux,  et qui par jalousie de l’homme par orgueil s’est révolté  contre Dieu et n’a pas voulu servir leur bien.  Au contraire  le démon vient pour tenter
 Jésus dans le désert alors qu’il devait servir, mais à la fin il est servi par ceux qui avaient été créés pour ce but. 

Ainsi le serpent va tenter  Ève non pas d’abord par le fruit qui semble bon à manger, le fruit de la connaissance du bien et du mal mais il va commencer par tenter Ève à travers le doute.
 Mais, contraire à ce que l’on croit, ce n’est pas lui qui commence cette histoire du péché. C’est Ève ... (et Adam aussi qui reste bien silencieux)
 En effet,  Ève doute toute seule de la bonté de Dieu :  au centre du jardin, le Seigneur Dieu avait planté l’arbre de la vie. Or Ève, dit au serpent que c’est l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui est au centre du jardin.
 C’est interdit de ne pas manger de cet arbre,  semble suspect à Ève :  est-ce que le Seigneur  serait jaloux des dons qu’il a faits à l’homme et à la femme ? Est-ce que Dieu est véritablement bon ?
C’est justement ce doute   sur l’infinie bonté de Dieu que le serpent va continuer à nourrir, à argumenter mais très finement par une question : «alors, Dieu a dit : vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin».
Non dit Eve et mais simplement de l’arbre de la connaissance du bien du mal car  Dieu a dit si vous en mangez vous mourrez
. Pas du tout répond le serpent : mais si vous en mangez vous en  deviendrez comme des dieux.
 L’homme a été créé comme un milieu : l’être au sommet de la création matérielle par sa chair, et il  appartient aussi au monde invisible, spirituel par son âme. Il  là aussi, il sera appelé à régner.
 Satan s’appuie sur une vérité : Dieu a créé les hommes pour devenir fils de Dieu, pour devenir comme Dieu, autant qu’il sera possible. Et même l’un d’entre eux, Jésus le Nazaréen sera Dieu lui-même. Un homme sera le créateur !
Ainsi Satan s’appuie sur une vérité mais il propose un moyen détourné, faussé, pervers, menteur : manger l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est-à-dire vouloir connaître par soi-même ce qui est bien et mal, c’est-à-dire pour inventer ce qui est bien ou mal pour l’homme tout seul, avec sa seule tête, avec sa seule raison, avec sa seule intelligence. L’homme veut devenir le Dieu tout-puissant à la place du Seigneur seul tout-puissant; il veut être vizir à la place du vizir. Et si ce projet échoue alors Dieu sera mauvais…

 Comment vaincre le serpent ?
Regardons Jésus justement seul dans le désert. Mais baptisé dans la toute-puissance de l’Esprit!
 D’abord, soyons en sus : l’homme est fait pour la grandeur, la hauteur, et la dignité. Et la raison de devenir comme Dieu. C’est même le projet du père sur lui-même comment un père pourrait-il ne pas vouloir qu’un fils lui ressemble points pour points ?
 Mais Jésus ne se laissera pas tromper et il prendra le bon moyen.


 D’abord, comprenons comment Satan tente Jésus. 
 Jésus a faim,  et il pourrait arrêter le jeûne en transformant des pierres en pain. 
 Mais Jésus  ne veut pas prendre par lui-même, mais tout recevoir de Dieu. Satan l’a tenté sur l’avoir,  sur les choses à posséder.
 Jésus a vaincu en mettant sa foi en la Parole : «l’homme se nourrit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu».

 Puis Jésus est mené au-dessus du  Temple.  Il peut   se mettre au-dessus de Dieu, comme au-dessus du Temple, et prendre le pouvoir.  Accomplir des choses merveilleuses.
 Mais Jésus, humble,  ne veut pas provoquer le seigneur. Il reste obéissant. Il rentre dans l’obéissance. « Tu ne mettras pas à l’épreuve ton Dieu. »

 Puis Jésus et tenter d’adorer Satan lui-même,  vu l’ampleur de son pouvoir, et combien les hommes semblent l’écouter. Jésus est tenté par la Gloire.

 Mais Jésus va répondre à cette dernière tentation par  l’humilité.  «Tu te prosternas devant Le Seigneur, créateur, lui seul.»

 Le Christ donc vaincu par la foi, l’obéissance, l’humilité.
Il crut en la Parole,  pour nous, il nous invite à croire en lui, lui la Parole éternelle de Dieu fait chair dans un temps et dans dans un espace particulier. 
 Il fut obéissant. Il n’a pas voulu se mettre au-dessus du Temps, c’est-à-dire l’Église. Il fut obéissant au commandement de L’Église. Comme un époux humble qui obéit à son épouse.
 Il fut  humble. Car il sait que celui qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse  sera un jour élevé. Le Christ qui s’abaissera jusqu’à la terre du tombeau sera élevé jusqu’à la gloire de la résurrection et de l’ascension.
Rappelons-nous l’échelle de Saint-Benoît : c’est en montant qu’on est rabaissé à  terre. C’est  en  descendant dit-il qu’on monte .

