Toutes les homélies sont triées par temps particulier (AVENT, NOËL, CARÊME...) ou par année (A, B, C) pour le temps ordinaire. ... prière d'excuser parfois le style télégraphique (mode oral). Je ne prends pas toujours le temps de tout bien relire ...

samedi 14 juillet 2012

15° dimanche du TO B

1ère lecture : Am 7, 12-15 Psaume : Ps 84, 9-14
2ème lecture : Ep 1, 3-14
Evangile : Mc 6, 7-13


Première lecture : Amos se retrouve alors sur une terre étrangère. Lui du Sud, de Judée, il va être envoyé par le Seigneur au nord, dans le Royaume d’Israël.  Dans  une position de faiblesse, il défendra les intérêts du Seigneur, mais son aventure va tourner court.
 En réalité, Amos, par la précarité de sa situation, est totalement libre de parler au nom de Dieu.

- C’est la condition du prophète, libre de soi et des autres pour être tout à Dieu
Cela devrait être aussi notre condition à nous les baptisés si nous acceptons notre métier de prophète.

Évangile : Jésus envoie ses disciples deux par deux,  sans pain, sans sandales .....

    Les prêtres de Bethel, ou les prophètes qui travaillaient dans ce temple du Nord se croyaient aussi au service du Seigneur, mais c’était le contraire.
S’étant adaptés à la mentalité du moment, ils vivaient un culte sans grands profits spirituels, mais par contre avec un grand profit matériel pour eux. 

    Or le véritable prophète dérange. Les hommes n’aiment pas être dérangés dans leur conscience, d’être bousculé, emmené là où ils ne veulent pas aller. En fait, on s’est fait sa religion, avec ses rites, sa morale. On asperge tout cela d’eau bénite, on a appelé cela la volonté du Seigneur, mais en fait ce n’est qu’une idole de plus...

    Le prêtre dit en effet de Béthel que « c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume », alors que le prophète vient rappeler que Béthel est un nom qui signifie « maison de Dieu ».

  
    Dans l’Evangile, Jésus tient manifestement à la pauvreté, à cet abandon dans la main de Dieu.

    la pauvreté permet de ne pas s’installer, de ne pas à avoir à défendre nos intérêts;  Et si nous avons chemises, pain .. ils sont toujours à considérer comme un don de Dieu.

    En tous les cas, se demander : si le Seigneur désire que je quitte tout pour le suivre aujourd’hui, comme il le demanda au jeune homme riche, suis-je prêt à tout laisser pour Lui ou suis je trop attacher à mes biens... ?  Matériel, ou spirituels comme ma réputation, mon honneur, ma tranquillité, que sais-je ....
  
    Les véritables disciples sont pauvres, simples, pour que Dieu lui-même puisse être fort en eux : ils peuvent chasser les démons...  Le premier bagage a emporter est donc l’autorité reçue sur les esprits mauvais. Elle arrive en tête de liste, bien avant tout autre.
Avant de pouvoir bâtir, il nous faut détruire, avec charité, mais sans compromis, l’oeuvre des ténèbres. Chasser tous pouvoirs mauvais, consentis ou non par les consciences : rude combat...

Cela montre que le travail de l’Évangélisation est essentiellement non un endoctrinement, mais une libération...  une libération pour une adhésion libre au Christ !!

Il les envoie deux par deux, pourquoi ?

• La loi mosaïque spécifie qu’un témoignage n’est valide qu’attesté par deux témoins. Ceux que Jésus envoie sont donc des témoins.

• Ainsi Jésus ne les envoie pas pour convertir, ou pour enseigner d’abord une doctrine, mais pour témoigner. Être envoyé, deux par deux insiste sur cette dimension du témoignage qui devient premier.

• ils ne témoignent pas d’eux mêmes, puisqu’ils sont deux. Il ne s’agit pas de se prendre pour un sauveur du monde, comme trop de nos intellectuels ou de nos philosophes, mais de témoigner de quelqu’un d’autre.

