Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

samedi 1 septembre 2012

22° dimanche du TO B

Vous vous en êtes sûrement aperçu : il y a des personnes dont on dit : « elle ne fait que s’écouter quand elle parle » !
Peut-être l’avons-nous entendu pour nous...

Et nous, qui écoutons-nous vraiment ?      Nous-mêmes
                            Les autres, les ténèbres
                            Ou le Seigneur

écouter le Seigneur : un exercice constamment à recommencer jour après jour

Pourquoi écouter cette Parole du Seigneur : (1° lecture) « Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. »

La plus fine critique de la philosophie moderne, n’est pas rejeté l’humanisme chrétien, les enseignements du Christ... Mais de refuser qu’il nous soit donné comme de l’extérieur, refuser de les accomplir par le don d’un autre.
C’est un Non farouche à la Grâce et à la miséricorde.

or saint Jacques nous dit « les dons les meilleurs viennent d'en haut »
C’est à dire qu’ils viennent de Dieu

« ils descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières »
Le Père est celui qui est prêt à répondre à toutes nos questions, dans tous les domaines, d’aujourd’hui et de demain; prêt constamment à nous aider
« il n'est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses passagères »

« Il a voulu faire de nous les premiers appelés de toutes ses créatures ».
C’est pour cela que nous sentons un décalage entre ce qu’enseigne le monde et ce que nous avons compris de la vie... Il ne s’agit pas de s’enorgueillir, cela ne vient pas de nous
Mais de remercier et de ce mettre au travail, et que devons nous faire : écouter

« Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vous »

Accueillir humblement cette parole divine, que le Père lui-même sème en nous, en notre cœur par une infinitude de moyen.
« Mais mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l'écouter : ce serait vous faire illusion ».

Car cette parole sauve si on la met pratique, que condamne si on l’oublie.

Dans l’Évangile Jésus, aussi écoute les pharisiens.
Il comprend qu’il n’écoute pas vraiment la Parole de Dieu. Mais ils confondent parole de Dieu et tradition des hommes. Ils prennent leur propre tradition pour Parole de Dieu.
« les doctrines qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains »

Surtout le grand reproche du Christ : « vous laisser de côté Le commandement de Dieu » et quel est-il ?
En Saint-Luc « Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science! « quel est ce commandement, cette clé» que le Seigneur ne nomme pas ?

C’est la Charité, c’est l’amour charitable, c’est elle seule qui peut connaître tout et juger de tout c’est l’unique commandement, qui nous apprend à ne pas s’attacher à l’inutile
«Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés.»

Et Jésus met en application ce qu’il vient de dire... Aucun aliment, rien de ce qui est extérieur à lui et qui entre en lui ne peut lui rendre impur...
C’est une vraie révolution quand on sait combien il y a d’aliments impurs...

Mais c’est ce qui sort de l’homme voilà ce qui rend l’homme impur...
Mais alors, comment me purifier, non pas de crasse extérieure, mais intérieure... Comment puis je entrer dans mon âme, dedans mon cœur afin d’y extraire les plantes mauvaises et pour en tirer le meilleur... ?


Il nous faut accueillir une autre réalité qui vient de l’extérieur, et qui est la pureté elle-même, la Parole de Dieu, le Saint de Dieu, Jésus lui-même.



 
Malachie «le Messager du Seigneur est comme le feu du fondeur et comme la lessive des blanchisseurs.»

Accueillir cette Parole divine, fait chair, en la personne du Christ
L’écouter à la messe
La recevoir pleinement en son humanité
Chercher à la mettre en pratique.

Elle d’abord silence, mais présence aimante et bienfaisante
Elle est aussi parole qui oriente, éclaire, réchauffe, visite, purifie, dénonce, donne joie et paix.

Si cette parole est méditée, mangé, alors elle nous transforme de l’int
IL nous faut nous ouvrir sans peur, mettre notre cœur à nu devant elle, écouter humblement, accepter d’aller là où elle nous entraîne, parfois l’humiliation et parfois exaltation.
Accepter d’aller pleurer au fond de nos nuits
Accepter voler plus haut que les étoiles ....