 Mais n’ayons pas peur, car rappelons-nous la parole de Saint Paul : si la mort à régner à cause d’un seul homme, combien plus, à cause d’un seul homme, le Christ Jésus, et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en plénitude le temps de la grâce qui les rend juste....   De même qu’un seul homme a désobéi et tous sont devenus pêcheurs, de même tous deviendront justes parce qu’un seul homme obéit.
 Ainsi Dieu est véritablement bon car il nous offre le moyen unique et véritable, le chemin la vérité et la vie, le Christ Jésus, et lui seul pour devenir comme lui à son image et ressemblance amour, bonté, charité.
Et  Satan est le  Mauvais, le tentateur et le pervers, car  sans changer le but,  car nous avons été créé pour cela et notre cœur le sait bien, il nous propose un moyen mensonger : nous-mêmes.  Ne pas écouter  une autre parole que la sienne, ne pas obéir à un autre que soi,  ne pas adorer d’autres dieux que Soi. 
 Ni Dieu dit Diable, sinon soi-même voilà la devise du Mauvais. On est tout son jeu dans l’histoire depuis le commencement jusqu’à la fin.
 Croire cela c’est découvrir la vérité, c’est marcher dans la lumière,  mettre nos pas dans le Christ, dans ceux du Christ, c’est vaincre le monde, c’est vaincre Satan et sa descendance.

 Que Marie, soit notre mère , car c’est à cette  femme  et à sa descendance qu’a été promis la victoire sur le Serpent depuis le livre de la genèse.

 Qu’elle nous soutienne dans l’épreuve et chante avec nous,  pour que de chutes, et en batailles gagnées, nous puissions un jour, entré dans la victoire définitive et finale. Grâce à Jésus de Nazareth, fils de Dieu le fils de l’homme,  à lui la gloire pour les siècles sans  fin.   amen

mercredi 5 mars 2014

Mercredi des cendres A

  • Parole du Seigneur : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les l’âme et le deuil ! »
  • Un temps de tristesse, et de deuil ... Oui ... Quand on réalise ce que peut entraîner pour moi ou les autres notre péché, mais aussi notre péché communautaire. 
  • Mais aussi un temps de joie qui nous vient du but :  revenir au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment.
  • c’est vers Pâques qu’il  nous faut regarder.
  • On associe trop souvent, encore aujourd’hui, et même chez les chrétiens, la pénitence à des privations, à du négatif, à une punition, à un mauvais moment à passer. En fait, nous sommes invités  de nous libérer de tout ce qui entrave notre marche vers la vie,  tout ce qui fausse nos relations avec Dieu et avec nos frères, la qualité de notre prière et de nos partages.
  • C’est une grâce immense, immense, dont on a peine à prendre conscience. Car à cause de notre manque de foi à cause de notre manque de familiarité avec le Seigneur, nous avons perdu à la fois la mémoire de ce que nous sommes, poussière ; le sens du péché qui est  la mort ; et ce que nous sommes appelés à être :  des fils de Dieu, des fils de la résurrection, des êtres capables d’être remplis de la vie et du bonheur dans une infinie profusion.
  • Nous sommes appelés à passer de la poussière, à la lumière…
  • Les cendres que nous allons recevoir ne pas pour nous entraîner à une déprime plus grande, ou à l’humiliation pour l’humiliation,  mais ces cendres  nous rappelle simplement le point de départ, la réalité : notre Père s’appelle Adam et Adam veut dire terre et nous venons tous de la terre de la poussière.
  • Mais heureux sommes d’être poussière! car si Dieu peut faire naître de cette terre la rose, le figuier ou la vigne,  alors Il pourra transformer également cette poussière que nous sommes, en Fils de Dieu, en Fils  de l’Amour.
  • On comprend, dans ces conditions, pourquoi Jésus nous met en garde contre ce que nous appelons, à tort, « une mine de carême » et nous sommes à tressaillir avec Paul comme les premiers bourgeons du printemps « Au moment favorable je t'ai exaucé, au jour du salut je suis venu à ton secours. Or, c'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut», c’est une chance pour les personnes et les paroisses.

  •   C’est surprenant, en judaïsme comme en christianisme, on ne demande pas d’abord de changer de vie, mais de revenir vers le Seigneur. « Revenez à moi de tout votre cœur»  dit le prophète Joël.  Car faire le bien : c’est nous rapproché de Dieu ; et faire le mal se nous éloigner de Dieu.
  • La vie morale n’est pas un en-soi ce n’est pas une fidélité à une loi, même religieuse,  c’est retrouvé  l’essence même de notre être, devenir enfant de Dieu à l’image du Père.
  • Jean-Paul II disait : nous avons perdu le sens du péché, mais si nous avons perdu le sens du péché, c’est parce que nous avons perdu la mémoire de qui nous sommes, et surtout tout ce que nous sommes appelés à être et à devenir. Si le Seigneur nous le révèle que pas à pas,  c’est  que si et Il nous le révéler trop vite, on n’en mourait, du plaisir et de bonheur.
  • Ainsi jeûner, faire l’aumône, et  prier, n’a pas de sens en soi sinon pour revenir vers le Seigneur.
  • Pourquoi aller vers le Seigneur pour nous c’est vivre ? 
  •   C’est une question de justice, de vérité, et d’amour.
  • De justice : car Dieu est notre créateur, il est le roi, il est le Seigneur, il est notre Père.  Se séparer de lui, faire le contraire de ce qu’il nous demande, ne pas écouter ce qui est juste, et ne vouloir faire qu’à notre tête, qui est à proprement parlé le péché,  c’est mériter la condamnation. En toute justice.
  • C’est une question de vérité. Car l’âme est la vie du corps,  et lorsque l’âme se détache du corps ce dernier meurt et si  Dieu, l’ Esprit-Saint, est la vie de tout notre être, de l’âme et de notre corps, alors se séparer de Dieu c’est mourir.   C’est pour cela que notre esprit est devenu comme endormi  et comme mort, il est devenu  aveugle et sourd, car nous sommes des coeurs séparés quelque peu du Seigneur. L’homme est un être de relations, il n’a pas la vie en elle-même, il doit constamment faire circuler la vie, l’amour, la joie entre soi et les autres pour pouvoir vivre. Or Dieu est cette Vie en plénitude
  • C’est une question   D’Amour.  Comment l’amour ne pourrait-il pas implorer  l’amour?  Comment l’amour ne se serait il pas laissé crucifié pour nous ? Comment s’unir à Dieu sinon par le cœur sinon par la tendresse, la fraternité et en un mot l’amour-Charité  ?
  • Alors pourquoi le jeune, l’aumône et la prière nous ramènent-ils vers Dieu ?  
  • Parce que justement ils nous guérissent de toute séparation de Dieu. Ils nous guérissent de cette terrible propension naturelle que nous avons à chercher notre propre gloire, en nous détachant de nous-mêmes et de nos besoins trop présents par le jeune,  en  nous  ouvrant à la générosité de Dieu par l’aumône,  en entrant dans l’humilité de la relation silencieuse, au fond notre cœur, notre maison là où le Seigneur, où ton Père t’attend, dans le secret,  dans ton cœur, dans ce lieu  caché. 
  • Ce secret qui n’est plus le lieu de notre propre gloire recherchée dans le regard des autres, mais le lieu où tourné vers notre Père nous ne cherchons plus que son bonheur, et sa Gloire.
  • Le lieu même de notre conversion, le lieu même de la justice de la vérité et de l’Amour.