• Oui, le message du Christ, n’est pas un slogan, mais c’est l’amour. En les envoyant deux par deux, Jésus enseigne aussi à ses disciples que leur façon de vivre doit être la première à parler de l’évangile. Ils doivent être reconnus pour ce qu’ils sont, les disciples de Jésus-Christ, à la façon dont ils s’aiment, des frères en Christ.

    Ils partent donc en proclamant qu’il fallait se convertir... Car pour entrer dans le Royaume de Dieu nous avons tous à nous convertir. Mais qui veut vraiment se convertir ... ?  On se trouve très bien comme cela ..

    Ce qui est rassurant, c’est que les disciples n’ont pas besoin de rester dans les maisons, avec les personnes qui ne veulent pas les entendre. Ils ne doivent pas faire de l’acharnement thérapeutique à coup d’Évangile. Mais il nous est demandé cependant de témoigner, auprès des personnes, auprès des groupes humains. Cela peut difficile, car nous devons accepter les moqueries. Nous devons accepter qu’un proche ne nous suive pas dans notre Foi, accepter le décalage psychologique (ce sera une preuve d’amour). Mais cette attitude que nous demande le Christ est aussi libératrice : nous pouvons ne pas rester et aller vers ceux qui nous accueilleront mieux. La réussite n’est pas demandée, car souvent comme Amos, c’est l’échec, mais il nous est demandé de témoigner simplement sans insister.

    Cependant des hommes se lèveront à chaque époque pour témoigner à leur tour de la vérité du Christ. (parents scouts)
À chaque fois ce sera un émerveillement, un véritable miracle... Une épiphanie...


    Saint Paul nous aide à comprendre qu’en fait l’œuvre de l’Évangélisation et de la nouvelle évangélisation n’est pas d’abord œuvre humaine. 
    On s’attache tellement à ce que l’on fait, que l’on pourrait croire que c’est nous qui provoquons par nos qualités personnelles le retournement des cœurs...

    Non, tout cela est l’oeuvre du Seigneur qui se déploie dans l’histoire et dans nos vies... Le Seigneur nous laisse libre de répondre, mais tout est depuis l’Éternité dans le plan de Dieu.

    Cela peut soit nous effrayer, soit nous faire faire contempler et méditer pendant des heures.
«Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.
En lui, il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l'amour, saints et irréprochables sous son regard.»

    On se croyait pauvre et perdu, comme Amos, envoyé dans un temple du Nord, lui qui était du sud, de Juda.
    En fait, nous sommes au service du Seigneur, et c’est Lui que nous servons. Que nous soyons envoyé à nos proches, ou dans une autre région, ou un autre pays. C’est toujours Lui que nous servons.
    Nous ne sommes pas là pour faire du prosélytisme, nous sommes envoyés deux par deux, car nous avons à témoigner, par toute notre vie, en Église et non tout seul, du Christ Jésus.

    On croyait que notre conversion ou que celle des autres dépendait d’abord de nous. Certes rien ne peut se faire sans nous. Mais grâce à l’Esprit saint, on réalise peu à peu que c’est Dieu notre Père, qui est venu, nous chercher, nous parler au creux de l’oreille, à notre cœur... Que sans lui rien n’aurait pu se faire, nous serions restés aussi orgueilleux qu’un paon, aussi buté qu’un âne... Aussi impur qu’un porc..

    C’est Lui, qui depuis le fond des âges, voyant notre bonne volonté, répondant à sa Grâce, nous a prédestiné à le connaître par avance. Mais cette connaissance si elle est plénitude du Salut pour nous, elle est aussi un devoir de témoignage pour les autres...  Nous sommes les prémices d’un monde nouveau, rien n’est encore fini ..

    le Seigneur appellera ainsi tous ceux qui, dans le mystère de la liberté humaine, accepteront en fin de compte, après bien des égarements, des erreurs, des doutes, des péchés, des allés et venues,
D’écouter la parole de Dieu , la parole de la vérité et de la vie...
Afin que nous soyons tous ses fils par Jésus Christ à la louange de sa Gloire...

vendredi 13 juillet 2012

14° dimanche du temps ordinaire B


Quatorzième dimanche du temps ordinaire 

Livre d'Ézéchiel 2,2-5.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,7-10. 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,1-6. 