Comment savons que cette parole porte fruits en nous, comment savons-nous qu’elle a accompli son travail ? 
C’est lorsqu’on la met en pratique, lorsque l’oeuvre suit l’écoute.
Lorsque commence à bouger ce qui était mort... Voir ce qui était aveugle. Etc...
Lorsque nous agissons pour le bien de tous et pour ceux des plus pauvres : «la manière pure de pratiquer la religion, c’est de venir en aide aux orphelins et aux veuves»
«Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d'or, tandis que lui-même meurt de misère ?» saint Jn Chrisostome

Mais pas comme lorsqu’on met en pratique une parole de façon hypocrite : on fait l’acte extérieurement, mais rien n’est touché, mis en oeuvre intérieurement. Nos actes ne viennent pas du fond de la racine de nous-mêmes : du cœur.
(comme quand on fait quelque chose pour se débarrasser de la personne, sans adhérer à ce qu’elle demande)
«Tout par amour, rien par force» dirait saint F de Sales.

Et sainte Thérèse disait dans un de ces poèmes : « ton corps, c’est ton cœur» c’est à dire, ce qu’on te voit faire extérieurement, c’est ce qu’il y a intérieurement, ce qu’on voit dans ton corps c’est ce qu’il y a dans ton cœur!

Puisse t ton nous aussi être de ceux qui accueille humblement la Parole de Dieu, pour grandir dans notre dimension de fils de Dieu
Puisse t on être ceux, qui purifier, s’entendront dire : «ton corps c’est ton cœur» ce qu’on te voit faire ou dire, vient du fond de cœur, de Dieu lui-même

Amen. 


dimanche 5 août 2012

17° dimanche du TO B

    Bonjour,
    Ces textes tombent très bien pour cette première messe ici  à saint Martin
   
Jésus nous dit « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif. »

    N’est-ce pas l’essentiel du ministère du prêtre, de donner le Christ en nourriture à tous ceux qui ont faim et soif?
« donner-leur vous-mêmes à manger » demande Jésus en Mt 14

    Pour cela Jésus, comme le Seigneur avec Israël (1°lecture), nous entraîne dans le désert ...  Car Il veut nous donner autant faim qu’à manger , autant soif qu’à boire. Combien de fois nous aussi, nous faisons l’expérience du désert, que nous cherchons à aimer le Christ ou non ...


    Cependant la foule dans l’Évangile, qui vient de vivre la multiplication des pains suit le Christ, car ce n’est pas seulement le ventre qui a été rempli, mais leur cœur,
« vous me chercher non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasié »

    À travers ce geste de Jésus, c’est leur cœur qui a été nourri. Ils ont trouvé quelqu’un qui avait pitié d’eux, qui les nourrissait et venait pour les rassasier.

    Mais comment aller plus loin, comment passer des nourritures matérielles aux nourritures spirituelles? Que faut-il croire , vers qui se tourner ..?

« Que faut-il faire pour travailler à l’oeuvre de Dieu ?» demandent les disciples .
«L’oeuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Celui qu’il a envoyé». Réponds le Christ .

L’unique oeuvre de Dieu, l’unique sens de toute la création c’est que vous croyiez dans le Christ.
    Encore faut il avoir non seulement faim et soif, mais faut-il manger et boire réellement. François de Sales nous dit que méditer c’est cela manger et contempler, c’est cela être rassasié.

«Manger, c’est méditer; car en méditant on mâche, tournant çà et là la viande spirituelle entre les dents de la considération pour la réduire, froisser et digérer, ce qui se fait avec quelque peine. Boire, c’est contempler, et cela se fait sans peine ni résistance, avec plaisir et coulamment.»

    En effet, on peut aller à la messe rapidement,  lire les textes distraitement, communier sans amour, et retourner à sa place sans se laisser transformer, ni prier ... 

    Une communion sans méditation ni contemplation est une communion perdue. Nous ne nous laissons pas nourrir par l’amour du Christ, nous ne nous laissons pas transformer par l’Esprit Saint reçu? C’est comme si on avalait une noisette sans casser la coquille ou un gâteau sans enlever le plastique qui l’entoure. Nous ne sommes pas nourris, cela ne sert à rien.