dimanche 2 mars 2014

8° dimanche TO A

Aujourd’hui le Seigneur nous demande de ne pas nous faire de souci
« c’est pourquoi je vous dis : ne vous faites pas tant de soucis pour votre vie ».
 D’ailleurs qui d’entre vous à force de souci de prolonger tant soit peu son existence ? »

 Mais comment ne pas se faire de souci ? (Non difficile, comment ne pas se faire du souci pour soi et même si  on n’y arrive, comment ne pas se faire du souci pour les autres ?  Le chômage, la violence, les problèmes écologiques, etc.)
 Il faudrait s’abandonner à sa Providence  comme le font les oiseaux du ciel et les lis des champs .
S’abandonner vraiment n’est pas un chemin si aisé que cela ... 
- Car, reconnaissons-le, c’est très difficile de ne pas  se faire du souci pour soi, car l’amour de soi est très fort.
- Ou nous n’ acceptons pas le chemin que Dieu nous offre. On peut avoir l’impression que notre vie est ratée, ou que l’on s’est trompé ou qu’un des événements fortuits a tout cassé.
 Que devient mon mariage ? Ma vocation ? La maladie ? Mon travail,

On se trouve devant un mur qui semble  parfois infranchissable.

Alors comment avancer ?
D’abord, admettons-le : il n’y a pas 36 choix dans la vie : ou Dieu ou l’argent.
Nous pouvons choisir l’argent. En effet, pour vivre ou pour manger, pour avoir un toit, pour subvenir à tous nos besoins matériels, nous avons besoin d’argent ! avec lui le bien-être, avec lui la sécurité, avec lui des amitiés avec lui la puissance avec lui la gloire ... Mais reconnaissons-le aussi, que de souci avec l’argent ! Combien de familles séparées, combien de déchirures, combien de temps perdus, combien de meurtres  même !
 Proverbe : «Qui se fie en la richesse tombera, mais les justes pousseront comme le feuillage.»

Mais aussi nous dit Jésus nous pouvons choisir de servir le Royaume  et sa justice. Nous pouvons nous mettre au service de Dieu. Alors, nous assure-t-il, nous aurons de l’argent suffisamment pour manger, pour avoir un toit, des relations vraies, sans misère mais sans luxe mais nous aurons aussi l’héritage qui nous attend la vie éternelle, la grâce, la joie, le bonheur, et la reconnaissance de Dieu.
 Comme dit Saint Paul : « alors le Seigneur mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et il fera paraître des intentions secrètes. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu. »
Avec le Seigneur, quelle  Paix, quelle Joie, car  il offre une totale libération des soucis, pour n’avoir plus qu’un seul souci : servir le Royaume , un seul désir faire la volonté de Dieu.
 Ceux qui font confiance dans le Seigneur, combien d’histoires ils ont racontées !
 Il s’abandonne à sa Providence .  Il ne s’agit pas de ne rien faire,  mais il s’agit de servir, de mettre aux services de chacun les Grâces que nous avons reçues. Il s’agit de chercher la volonté de Dieu pour nous, et pour les autres, afin de la mettre en pratique
 Saint-Paul écrit :  «frère il faut que l’on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l’on demande aux intendants, c’est de mériter confiance. »
 Mais comment passer de la peur à la confiance ? De  l’attache à soi-même, à l’abandon à la Providence ?
 Par la foi, par la prière, les sacrements, par la lecture de la parole de Dieu, et souvent, par l’épreuve elle-même. Il est vrai que lorsqu’on passe une épreuve combien de questions peuvent traverser notre esprit : quel sens à ma vie ?pourquoi ceci, pourquoi cela ?
On peut se recroqueviller sur soi-même ou croire qu’il n’y a pas d’autre solution que de s’abandonner à Dieu. Et là très souvent, une porte s’ouvre, une lumière apparaît.
 Alors on s’aperçoit que la Providence  est toujours avec nous, mieux : elle nous précède et nous accompagne en tout. 