 

 « Ma puissance trouve toute sa mesure dans ta faiblesse » dite Jésus à Paul.


Comment être faible peut-il être positif ?
Notre société refuse et même hait la faiblesse. Il faut être fort dans tous les domaines, travail, société et même dans l’intimité !
Notre société manque de projet, alors les plus forts règnent et leur violence.

Pourquoi Jésus répond-il cela à Paul ?

Plus on est faible et plus le Christ, vrai homme et vrai Dieu, peut déployer toute sa Puissance en nous.
Ce n’est pas l’éloge de la faiblesse pour elle-même, mais Jésus nous demande d’être non par nous-mêmes si faibles, mais par lui
Nous pouvons voir que dans sa vie, Paul déploie une force incroyable.

-Ainsi le problème de ce monde, notre problème, c’est de n’être pas assez pauvre, petit faible.
Si nous étions vraiment faibles, le Christ pourrait être vraiment lui en nous. Mon on résiste, on a du mal à mourir à nous-mêmes, on se rebiffe, on s’attache, on s’offense ....
Plus on est plein d’orgueil, de nous, et moins il peut être tout en nous.
Il ne s’agit pas de ne plus exister, mais de ne plus avoir son principe de vie en soi... Mais devenir fort en lui
Ste Th d’Avila demandait à ses filles d’être solides comme une armée de légionnaires

Ainsi, parallèlement, notre problème ce n’est pas de vivre. Vivre, nous vivrons, ou nous existerons toujours, car Dieu est éternel, et Il nous donnera toujours la vie. Mais que ferons-nous de cette vie ?

Ainsi notre problème n’est pas tant de vivre, mais de mourir. Car si nous étions vraiment morts, sans plus aucune volonté propre, nous serions pleinement vivants, et nous deviendrons enfin nous-mêmes !

C’est ce que veut dire ce poème de saint Jean de la Croix.
1. Je ne vis plus en moi
et vivre sans Dieu je ne puis;
Si je reste sans lui et sans moi
Que deviendra ma vie ?
Mille morts il me sera,
Puisque ma vie elle-même aspire,
En mourant à ne pas mourir.

Alors, je vis sans vivre
Car je meurs de ne pas mourir

Ce poème de saint Jean de la croix exprime l’appel de l’Amour. C’est l’âme qui se sent puissamment aspirée, éprise de l’amour divin, mais elle est attachée à elle-même, par ses péchés, par son refus de se donner, de mourir, de n’être plus en rien afin d’être tout.
Car elle sait, dans sa Foi que Dieu veut tout lui donner, se donner et lui offrir son amour lui-même, comme un vent du sud, une vallée solitaire, une colombe de feu.
Mais elle doit mourir à elle-même, à sa veille humanité, elle doit mourir pour devenir une toute nouvelle créature. Elle voudrait devenir toute faiblesse, pour devenir tout accueille, toute féminine pour qu’enfin l’amour divin puisse faire tout en elle...
Mais elle se plaint, elle pleure, car elle se sent prisonnière d’elle même et de sa vie... Elle voudrait mourir pour voler enfin dans la lumière dès aujourd’hui, mais elle ne le peut pas encore, car elle est trop attachée; alors elle meurt de ne pas mourir, elle vit l’exil jusqu’au jour infiniment heureux ou elle pourra s’échapper comme l’oiseau de sa cage... D’elle même .

Et l’Évangile ?
Là aussi nous voyons Jésus dans sa faiblesse d’homme, et Dieu aussi dans un sens.
À Nazareth, dans sa synagogue, Jésus n’est pas reconnu par les siens. Parce qu’il est trop connu, il en devient inconnu.
Ils l’ont connu dans les bras de sa mère, ils ont manié ensemble la scie et le rabot.
Alors « quelle est cette sagesse qu’il lui a été donné et ces grands miracles ? »
« n’est-il pas le fils du charpentier ? »
Ils le connaissent trop dans sa réalité d’homme, dans sa faiblesse, pour voir la Puissance de Dieu se déployer en Lui !
Là « il ne peut faire aucun miracle »
« Un prophète n’est méprisé que dans sa maison », constate Jésus.