    Il s’agit donc de méditer et contempler. Méditer, c’est d’abord, écouter. Car, de fait, si la nourriture matérielle entre par la bouche, la nourriture spirituelle entre par les oreilles. Car être nourri c’est d’abord écouter la parole, «l’homme ne se nourrit pas simplement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu».

    C’est saisir avec le coeur, plus qu’avec l’intelligence, combien Dieu est Amour, Bonté, source inépuisable de vie et de nourriture pour nos pauvres âmes, nos pauvres cœurs.
    Méditer, c’est aussi regarder pour attendrir le cœur, pour l’entraîner à suivre le Christ, pour trouver de bonnes raisons afin de croire dans le Fils de l’homme.
    Nous pouvons regarder une scène d’Évangile, regarder les mains du Christ guérir, imaginer son regard. En définitive, voir combien par sa croix il prend sur Lui l’homme ancien que nous sommes et combien pour sa résurrection, il vient revivre avec nous et pour nous,  tous ses mystères . 

    Et contempler ? Contempler n’est-ce pas boire, selon St F de Sales. S’enivrer même? C’est-à-dire se laisser remplir tout entier par la joie, vive et sobre de l’Esprit Saint; c’est se laisser toucher, c’est courir vers le bien-aimé, sans plus aucune entrave, ni hésitation. C’est boire à grand trait la vie.  C’est trouvé dans le ressuscité, son Roi, son Berger, son intime, son tout.

    Si ce travail se fait bien , comme la première des priorités à remplir, afin de vivre, et de vivre pleinement , éternellement, alors nous faisons l’expérience que toutes les autres dimensions de nos vies, individuelles, familiales ou sociales se transforment peu à peu.
«Il s'agit de vous défaire de votre conduite d'autrefois, de l'homme ancien qui est en vous, afin d’adopter le comportement de l'homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité, à l'image de Dieu» ...

    Seule la puissance de toute la personne de Jésus, à la fois humaine et divine peut nous libérer de l’orgueil, et du péché, et nous donner de tenir jour après jour, heure après heure, et dans toutes les circonstances, dans la réalité de l’homme nouveau, recréé saint comme Dieu est saint.

    Ainsi, le Christ, par sa Parole et par son corps, fera de nous son corps. Nous deviendrons ensemble, mystérieusement, à la mesure de notre sainteté, à la fois individuelle et communautaire, la chair de Dieu pour notre temps, son visage pour nos contemporains. Ainsi le veut son humilité ... Se faire connaître par nous.
Alors la flamme de la Foi, par laquelle nous sommes sauvés, pourra prendre à d’autres, s’ils le désirent à la Gloire du Père

AMEN

16° dimanche du TO B

à venir ...

samedi 14 juillet 2012

15° dimanche du TO B

1ère lecture : Am 7, 12-15 Psaume : Ps 84, 9-14
2ème lecture : Ep 1, 3-14
Evangile : Mc 6, 7-13


Première lecture : Amos se retrouve alors sur une terre étrangère. Lui du Sud, de Judée, il va être envoyé par le Seigneur au nord, dans le Royaume d’Israël.  Dans  une position de faiblesse, il défendra les intérêts du Seigneur, mais son aventure va tourner court.
 En réalité, Amos, par la précarité de sa situation, est totalement libre de parler au nom de Dieu.

- C’est la condition du prophète, libre de soi et des autres pour être tout à Dieu
Cela devrait être aussi notre condition à nous les baptisés si nous acceptons notre métier de prophète.

Évangile : Jésus envoie ses disciples deux par deux,  sans pain, sans sandales .....

    Les prêtres de Bethel, ou les prophètes qui travaillaient dans ce temple du Nord se croyaient aussi au service du Seigneur, mais c’était le contraire.
S’étant adaptés à la mentalité du moment, ils vivaient un culte sans grands profits spirituels, mais par contre avec un grand profit matériel pour eux. 

    Or le véritable prophète dérange. Les hommes n’aiment pas être dérangés dans leur conscience, d’être bousculé, emmené là où ils ne veulent pas aller. En fait, on s’est fait sa religion, avec ses rites, sa morale. On asperge tout cela d’eau bénite, on a appelé cela la volonté du Seigneur, mais en fait ce n’est qu’une idole de plus...