 Mais qu’est-ce que la Providence  ?
CEC 312 : la divine Providence , ce sont les dispositions par lesquelles Dieu conduit avec sagesse et amour toutes les créatures jusqu’à leur fin ultime.
 C’est le chemin par lequel le Seigneur nous guide à lui. Souvent pour l’homme les chemins de la Providence lui sont inconnus mais il appelle chacun à prendre conscience de la présence du Seigneur dans sa vie et l’appelle à collaborer avec lui à la Création. 
Car la Providence  divine n’est pas le destin dans le sens strict du terme. C’est-à-dire que la Providence convoque notre liberté et en est même la garante. Mais le Seigneur demeure le Maître de l’histoire et rien ne peut lui échapper d’une certaine façon. Alors il faut lui faire confiance, car tout concourt au bien de celui qui aime Dieu, même mal,  même le péché qu’il n’a jamais commandé. Le Seigneur, voit tout, sait tout, et à même intégrer nos déviances dans son plan, jusqu’à faire de la croix de son Fils, le lieu de notre Salut. 
«Ainsi, cher Théotime, cette Providence  touche tout, règne sur tout, et réduit tout à sa gloire. Il y a toutefois certes des cas fortuits et des accidents inopinés; mais ils ne sont ni fortuits ni inopinés qu’à nous ; et sont, sans doute, très certains à la Providence  céleste, qui les prévoit et les destine au bien public de l’univers». SFS

 Concluons avec Saint-Paul aux Philippiens : «Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose, faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ. » Philippiens 4 :6-7

 Demandons simplement au Seigneur d’accomplir notre chemin et croyant profondément que parce qu’il nous aime, Dieu lui-même à un souci de chacun d’entre nous.  Est un cœur avec des entrailles de mère.

 Première lecture : Isaïe

Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas. — Parole du Seigneur tout-puissant.

7° dimanche TO A

Ce Dimanche, on peut dire que Jésus clôt le sermon sur la montagne en disant : « vous donc soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
Au début du sermon Jésus disait : « vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la Terre. »
 Comment éclairer sans accueillir la lumière, comment devenir parfait sans accueillir jusqu’au plus profond de soi  Celui qui est parfait; sans accueillir son aide, et plus que son aide sans nous laisser totalement habiter et  mouvoir par lui : « n’oubliez pas, nous dit Saint Paul, que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit habite en vous. »


 C’est un manque de foi que croire que Dieu ne peut pas le rendre parfait. C’est sûrement une suprême folie, mais c’est celle que Jésus nous enseigne.
Alors il faudra le laisser-faire, s’abandonner à Lui, pour suivre sa Grâce, c’est-à-dire son mouvement en nous,  son chemin à Lui.
 Rien ne se fait sans la foi,  sans intelligence profonde de qui il est, de qui nous sommes, sans une grande liberté intérieure en un mot sans un grand Amour.
 Désiré pour recevoir
«Nous devons donc désirer, mes frères, parce que nous allons être comblés.» Saint-Augustin
 Qui n’a pas dit de son enfant : « oh la la, mais lui, quand on lui donne quelque chose, il veut plus, et quand on lui donne ce qu’il désire, il veut encore plus ainsi de suite jusqu’à l’infini… »
Est-ce si anormal que cela ? Ces enfants qui paraissent fous sont-ils en fait des sages ? Car Saint-Paul nous le dit : les fous devant Dieu, font les  Sages devant les hommes, mais les fous pour ce monde, deviennent sages devant Dieu.
Ce désir infini que l’on trouve chez les enfants, fait écho à ce que nous dit Saint Paul : «Car tout vous appartient, Paul et Apollos et Pierre, le monde et la vie et la mort, le présent et l'avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.»
 Peut-on trop désirer ?  Non,  jamais.
 Peut-on mal désirer ? Oui souvent
 Mais qui peut croire qu’il peut être heureux sans être aimé à l’infini  et sans aimer à l’infini ? 
 C’est cela que le Christ nous enseigne dans l’Évangile. Il nous apprend à aimer. Mais non pas selon, nos habitudes, nos passions, nos idées, mais selon Dieu
Quand un cœur   aime, rend-il oeil pour oeil, dent pour dent ? Refuse-t-il l’humiliation de la gifle ? N’accepte-t-il pas de pardonner à son ennemi ? Et même de l’aimer dans l’espérance qu’un jour il  devienne son frère ?
 S’agrandir pour  accueillir 
«Supposons que tu veuilles remplir une sorte de poche et que tu saches les grandes dimensions de ce qu'on va te donner, tu sais l'importance de ce que tu vas y mettre, et tu vois que la poche est trop resserrée : en l'élargissant, tu augmentes sa capacité. C'est ainsi que Dieu, en faisant attendre, élargit le désir ; en faisant désirer, il élargit l'âme ; en l'élargissant, il augmente sa capacité de recevoir.»  Saint-Augustin
  Nous devons donc nous élargir. Car il nous faut contenir, Celui que rien ne peut contenir,  Celui qui est l’Amour lui-même. 
 C’est pour ça que le Christ,  en nous demandant d’aimer comme lui, semble dépasser la mesure, la nature humaine  et même, soyons honnêtes,  son enseignement rebute profondément notre nature.
 Et pourtant, soyons honnêtes jusqu’au bout, quelle joie, quel bonheur si nous pouvions aimer ainsi ?
 Alors, ne riposte pas aux méchants, offre à celui qui te demande, même si cela te coûte, pardonne, aime ton frère.