Le métier de prophète ou de Messie n’est pas facile... Il doit dire l’infinie proximité de Dieu, son Amour, et rappeler les exigences de cet amour.
Dénoncer ce qui nous sépare de Dieu et des hommes.

Et ce métier c’est le nôtre

En ce temps de vacances, demandons au Seigneur d’accepter nos faiblesses pour trouver notre force en Lui.
Prenons le temps aussi de découvrir nos proches, ceux qui vivent depuis trop longtemps avec nous, ceux qui ne nous étonnent plus.
Le Christ veut nous parler par eux. Et nous ? Voulons-nous nous renouveler dans notre présence à Lui par nos frères ?
N’oublions pas Dieu et l’Amour de notre amour. 
AMEN.

mercredi 4 juillet 2012

13° dimanche TO B


1ère lecture : Dieu n'a pas fait la mort (Sg 1, 13-15; 2, 23-24)

Psaume : 29, 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13

2ème lecture : La générosité du Christ, motif de la nôtre (2Co 8, 7.9.13-15)

Evangile : Résurrection de la fille de Jaïre - Guérison d'une femme (Mc 5, 21-43)

  

Pour vous, qui suis-je ? demandait Jésus aux apôtres, Pierre répondit : « tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant »
Ce dimanche je pourrais vous poser la question « pour vous, qui est l’Église ? »

Car dans cet évangile nous parlons de l’Église ... Et à travers elle de toute l’humanité.
Elle est comme une petite fille à l’extrémité
Elle est comme cette femme qui cherche Jésus, car elle perd son sang.

L’Église est mortellement blessée.
- Comme cette petite fille qui est à toute extrémité : « viens lui imposer les mains afin qu’elle vive » demande son papa à Jésus. Jésus va alors imposer les mains à cette enfant. À tous les enfants, par la grâce du baptême. Il veut sauver tous les enfants, cet enfant, mais tous les enfants exploités, persécutés, il veut sauver tous les hommes au cœur d’enfant.
- Comme cette femme qui perd son sang, doucement, mais sûrement. Elle perd son sang, sa vie. Comme elle, les hommes se vident d’eux-mêmes, de leur vie peu à peu, et n’arrivent pas à trouver le chemin de la vie éternelle. Ils sont vivants certes, mais pour combien de temps ? Comme beaucoup, elle a été voir tant de « médecins », elle s’est tournée vers tous ceux qui lui promettaient bonheur, prospérité, guérison, longue vie, vers toutes les idoles du pays, mais son état à plutôt empiré.

Or Jésus a dit « je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’ai en surabondance » Mt 10

Et cette jeune fille, et cette femme qu’il sauve dans cet Évangile, c’est bien l’Église. Nous retrouvons pour les deux le chiffre 12, qui dans la Bible est le chiffre de Dieu (ancien ou nouveau Testament)
la petite fille meurt à douze ans
La femme perd son sang depuis douze ans.
Ce n’est pas deux femmes que Jésus vient sauver, mais une seule femme, une seule épouse: la sienne ! L’Église.

Jésus vient sauver ses femmes en se laissant toucher ou en touchant. (son manteau ou en prenant la petite fille par la main)

Remarque : dans le lévitique est impur celui qui touche une femme qui perd son sang, et est impur aussi celui qui touche un cadavre. (Lv 15, 19 - Nb 9, 6 sv)
Or Jésus va accepter de devenir impur rituellement, de prendre sur lui l’impur. (maladie ou mort); il va prendre sur lui le péché, et la mort elle-même.  Mais sa pureté est toute puissante, rien ne peut le souiller. Il va se relever de la mort et redonner la vie à tous ceux qui se tourneront vers Lui.