    Le prêtre dit en effet de Béthel que « c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume », alors que le prophète vient rappeler que Béthel est un nom qui signifie « maison de Dieu ».

  
    Dans l’Evangile, Jésus tient manifestement à la pauvreté, à cet abandon dans la main de Dieu.

    la pauvreté permet de ne pas s’installer, de ne pas à avoir à défendre nos intérêts;  Et si nous avons chemises, pain .. ils sont toujours à considérer comme un don de Dieu.

    En tous les cas, se demander : si le Seigneur désire que je quitte tout pour le suivre aujourd’hui, comme il le demanda au jeune homme riche, suis-je prêt à tout laisser pour Lui ou suis je trop attacher à mes biens... ?  Matériel, ou spirituels comme ma réputation, mon honneur, ma tranquillité, que sais-je ....
  
    Les véritables disciples sont pauvres, simples, pour que Dieu lui-même puisse être fort en eux : ils peuvent chasser les démons...  Le premier bagage a emporter est donc l’autorité reçue sur les esprits mauvais. Elle arrive en tête de liste, bien avant tout autre.
Avant de pouvoir bâtir, il nous faut détruire, avec charité, mais sans compromis, l’oeuvre des ténèbres. Chasser tous pouvoirs mauvais, consentis ou non par les consciences : rude combat...

Cela montre que le travail de l’Évangélisation est essentiellement non un endoctrinement, mais une libération...  une libération pour une adhésion libre au Christ !!

Il les envoie deux par deux, pourquoi ?

• La loi mosaïque spécifie qu’un témoignage n’est valide qu’attesté par deux témoins. Ceux que Jésus envoie sont donc des témoins.

• Ainsi Jésus ne les envoie pas pour convertir, ou pour enseigner d’abord une doctrine, mais pour témoigner. Être envoyé, deux par deux insiste sur cette dimension du témoignage qui devient premier.

• ils ne témoignent pas d’eux mêmes, puisqu’ils sont deux. Il ne s’agit pas de se prendre pour un sauveur du monde, comme trop de nos intellectuels ou de nos philosophes, mais de témoigner de quelqu’un d’autre.

• Oui, le message du Christ, n’est pas un slogan, mais c’est l’amour. En les envoyant deux par deux, Jésus enseigne aussi à ses disciples que leur façon de vivre doit être la première à parler de l’évangile. Ils doivent être reconnus pour ce qu’ils sont, les disciples de Jésus-Christ, à la façon dont ils s’aiment, des frères en Christ.

    Ils partent donc en proclamant qu’il fallait se convertir... Car pour entrer dans le Royaume de Dieu nous avons tous à nous convertir. Mais qui veut vraiment se convertir ... ?  On se trouve très bien comme cela ..

    Ce qui est rassurant, c’est que les disciples n’ont pas besoin de rester dans les maisons, avec les personnes qui ne veulent pas les entendre. Ils ne doivent pas faire de l’acharnement thérapeutique à coup d’Évangile. Mais il nous est demandé cependant de témoigner, auprès des personnes, auprès des groupes humains. Cela peut difficile, car nous devons accepter les moqueries. Nous devons accepter qu’un proche ne nous suive pas dans notre Foi, accepter le décalage psychologique (ce sera une preuve d’amour). Mais cette attitude que nous demande le Christ est aussi libératrice : nous pouvons ne pas rester et aller vers ceux qui nous accueilleront mieux. La réussite n’est pas demandée, car souvent comme Amos, c’est l’échec, mais il nous est demandé de témoigner simplement sans insister.

    Cependant des hommes se lèveront à chaque époque pour témoigner à leur tour de la vérité du Christ. (parents scouts)
À chaque fois ce sera un émerveillement, un véritable miracle... Une épiphanie...


    Saint Paul nous aide à comprendre qu’en fait l’œuvre de l’Évangélisation et de la nouvelle évangélisation n’est pas d’abord œuvre humaine. 
    On s’attache tellement à ce que l’on fait, que l’on pourrait croire que c’est nous qui provoquons par nos qualités personnelles le retournement des cœurs...