 Se vider pour  contenir 
«Suppose que Dieu veut te remplir de miel : si tu es rempli de vinaigre, où mettras-tu ce miel ? Il faut nettoyer le vase lui-même, il faut le nettoyer à force de travailler, à force de frotter, pour qu'il soit capable de recevoir autre chose.» Saint-Augustin.
 Nettoyer le vase de nos cœurs, nos âmes, nos relations, est-ce que cela peut se faire du jour au lendemain ? Il faut sortir de l’image d’un Dieu magique.
C’est par la persévérance que vous obtiendrez «la couronne de la vie»   nous dit Saint-Jacques.
 •Le découragement, n’est-il pas une forme d’orgueil ?  Car on s’appuie uniquement sur ses propres forces.
• L’humilité ne mène pas à l’espérance qui ne s’appuie en rien sur soi.
• Dieu purifie en vidant :
  • il vide la mémoire des souvenirs ( bon ou mauvais qui y restent collés)
  • Et la vie de l’intelligence des idées (qui sont idolâtrées)
  • Il vide la volonté des serveurs, des langueurs, des vices... 

Il désire nous remplir de lui, et de lui seul. Pour créer une vraie synergie entre nous et une véritable communion, un regard commun qui ne se  retourne pas sur lui-même.

• Par le vide, Dieu  nous rendra tout transparent lui-même à son amour et ainsi nos frères pourront se réchauffer  auprès notre cœur.
• Par notre cœur élargi, nous entrerons dans une communion de plus en plus grande avec lui et entre nous.  Notre foi sera en même temps un service de Dieu, et un service social  vis-à-vis des frères, en particulier vis-à-vis des plus pauvres. 
• Et par un saint et pur désir, nous vivrons une unité, une fusion, de plus en plus parfaite entre notre tête, qui est le Christ et son corps, l’Église que nous sommes.
Alors le Père pourra trouver dans ce monde un peuple pauvre, petit, mais qui pourra témoigner en vérité de son amour pour les bons comme pour les méchants. 

Amen

vendredi 21 février 2014

6° dimanche TO A

  • Le Christ est venu nous apprendre à aimer et plus que cela il est venu nous donner d’aimer. 
  • Aimer c’est la seule chose qu’on ne peut pas apprendre et pourtant  nous en avons tellement besoin !

 « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ».
  • Les préceptes de Dieu ne sont pas des lois arbitraires, ou extérieures à l’ homme, mais ces lois sont la loi même de la vie, de notre nature, de l’accomplissement total de notre être.

  • Le Christ  n’a pas donné son sang sur la croix, et n’est pas ressuscité simplement pour nous donner quelques conseils moraux. Mais pour  que nous parvenions à l’image  et à la ressemblance de Dieu lui-même.
  • Il ne s’agit pas de vivre simplement de façon naturelle,  selon  une nature   de qui nous sommes souvent esclaves,  ballottés au gré  de ses forces , mais ce de façon surnaturelle.
  • Les gens appellent  bien souvent liberté le fait de vouloir suivre leur nature, leur passion et la chair. Il s’appelle cela la liberté, car il pense, qu’en  suivant ses tendances, ils trouveront enfin le bonheur, contrecarrer la nature  devient le mal absolu pour notre temps,  comme si nos corps et nos esprits étaient Dieu lui-même.

  • Mais la question est  celle-ci : est-ce que notre nature actuelle sort tout droit du jardin d’Éden ? 
  • Le Christ nous aide à vivre non plus de façon naturelle, mais de façon totalement surnaturelle, c’est-à-dire selon l’Esprit même de Dieu. D’où l’importance de la vie spirituelle. C’est  cette vie que  nous venons de boire dans les sacrements.
  •   Il nous faut vivre donc selon la Grâce, et la Grâce se trouve à Jésus seul, car, Jésus  est la grâce en personne, car il est Dieu et  l’homme parfait.   

  • Comme le feu n’a pas détruit le buisson ardent, l’Esprit-Saint, qui est de nature divine, ne détruit pas notre humanité, mais bien au contraire elle vient l’accomplir.  Voici l’homme véritable : un buisson ardent. L’Esprit-Saint donnant la vie à  nous âmes donnant la vie  à notre corps.
  • Et tous ceux qui ont fait cette expérience de vivre un peu de l’Esprit,  retrouve la  pleine harmonie,   la joie intérieure, 
  • alors, partant de l’intérieur  de ce qu’ils sont,  ils aident les autres à trouver  leur chemin  vers l’accomplissement de leur propre  personnalité.

 Alors Jésus nous redit dans l’Évangile : ne pensez pas que je suis venu abolir, mais accomplir. La loi n’était qu’un pédagogue, pour vous faire mener  à l’âge adulte. Elle n’était qu’un premier éclairage. Comme un enfant qui a besoin d’apprendre les lois de la nage ou pour  faire du vélo, ou toute autre chose, il arrive un temps où on lâche la main de la Loi,  pour vivre selon un vrai accomplissement. 
• Et  pour le Christ, l’accomplissement nous le savons tous, c’est la charité : c’est-à-dire la façon dont Dieu aime.

  • Le meurtre  c’est grave, donc tu en répondras au tribunal : voilà la loi ancienne.
  • Mais avec le Christ la simple colère  répondra au tribunal et si  nous maudissons notre frère,  nous serons passibles de la  géhenne de feu.  Voilà la loi nouvelle !
  •     Entendez bien :  si ton frère a quelque chose contre toi,  s’il a lui,  une grande colère contre toi, alors va d’abord te réconcilier avec ton frère et non pas  si TU as  quelque chose contre lui !. 
  • C’est-à-dire,  si la matière est grave, ne va pas communier sans avoir tout fait pour que le mal que tu as pu faire à ton frère s’il le peut soit réparé.