Mais pour bénéficier d’une telle grâce, il faut avoir la « Foi qui touche »; comme la femme qui voulut toucher le vêtement de Jésus. « Si je parviens à toucher son vêtement, je serai sauvé ».
C’est bien du Salut dont parle la femme, Salut total et éternel

Mais qu’est-ce que la Foi qui touche ?
- La Foi qui ne craint pas de s’avancer malgré les critiques et les moqueries de la foule comme Jaïre le chef de la synagogue, comme cette femme.
- La Foi qui veut aller au-delà de toutes les impossibilités humaines
- La Foi qui voit plus loin que les apparences: « elle n’est pas morte, elle dort »,
- la Foi qui voit en cet homme de Nazareth, Jésus, le Fils divin de Dieu,  la Foi qui lorsque nous communion, prend Dieu dans ses mains.
- La Foi enfin qui touche le cœur de Jésus. Jésus est entouré d’une foule compacte, mais une seule dans cette foule le touche « Qui a touché mes vêtements ? » 


Quel amour montre Jésus dans cet épisode avec cette pauvre Église, avec cette pauvre humanité. 
- Jésus part avec le père, il le soutient par sa présence, il prend du temps avec lui.
- Ce n’est pas la foule, la réussite que cherche Jésus, mais le cœur aimant, espérant, cherchant.
- Jésus veut nous connaître personnellement (qui m’a touché?)
- Il veut nous donner la paix : « Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Et nous quelle attitude allons-nous avoir ... ?
Allons-nous nous approcher du Seigneur avec la "Foi qui touche" ?
Croyons-nous que tout lui est possible ?

Nous qui sommes des riches, nous demandons au Seigneur pour soi ou pour les autres, du bout des lèvres.
Mais quand nous prions, il faut prier avec cœur, implorer comme ce père qui va perdre sa petite enfant, ou cette femme qui sent la vie sortir d’elle-même jusqu’à la mort.

Dieu ne veut pas la mort, mais la vie : « Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il a créé toutes choses pour qu'elles subsistent »
Et nous ? Désirons-nous vraiment vivre ? Désirons vraiment que nos frères vivent ?

dimanche 24 juin 2012

la naissance de St Jean le Baptiste

Perdre la Parole.... Ce n’est pas facile ... Et pourtant Zacharrie la retrouve, pourquoi ... ?
Pourquoi  l’a-t-il perdu, pourquoi l’a retrouve t il ?

Il l’a perdu dans le Temple.
l’Ange Gabriel lui avait dit: «Tu seras dans la joie et l'allégresse, beaucoup d'hommes se réjouiront de sa naissance. Mais lui ne croyant pas, il continue :
«voici que tu devras garder le silence, et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles : elles s'accompliront lorsque leur temps viendra»

Ils voulaient le nommer Zacharrie... Signe de la lignée, de la tribu de lévi
Du peuple juif, la descendance, le sang.

Mais l’ange Gabriel lui avait dit : «ta femme Élisabeth te donnera un fils, et tu le nommeras Jean.»
Pas de sa famille, mais «Dieu fait grâce»

-l’importance du nom. La personnalité, la mission, une parole de Dieu
une rupture, une nouvelle alliance , une nouvelle création
Abram -> Abraham
Simon -> Paul
nom nouveau au baptême ...

-Jean reçoit un nom nouveau. Signe d’une nouvelle Alliance.

Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean.»

C’est la mère qui donne le Nom, confirmé par le père...

L’ange Gabriel, quelques mois ira voir Marie, donnera le nom de Jésus, et c’est une femme qui le lui donnera... L’Église, la femme, elle la dernière, deviendra la première ...
elle aussi elle donnera le Nom de Messie à Jésus de Nazareth et Zacharrie confirme et sa langue se délie pour bénir Dieu
Pour bénir Dieu ... -> et non pour maudir ou parler d’autres choses ...

Que sera donc cet enfant ?

Vous connaissez le feu de la Saint-Jean ? Cette joie allumée dans la nuit lorsque la nature est au sommet de sa splendeur : lorsque les jours durent le plus longtemps, au solstice d’été.

Ce feu, c’est Jean, qui est, comme dit Jésus, le plus grand de tous les hommes.
Isaie « C'est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d'Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. «

 Il annonce la Bonne Nouvelle : Dieu fait grâce comme l’indique son nom, Jean.