    Non, tout cela est l’oeuvre du Seigneur qui se déploie dans l’histoire et dans nos vies... Le Seigneur nous laisse libre de répondre, mais tout est depuis l’Éternité dans le plan de Dieu.

    Cela peut soit nous effrayer, soit nous faire faire contempler et méditer pendant des heures.
«Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.
En lui, il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l'amour, saints et irréprochables sous son regard.»

    On se croyait pauvre et perdu, comme Amos, envoyé dans un temple du Nord, lui qui était du sud, de Juda.
    En fait, nous sommes au service du Seigneur, et c’est Lui que nous servons. Que nous soyons envoyé à nos proches, ou dans une autre région, ou un autre pays. C’est toujours Lui que nous servons.
    Nous ne sommes pas là pour faire du prosélytisme, nous sommes envoyés deux par deux, car nous avons à témoigner, par toute notre vie, en Église et non tout seul, du Christ Jésus.

    On croyait que notre conversion ou que celle des autres dépendait d’abord de nous. Certes rien ne peut se faire sans nous. Mais grâce à l’Esprit saint, on réalise peu à peu que c’est Dieu notre Père, qui est venu, nous chercher, nous parler au creux de l’oreille, à notre cœur... Que sans lui rien n’aurait pu se faire, nous serions restés aussi orgueilleux qu’un paon, aussi buté qu’un âne... Aussi impur qu’un porc..

    C’est Lui, qui depuis le fond des âges, voyant notre bonne volonté, répondant à sa Grâce, nous a prédestiné à le connaître par avance. Mais cette connaissance si elle est plénitude du Salut pour nous, elle est aussi un devoir de témoignage pour les autres...  Nous sommes les prémices d’un monde nouveau, rien n’est encore fini ..

    le Seigneur appellera ainsi tous ceux qui, dans le mystère de la liberté humaine, accepteront en fin de compte, après bien des égarements, des erreurs, des doutes, des péchés, des allés et venues,
D’écouter la parole de Dieu , la parole de la vérité et de la vie...
Afin que nous soyons tous ses fils par Jésus Christ à la louange de sa Gloire...

vendredi 13 juillet 2012

14° dimanche du temps ordinaire B


Quatorzième dimanche du temps ordinaire 

Livre d'Ézéchiel 2,2-5.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,7-10. 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,1-6. 

 

 « Ma puissance trouve toute sa mesure dans ta faiblesse » dite Jésus à Paul.


Comment être faible peut-il être positif ?
Notre société refuse et même hait la faiblesse. Il faut être fort dans tous les domaines, travail, société et même dans l’intimité !
Notre société manque de projet, alors les plus forts règnent et leur violence.

Pourquoi Jésus répond-il cela à Paul ?

Plus on est faible et plus le Christ, vrai homme et vrai Dieu, peut déployer toute sa Puissance en nous.
Ce n’est pas l’éloge de la faiblesse pour elle-même, mais Jésus nous demande d’être non par nous-mêmes si faibles, mais par lui
Nous pouvons voir que dans sa vie, Paul déploie une force incroyable.

-Ainsi le problème de ce monde, notre problème, c’est de n’être pas assez pauvre, petit faible.
Si nous étions vraiment faibles, le Christ pourrait être vraiment lui en nous. Mon on résiste, on a du mal à mourir à nous-mêmes, on se rebiffe, on s’attache, on s’offense ....
Plus on est plein d’orgueil, de nous, et moins il peut être tout en nous.
Il ne s’agit pas de ne plus exister, mais de ne plus avoir son principe de vie en soi... Mais devenir fort en lui
Ste Th d’Avila demandait à ses filles d’être solides comme une armée de légionnaires

Ainsi, parallèlement, notre problème ce n’est pas de vivre. Vivre, nous vivrons, ou nous existerons toujours, car Dieu est éternel, et Il nous donnera toujours la vie. Mais que ferons-nous de cette vie ?