  • Tu ne commettras pas d’adultère. L’adultère est déjà un péché mortel, et mérite la mort éternelle. Mais celui qui désire une femme, jusqu’à vouloir la mettre dans son lit,  même si c’est au fond de son cœur, est en péché mortel.
  • « Si ton bras entraîne, f si ton oeil entraîne alors arrache-le et coupe-le.»  Cela veut dire, dans la vie il faut parfois  prendre de bonnes décisions, prendre de graves décisions.  
  • C’est bien sûr un langage spirituel, cela veut dire :  arrache  de ton cœur ce qui t’entraîne dans ta chute, ce qui éloigne de Dieu, et donc de toi, ce qui n’est pas de l’amour véritable, ce qui n’est pas de la charité véritable. 

  • Je vois qu’il y a des chrétiens, qui vivent en concubinage, ou en adultère, même depuis des années, et qui acceptent très bien cette situation. Ils ont souvent changé les exigences du Christ pour les adapter à leur façon de vivre. Ces situations font souffrir toute l’Église.  Moi aussi dans ma vie passée j’ai dû prendre parfois de dures décisions, mais ça a toujours été pour un bien réel, car je savais que le Seigneur m’y appelait. 
  • Il ne s’agit de montrer personne, de juger personne. Qui n’est pas pécheur devant Dieu, mais il s’agit d’entendre ce que dit Emile Nicole : « L'image du chrétien mutilé, mais sauvé nous montre quelle peut être l'ardeur de cette lutte et prévient toute association abusive entre la grâce et la facilité. La grâce de Dieu n'a pas pour objet de nous éviter les résolutions difficiles, les sacrifices, les amputations, mais de les rendre possibles » 

•  comme l’a souligné récemment le cardinal O’Malley, faisant partie du « C8 » ( les huit cardinaux choisis pour renouveler le gouvernement de l’Église),  ceux qui s’attendent à des changements majeurs dans l’enseignement de l’Église seront déçus.  Le Pape François demande à l’Église de changer plus son ton que son fond. 

• Le pape n’est pas revenu pour changer la loi, même pour les divorcés-remariés,  car il sait que c’est la loi du Christ. « Eh bien moi je vous dis : tout homme qui renvoie sa femme la pousse à l’adultère et si quelqu’un épouse une femme renvoyée il est adultère »,  Mais pour Jésus la miséricorde et la main tendue est toujours première même s’il demande à la femme adultère de ne plus pécher : « va une pêche plus ».

Enfin le Christ nous demande : Que ton oui soit oui ou que ton nom soit non. Tout le reste vient du mauvais. 
  • Dieu t’a donné la liberté pour dire oui, ou pour dire non, pour choisir entre vie et mort alors va jusqu’au bout de tes choix, car de toute façon un jour ils seront révélés à tous et tu iras comme là où tu dois aller.


  • Oui cette sagesse est bien une sagesse,. Mais c’est sagesse ne vient pas de l’homme, elle ne vient pas  de l’histoire.  Rien dans ce monde aucune loi, ne peut véritablement donner la Sagesse. Car la sagesse vient de Dieu, c’est par elle qu’il a créé ce monde. Et  c’est par cette Sagesse  seule  Qu’il nous sauve.  Car la Sagesse est le Christ lui-même vrai Dieu est vrai homme.

vendredi 7 février 2014

5° dimanche du TO A

    • Une question actuelle : qui est l’homme?
    • L’homme, et un être fini qui est fait  pour l’infini. Il est comme une rose ou un  lys,  qui n’aurait jamais fini de s’épanouir au soleil.      Les animaux, sont des êtres finis, limités, mais pour un but fini. Quand  il meurt; il n’ y a plus rien !    Dieu est un être infini pour un avenir infini et éternel.
    • Ainsi l’homme, qui est pour Dieu, est fait pour un amour illimité. Pour une  évolution constante, et éternelle : soit en bien : c’est le paradis  soit en mal: c’est  l’enfer.
    • Le but de Jésus  Or, c’est bien le but de Jésus : nous rouvrir une route vers un horizon sans fin. Cela peut faire peur. Mais comment avoir peur du but que Jésus nous propose?  Car Jésus en vit à chaque instant : il le respire, le goutte,  c’est sa vie:  c’est son Père.
    •   Jésus veut nous libérer de nos idées,  nos natures, pour nous offrir la grande aventure, la grande révolution de l’amour véritable, du bonheur véritable.
    • C’est ce que le Pape a dit récemment aux jeunes : « Ayez le courage du bonheur ! Ayez le courage du vrai bonheur !»

    • Le programme de Jésus. Voilà le programme du discours sur la montagne de Jésus que l’on inaugure ce dimanche.  À partir du chapitre 5 de Matthieu. Jésus va nous transmettre son souffle, l’air de ses poumons, comme s’il le faisait bouche à bouche. Il va nous aider à respirer à la dimension de l’Esprit.
    • Alors Il proclame : « vous est le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ! Voyant cette lumière les hommes rendront gloire à votre Père qui est  aux Cieux.»
    • Mais d’où vient cette lumière ? D’abord, remarquons que si nous sommes du sel, nous pouvons aussi nous dénaturer  comme le sel et  être piétinés par les gens. 
    • Si nous sommes la lumière du monde, on peut être caché et ne briller pour personne.  On peut ne servir à rien du tout.  Nous sommes des êtres finis qui sont appelés à une lumière infinie,  certes, mais nous sommes faits de terre, donc  par nature, nous sommes fades et  obscurs.
    • Mais tant mieux ! car nous ne  serons pas notre propre lumière ! Ainsi nous pourrons devenir la lumière du monde! Pas simplement  pour notre quartier, la famille, mais du monde, à l’image de Dieu lui-même !
    • Un peu comme le gaz de nos lampes basse-consommation qui ne brille que grâce à l’électricité  qui les fait vibrer, dans le sens propre et figuré. 
    • Plus l’électricité est intense, puissante,  libre et plus le gaz  devient fluorescent.
    • Ainsi  pour nous-mêmes,  plus nous laisserons circuler en nous l’Esprit de vérité, l’Esprit de feu et de lumière, avec rapidité, intensité, liberté, et plus nous deviendrons  lumineux.
    • Mais d’où vient la lumière, qu’est-ce qui, ou qui est la lumière en nous ?
    • «Alors ils rendront gloire à votre père qui est aux cieux» dit Jésus. Cette lumière c’est le Père lui-même ! C’est la gloire du Père.