Il sera celui qui indiquera le Messie, «jusqu'au jour où il devait être manifesté à Israël.» « Le lendemain, Jean se tenait encore là, ainsi que deux de ses disciples. Et, attachant son regard sur Jésus qui passait, il dit :’Voici l’Agneau de Dieu’… Les deux disciples entendirent ce qu’il disait et suivirent Jésus ».
 Mais il devra diminuer devant le Christ comme le soleil décroît à partir de ces jours-ci...
Lorsqu’il surgira du désert, il proclamera tout cela, très clairement, nous dit saint Matthieu, dans son évangile : « En ces jours-là, apparaît Jean, le baptiseur, prêchant dans le désert : faîtes pénitence, car le règne de Dieu est proche. Je vous baptise dans l’eau, mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi. Il vous baptisera dans l’Esprit et le feu ».

Le soleil qui diminue, Jean qui doit diminuer, est-ce pour nous le désespoir? Le commencement d’une nouvelle déprime? Non ! Pour le chrétien, c’est simplement un appel à passer sur l’autre rive. C’est un appel à passer à un autre soleil, le Christ ressuscité. C’est par la Foi seule que nous découvrirons cette autre lumière...

Dieu choisit qui il veut et souvent de la manière la plus inattendue. C’est Lui qui en a toujours l’initiative. La première lecture nous a fait part de la vocation d’Isaïe : « J’étais encore dans  le sein maternel, quand le Seigneur m’a appelé. J’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom ». Chaque chrétien peut être un J Baptiste, une flamme qui brûle dans la nuit pour éclairer ses frères, une étoile dans le ciel, un réconfort, une espérance: Jésus est vivant ! 
Catéchiste, milieu du travail ..
Vivre dans un certain désert , mais nous y sommes pas seul comme Jean ...

C’est le temps de la purification
Du baptême d’eau qui préfigure celui de l’Esprit ...
Ainsi notre baptême est celui de Jean et de Jésus.

c’est le du témoignage, c’est le temps de dénoncer le bien et proclamer le bien
C’est le temps du martyr (la tête de Jean)



Le 24 juin 1611, f de Sales écrit à Jeanne de Chantal :
« Ma très chère fille, que n’ai-je quelque digne sentiment de joie pour cet homme angélique ou cet ange humain, duquel nous célébrons la naissance !
Je le trouve plus que vierge, parce qu’il est vierge même des yeux qu’il n’a posé que sur des objets insensibles du désert ; plus que confesseur, car il a confessé le Sauveur avant que le Sauveur se soit confessé lui-même ; plus que prédicateur, car il ne prêche pas seulement de la langue, mais du doigt, ce qui est le comble de la  perfection.
Je le trouve plus que docteur, car il prêche sans avoir entendu la doctrine ; plus que martyr, car les autres martyrs meurent pour Celui qui est mort pour eux, mais lui meurt pour Celui qui est encore en vie…. Plus qu’évangéliste, car il prêche l’évangile avant qu’il ait été fait ; plus qu’apôtre, car il précède Celui que les apôtres suivent.
Je le trouve plus que prophète, car il montre Celui que les prophètes prédisaient : plus que patriarche, car il voit Celui en qui ils ont cru. Enfin, il est plus ange et plus homme, car les anges ne sont qu’esprit sans corps et les hommes ont trop de corps et trop peu d’esprit. Lui, il a un corps et n’est qu’esprit !
Il naît d’une stérile, il vit dans le désert, il prêche aux cœurs arides et pierreux, il meurt parmi les martyrs. Et, parmi toutes ces âpretés, il a un cœur plein de grâce et de bénédiction.
Ce qui est encore plus admirable c’est que  Notre Seigneur a dit qu’entre tous ceux qui étaient nés d’une femme, nul n’était plus grand que Jean et il ajoute : « Celui qui est le moindre au Royaume des cieux, c’est-à-dire en l’Église, est plus grand que lui ».
O ma chère fille, il est vrai que le moindre communiant est plus grand en dignité que saint Jean. Pourquoi sommes-nous si petits en sainteté » ?