Ainsi notre problème n’est pas tant de vivre, mais de mourir. Car si nous étions vraiment morts, sans plus aucune volonté propre, nous serions pleinement vivants, et nous deviendrons enfin nous-mêmes !

C’est ce que veut dire ce poème de saint Jean de la Croix.
1. Je ne vis plus en moi
et vivre sans Dieu je ne puis;
Si je reste sans lui et sans moi
Que deviendra ma vie ?
Mille morts il me sera,
Puisque ma vie elle-même aspire,
En mourant à ne pas mourir.

Alors, je vis sans vivre
Car je meurs de ne pas mourir

Ce poème de saint Jean de la croix exprime l’appel de l’Amour. C’est l’âme qui se sent puissamment aspirée, éprise de l’amour divin, mais elle est attachée à elle-même, par ses péchés, par son refus de se donner, de mourir, de n’être plus en rien afin d’être tout.
Car elle sait, dans sa Foi que Dieu veut tout lui donner, se donner et lui offrir son amour lui-même, comme un vent du sud, une vallée solitaire, une colombe de feu.
Mais elle doit mourir à elle-même, à sa veille humanité, elle doit mourir pour devenir une toute nouvelle créature. Elle voudrait devenir toute faiblesse, pour devenir tout accueille, toute féminine pour qu’enfin l’amour divin puisse faire tout en elle...
Mais elle se plaint, elle pleure, car elle se sent prisonnière d’elle même et de sa vie... Elle voudrait mourir pour voler enfin dans la lumière dès aujourd’hui, mais elle ne le peut pas encore, car elle est trop attachée; alors elle meurt de ne pas mourir, elle vit l’exil jusqu’au jour infiniment heureux ou elle pourra s’échapper comme l’oiseau de sa cage... D’elle même .

Et l’Évangile ?
Là aussi nous voyons Jésus dans sa faiblesse d’homme, et Dieu aussi dans un sens.
À Nazareth, dans sa synagogue, Jésus n’est pas reconnu par les siens. Parce qu’il est trop connu, il en devient inconnu.
Ils l’ont connu dans les bras de sa mère, ils ont manié ensemble la scie et le rabot.
Alors « quelle est cette sagesse qu’il lui a été donné et ces grands miracles ? »
« n’est-il pas le fils du charpentier ? »
Ils le connaissent trop dans sa réalité d’homme, dans sa faiblesse, pour voir la Puissance de Dieu se déployer en Lui !
Là « il ne peut faire aucun miracle »
« Un prophète n’est méprisé que dans sa maison », constate Jésus.

Le métier de prophète ou de Messie n’est pas facile... Il doit dire l’infinie proximité de Dieu, son Amour, et rappeler les exigences de cet amour.
Dénoncer ce qui nous sépare de Dieu et des hommes.

Et ce métier c’est le nôtre

En ce temps de vacances, demandons au Seigneur d’accepter nos faiblesses pour trouver notre force en Lui.
Prenons le temps aussi de découvrir nos proches, ceux qui vivent depuis trop longtemps avec nous, ceux qui ne nous étonnent plus.
Le Christ veut nous parler par eux. Et nous ? Voulons-nous nous renouveler dans notre présence à Lui par nos frères ?
N’oublions pas Dieu et l’Amour de notre amour. 
AMEN.

mercredi 4 juillet 2012

13° dimanche TO B


1ère lecture : Dieu n'a pas fait la mort (Sg 1, 13-15; 2, 23-24)

Psaume : 29, 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13

2ème lecture : La générosité du Christ, motif de la nôtre (2Co 8, 7.9.13-15)

Evangile : Résurrection de la fille de Jaïre - Guérison d'une femme (Mc 5, 21-43)

  

Pour vous, qui suis-je ? demandait Jésus aux apôtres, Pierre répondit : « tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant »
Ce dimanche je pourrais vous poser la question « pour vous, qui est l’Église ? »

Car dans cet évangile nous parlons de l’Église ... Et à travers elle de toute l’humanité.
Elle est comme une petite fille à l’extrémité
Elle est comme cette femme qui cherche Jésus, car elle perd son sang.