    • La question  du Père. La lumière du Père, est au début et la fin du sermon sur la montagne.  Ainsi, Jésus vient nous donner cette lumière infinie.      
    • Mais cette image du « Père » n’a-t-elle pas mauvaise presse aujourd’hui ? Ne faut-il pas tuer l’image du père ? Ne faut-il pas se séparer du père pour devenir libre ? Un adulte n’est-il pas celui qui a quitté cette surveillance  dite paralysante ?  Ainsi, l’élimination de Dieu  devient le chemin obligatoire et nécessaire  pour devenir libre ?
    • Ce Père que tant d’hommes aujourd’hui, à la fois espèrent et cherchent à détruire n’est pas celui que nous annonce Jésus, ce n’est pas le Dieu du sermon sur la montagne, ce n’est pas son Père. Ce Dieu-là  ne se trouve pas dans le destin implacable, dans le passé qui prétend survivre.   Ce père ne prétend pas se prolonger dans  ses enfants pour se donner une raison de vivre. Il est déjà comblé par son  Fils éternel.  Mais le Père de Jésus-Christ est celui qui nous a donné la vie par pure gratuité et générosité  sans se crisper sur le don offert.   Le Lys des  champs ne s’épanouit-il pas au soleil de Dieu, l’oiseau n’est-il pas libre comme l’air; alors, comment imaginer que Dieu puisse vouloir aliéner la plus merveilleuse de toutes ses créatures ? Celle dans laquelle il a  déposé sa propre image;  l’homme qui est  à son regard plus précieux que lui-même, car il l’aime. Un peu comme un enfant qui  au regard du père ou de la  mère est plus précieux que lui-même.
    •   Cette lumière est encore celle de la Parole de Dieu,  du Christ Jésus lui-même. Qui veut habiter  en notre esprit,  en nos actes, en nos paroles. Elle est la lumière de  l’Esprit-Saint,  qui vient comme épouser, s’unir à nos cœurs pour nous donner son propre éclat.  C’est la lumière de l’Église, qui est le sel de la vie,  de la terre.  Cette Église est une ville située sur une haute montagne,  pour attirer à elle toutes les nations.  La lumière qu’il qui veut encore se diffuser à travers nous est celle du Royaume de Dieu qui est la plus belle raison  d’espérer pour l’humanité. 


    •  La lumière de la charité. En définitive, cette lumière est celle de la Charité, de l’Amour véritable, qui commence  à rayonner en notre vie comme la plus petite graine du monde et qui doit un jour, si nous le voulons, s’épanouir comme le plus grand des arbres;  mais un arbre qui n’aura jamais fini de croître.
    • Alors oui, s’accomplira pour nous la prophétie d’Isaïe  : si tu partages ton pain avec celui qui a faim, si tu recueilles véritablement chez toi le malheureux sans-abri, si tu couvres de ton vêtement celui qui a froid, alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront rapidement.
    • C’est à cela que le Pape nous invite, à sortir de nous-mêmes pour nous investir dans la vie de l’autre,  non pour le posséder, mais pour le servir. N’avez-vous jamais goûté à cette joie? Lorsque nous pouvons offrir un peu de vous-même?   Lorsque  nous nous libérons de nos prudences égoïstes,  de nos indifférences,  afin de vivre un peu de la charité, un peu comme l’ont vécu d’un Saint-François-d’Assise, ou un Jean-Paul II   ou même une soeur Emmanuelle.
    • Mais pour cela, pas besoin, à l’image que Saint-Paul, du prestige du langage humain, et de la sagesse mondaine.  Un seul compte le Messie, et le Messie crucifié.  Car il est l’amour qui s’offre librement à cette pauvre humanité pécheresse. 
    • Imaginez-vous  vraiment Saint-Paul prêcher dans la faiblesse, tout craintif et tout tremblant, comme il le dit de lui-même ?  Et pourtant c’est ce qu’il  affirme. «Ma proclamation de l’Évangile n’avait rien à voir avec le langage d’une sagesse qui veut convaincre : mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestait en moi» afin que votre foi ne repose pas sur les qualités de Saint-Paul ou sur nos forces, mais sur la foi seule venant de la puissance même de Dieu. Ainsi, en voyant, non pas ce que vous dites d’abord, mais ce que vous faites, les hommes rendront gloire à votre Père qui est aux cieux et qui déjà  brille en vous. Amen

samedi 1 février 2014

4° dimanche TO, LA CHANDELEUR

La vie consacrée

  • les enfants, les premiers-nés des animaux, ou les prémices des récoltes, tout « premier-né » devient un être consacré au Seigneur (LV)
  •   C’est ce que viennent faire Joseph et Marie au Temple du Seigneur, 40 jours après la naissance.
  • Toutes ces cérémonies joyeuses ont pour but de révéler que les premiers-nés, comme toute la descendance, appartiennent au Seigneur.
  • Les enfants ne sont pas un «simple projet parental»,  comme on a trop tendance à le dire aujourd’hui.
  • L’enfant, est donc tout homme,  vient de Dieu, et créée par Dieu, et l’image de Dieu,  et retourne  À Dieu.