Conclusion

Il faudrait méditer longuement ce texte original pour mieux découvrir notre dignité. Baptisés dans l’Esprit Saint, nous sommes appelés à témoigner, par nos paroles et surtout par nos actes, que le Christ est le Fils de Dieu.
Nous serons toujours appelés à être signe d’une présence, celle du Christ qui vient témoigner de l’amour du Père. Nous serons lumière pour aider les hommes de notre monde actuel à discerner les moyens de marcher à la suite du Christ.
Quoique pécheurs, invités sans cesse à la conversion, nous sommes tous des « chargés de mission ». Dieu nous envoie comme témoins, comme précurseurs du Christ, à la suite de Jean-Baptiste auprès de nos frères.

dimanche 17 juin 2012

11° dimanche B

Avant ce passage, nous voyons Jésus qui monte dans une barque pour parler à la foule.
Le symbole de Jésus sur l’eau comme Jésus qui marche sur l’eau: symbole du Christ ressuscité, victorieux de tout mal

Mais comme la résurrection est un phénomène discret, la venue du Royaume est aussi discrète, et même si on peut en voir les effets çà et là, il se peut qu’à certains moments on semble décourager.

Ce caractère non achevé encore du Royaume pousse les hommes, soit à la l’indifférence soit à la violence.

> Du temps de Jésus, il y avait le parti des Zélotes, qui voulait un retrait rapide des romains et proposaient la lutte armée. Jésus est il ou non le descendant de David?  Si oui, quand est ce qu’il va lever une armée? quand marchera t il contre ses ennemis? comme autrefois Moïse avait marcher contre les ennemis d’Israël, l’arche de l’Alliance en tête.?

Aujourd’hui ne sommes nous pas tentés d’imposer notre volonté, et notre volonté religieuse, ou notre volonté politique ou notre culture aux autres, de façon violente ?
Cette solution semble plus rapide, efficace, mais ce n’est pas ainsi que l’entend le Christ; le concile parle du dialogue pacifique et charitable avec les différentes religions, culture, tout en n’oubliant pas l’annonce du Christ.

> l’indifférence moderne, de l’athéisme ou l’agnosticisme, ne trouve t elle pas sa cause dans  la venue du Royaume qui semble trop attendre?  et même qui semble une illusion au regard de tous les désastres vécus sur la terre? 

Mais justement n’est-ce pas ceux qui doutent de la venue du Royaume, qui dénigre l’Église ou même qui n’arrêtent pas de se plaindre du manque de prêtre, du départ des chrétiens des églises, etc, qui freinent le plus cette venue, et même le combattent frontalement?




> À tout ce monde là, à nous, Jésus raconte ces deux paraboles.

> Il y va du Royaume comme d’un homme qui jette son grain dans son champ, nuit et jour, qu’il semble absent ou présent.  La semence pousse par elle-même, il ne sait comment, et grandit.
Pour cela il faut du temps: l’herbe qui devient l’épi puis les grains pour le temps de la moisson.

Il insiste sur l’oeuvre de Dieu qui s’accomplit et qui s’accomplira, qu’on le voie ou non, qu’on le croie ou non.

> Car le Résultat est déjà dans la semence, la victoire finale est déjà présente dans les prémices, comme la venue du Christ sur la terre, préfigure déjà la victoire finale du Fils de l’Homme. Le grain porte déjà en puissance, tous les fruits qu’il donnera par la suite.

Si la semence, si La Parole a été semée, tout est permis d’espérer, il suffit d’être patient.

Isaïe « La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,ne me reviendra pas sans résultat,sans avoir fait ce que je veux,sans avoir accompli sa mission. »

> Ainsi, le Royaume est déjà présent dans le monde. Il grandit, il n’a pas besoin de moi pour arriver à maturité. Dieu est tout-puissant et arrivera un jour à ses fins. Les réussites et les échecs au cours de l’histoire humaine ne sont que des aléas. La création est en souffrance d’enfantement.

Mais moi, comment vais-je me comporter par rapport à cette venue inexorable du Royaume ? Le Seigneur m’appelle à y participer activement, comment vais-je répondre ? Le Royaume lui est là, même petitement, l’Église on est le signe....