L’Église est mortellement blessée.
- Comme cette petite fille qui est à toute extrémité : « viens lui imposer les mains afin qu’elle vive » demande son papa à Jésus. Jésus va alors imposer les mains à cette enfant. À tous les enfants, par la grâce du baptême. Il veut sauver tous les enfants, cet enfant, mais tous les enfants exploités, persécutés, il veut sauver tous les hommes au cœur d’enfant.
- Comme cette femme qui perd son sang, doucement, mais sûrement. Elle perd son sang, sa vie. Comme elle, les hommes se vident d’eux-mêmes, de leur vie peu à peu, et n’arrivent pas à trouver le chemin de la vie éternelle. Ils sont vivants certes, mais pour combien de temps ? Comme beaucoup, elle a été voir tant de « médecins », elle s’est tournée vers tous ceux qui lui promettaient bonheur, prospérité, guérison, longue vie, vers toutes les idoles du pays, mais son état à plutôt empiré.

Or Jésus a dit « je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’ai en surabondance » Mt 10

Et cette jeune fille, et cette femme qu’il sauve dans cet Évangile, c’est bien l’Église. Nous retrouvons pour les deux le chiffre 12, qui dans la Bible est le chiffre de Dieu (ancien ou nouveau Testament)
la petite fille meurt à douze ans
La femme perd son sang depuis douze ans.
Ce n’est pas deux femmes que Jésus vient sauver, mais une seule femme, une seule épouse: la sienne ! L’Église.

Jésus vient sauver ses femmes en se laissant toucher ou en touchant. (son manteau ou en prenant la petite fille par la main)

Remarque : dans le lévitique est impur celui qui touche une femme qui perd son sang, et est impur aussi celui qui touche un cadavre. (Lv 15, 19 - Nb 9, 6 sv)
Or Jésus va accepter de devenir impur rituellement, de prendre sur lui l’impur. (maladie ou mort); il va prendre sur lui le péché, et la mort elle-même.  Mais sa pureté est toute puissante, rien ne peut le souiller. Il va se relever de la mort et redonner la vie à tous ceux qui se tourneront vers Lui.

Mais pour bénéficier d’une telle grâce, il faut avoir la « Foi qui touche »; comme la femme qui voulut toucher le vêtement de Jésus. « Si je parviens à toucher son vêtement, je serai sauvé ».
C’est bien du Salut dont parle la femme, Salut total et éternel

Mais qu’est-ce que la Foi qui touche ?
- La Foi qui ne craint pas de s’avancer malgré les critiques et les moqueries de la foule comme Jaïre le chef de la synagogue, comme cette femme.
- La Foi qui veut aller au-delà de toutes les impossibilités humaines
- La Foi qui voit plus loin que les apparences: « elle n’est pas morte, elle dort »,
- la Foi qui voit en cet homme de Nazareth, Jésus, le Fils divin de Dieu,  la Foi qui lorsque nous communion, prend Dieu dans ses mains.
- La Foi enfin qui touche le cœur de Jésus. Jésus est entouré d’une foule compacte, mais une seule dans cette foule le touche « Qui a touché mes vêtements ? » 


Quel amour montre Jésus dans cet épisode avec cette pauvre Église, avec cette pauvre humanité. 
- Jésus part avec le père, il le soutient par sa présence, il prend du temps avec lui.
- Ce n’est pas la foule, la réussite que cherche Jésus, mais le cœur aimant, espérant, cherchant.
- Jésus veut nous connaître personnellement (qui m’a touché?)
- Il veut nous donner la paix : « Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Et nous quelle attitude allons-nous avoir ... ?
Allons-nous nous approcher du Seigneur avec la "Foi qui touche" ?
Croyons-nous que tout lui est possible ?

Nous qui sommes des riches, nous demandons au Seigneur pour soi ou pour les autres, du bout des lèvres.
Mais quand nous prions, il faut prier avec cœur, implorer comme ce père qui va perdre sa petite enfant, ou cette femme qui sent la vie sortir d’elle-même jusqu’à la mort.

Dieu ne veut pas la mort, mais la vie : « Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il a créé toutes choses pour qu'elles subsistent »
Et nous ? Désirons-nous vraiment vivre ? Désirons vraiment que nos frères vivent ?