  • La vie consacrée dont c’est l’anniversaire aujourd’hui, met l’accent sur DON,  que Dieu nous a fait de la vie, et donc à une réponse joyeuse et gratuite de soi en retour au Seigneur.
  • Ce don de soi n’a de sens que dans l’amour. L’esprit de chasteté, de pauvreté, d’obéissance nous révèle que le Christ aime ainsi l’église dans un mystère d’alliance et d’amour conjugal.

  • C’est pour cela que l’amour entre époux et épouse peut paraître aussi exigeant dans l’église:  consacré par un sacrement cet amour humain ressemble tellement à l’amour de Dieu pour son peuple.

  • Prions donc pour les prêtres, les religieux et religieuses, les mois et les moniales : car tous révèlent le chemin de l’amour, le don total de soi au Seigneur et aux autres, que tous sont appelés à vivre, dans leurs conditions humaines propres.

 Comme le feu du fondeur.

 Isaïe : «Voici que j'envoie mon Messager pour qu'il prépare le chemin devant moi... Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs».

  • Tous sont appelés à rencontrer le Christ et à lui rester fidèles dans l’amour. Mais encore faut-il se laisser purifier comme on vérifie  l’or et l’argent:  il faut  que toutes les scories soient brûlées par le feu.
  • En effet,  l’amour véritable, ou la charité, est comme un feu qui détruit tout ce qui n’est pas lui-même et enflamme tout ce qui lui ressemble.
  • Ce feu de l’esprit, comme le buisson ardent autrefois, enflamme le cœur de Jésus de façon très délicate, mais ne détruit pas en lui son humanité, même celle d’un enfant d’un nouveau-né.

  • Ainsi ce feu est très désirable, et nous n’avons rien à craindre de lui, sinon de fuir.
  • Il vient nous libérer de tout ce qui n’est pas en nos cœurs douceur, simplicité, choix des livres, amitié, vérité. Et il détruira le reste.

  • Il peut naître en nous, pendant un certain temps, une tristesse,  venant des épreuves de la purification et une joie  venant de la présence de Dieu en nos vies.
  • Car qui est triste ? Et qui est joyeux ?
  •   Il est triste celui qui doit mourir en nous : le pêcheur le révolté, celui qui  se suit lui-même en suivant ces plaisirs, au lieu de suivre le Christ, qui est le véritable  bonheur.
  • Il est joyeux, le fils de Dieu qui renaît de ses cendres, de l’eau du baptême, celui qui depuis toujours est appelé par Dieu à renaître.

  • Rien ne peut se faire si nous fuyons l’épreuve. Les femmes remercient le Seigneur après la naissance de leur enfant, cependant rien ne se fait sans souffrance et don de soi.

 Siméon et Anne

  • Siméon et Anne,  sont ces hommes et ces femmes qui se laissent consumés par l’Amour divin toute une vie.
  • Creusés par la Parole divine, éclairée par l’Esprit-Saint, ils  sont à l’écoute du Seigneur, le servant à jour et nuit par le jeune et la prière.
  • Ils savent par la lumière seule de la foi, reconnaître celui qui avait été annoncé dans les temps lointains, le descendant de David, le Christ.

 Tous témoins de la lumière
 - S’ils avaient été la seule à se pencher vers Jésus, leur témoignage aurait peu d’intérêt, mais nous aussi, comme des millions d’autres personnes, nous avons fait la même expérience que Siméon et Anne.
En entrant dans cette église, les cierges à la main, nous nous sommes aussi approchés, plein de joie et d’espérance, vers cet enfant dans les bras de ses parents, eux-mêmes tout étonnés. 

  • Nous sommes aussi éclairés par la seule Foi, qui est comme le cordon ombilical avec le ciel, qui est le canal de la lumière divine pour notre pauvre cœur. Par cette lumière à la fois douce et toute-puissante, par cette intuition, cette conscience profonde, nous avons échappé à l’ esclavage de la mort et du péché. 

  • Nous aussi, nous avons reconnus en cet  enfant, celui qui par sa mort et sa résurrection sera l’unique sauveur de toutes les nations de toutes les cultures de tous les temps. Nous aussi, nous l’avons pris dans nos mains et dans nos cœurs. 

  • Et nous aussi nous sommes maintenant appelés à témoigner de lui comme Siméon et Anne l’ont fait   pour leur génération.
    • L’abandon entre les mains bienveillantes et miséricordieuses du père :  «maintenant  ô maître , tu peux laisser ton serviteur partir en paix »
    • Le témoignage à la vérité : « il sera ainsi de division, afin que le choix  définitif de chacun  soit révélé à tous».
    • Vivre et proclamer l’amour et la miséricorde de Dieu « afin de consoler Israël et toute l’église, nouveau peuple de Dieu. »

•   Ainsi, prenons conscience aujourd’hui que cette lumière nous a été donnée, parce que nous avons écouté,  au plus profond profond de notre cœur et de façon mystérieuse, Dieu en personne.
C’est notre vocation, c’est la vocation de tous les consacrés.

•   SFS disait aussi, aux premières Visitandines, à l’occasion d’une prise d’habit : « « Que vous êtes heureuses, mes chères filles, car vous avez entendu la divine Parole de celui qui, seul, peut pénétrer les cœurs. Il vous a dit un mot en secret et vous lui avez obéi, car, c’est lui seul qui parle au coeur des hommes et, par le même moyen, leur donne la grâce  de faire ce qu’il demande d’eux.» AMEN