C’est pourquoi il nous faut nous convertir aujourd’hui et non demain;
SI nous-mêmes nous cheminons encore par la Foi, nous cheminons sans voir explicitement Dieu. Efforçons-nous comme le dit Saint Paul, de plaire au Seigneur.
Car  un jour, tous, nous paraîtrons à nu devant le Christ, pour recevoir ce que  nous aurons mérité.

> Si la première parabole nous parlait plus de présence, mais d’une présence qui demande de la patience, la seconde parabole insiste plus sur l’apparente absence de signe visible du Royaume. Alors qu’un jour ce Royaume deviendra une grande plante sur laquelle les oiseaux pourront venir nicher et chanter.

Saint V de Paule disait « les choses de Dieu se font peu à peu et quasi imperceptiblement ».

« Le Royaume est comme une graine de moutarde que l’on sème en terre, elle est la plus petite des graines du monde ».
Quand on a des graines de moutarde dans la main (Israël) nous savons que c’est comme si nous avions de la poudre dans le creux de notre main.
Et quand on voit la grandeur de l’arbuste. On ne peut qu’être émerveillée. Les hommes de la Bible, qui n’avait pas toute la connaissance biologique que l’on a, n’étaient pas tentés de rester le nez collé sur terre, ils savaient lever le nez et regarder le Ciel: pour eux, cette transformation de la nature touchait au miracle, comment si petit une graine pouvait elle devenir si grande ? En tous les cas, il voyait sûrement beaucoup plus naturellement que nous l’œuvre de Dieu.
Comment dans la Semence pouvait il y avoir autant ?
Mais dans une culture rationaliste, comment s’ouvrir à la Présence de Dieu ? Dans « milieu divin », Theillard de Chardin écrivait : 

« La perception de l’omniprésence divine est essentiellement une vue, un goût, c’est à dire une sorte d’intuition. Donc, elle ne peut s’obtenir directement par aucun raisonnement, ni aucun artifice. »

L’Espérance qui naît d’une telle parabole devrait nous aider à retrouver de l’ardeur pour le Christ, un amour nouveau, renouveler .. Une nouvelle ardeur à la tâche!

Au JMJ de Cologne B XVI: « "Celui qui laisse entrer le Christ dans sa vie ne perd rien, rien, absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non! Ce n'est qu'avec cette amitié que s'ouvrent en grand les portes de la vie. Ce n'est qu'avec cette amitié qu'on déverrouille réellement les grandes potentialités de la condition humaine ».

St F de Sales disait que dès sa jeunesse,  il avait fait l’expérience d’une nouvelle ardeur pour le Christ, il a même oser parler de fureur d’Amour pour Lui. Et nous ?

Comment implorons-nous la Grâce de Dieu à chaque instant pour ne pas nous laisser envahir par la tristesse du quotidien, par les ronces vengeresses, mais pour laisser la Joie déborder afin de prendre notre part dans la construction du Royaume .. À part quelques-uns vous êtes trop passif attentiste... Le Christ ne nous demandera pas qu’est-ce que tu reçu, mais qu’est-ce tu as donné, .. Du temps, une parole, verre d’eau, une visite, une prière...


Mais comment ces quelques bougres, cette foule de miséreux qui écoute le Christ sur la rive, comment ces gens sans importance, inconnu pour les médias, comment ces malades et ces pécheurs, comment peuvent ils être dès aujourd’hui les prémices du Royaume qui vient ?

Comment ces quelques femmes au pied d’un crucifié, ce seul apôtre survivant, Jean, comment peuvent ils être cette semence d’un Royaume qui sera vainqueur du monde?
Comment Jésus peut-il nous dire « n’ayez crainte, j’ai vaincu le monde? »
Comment ds le livre de l’Apocalypse une simple femme, symbole de toute l’Église, comme peut-elle terrasser le Dragon antique ?
Comment, l’humanité, même nouvelle,  peut elle être cette épouse qui descend du Ciel , l’Épouse même du Dieu vivant ?


Ainsi Jésus nous parle en parabole. Pourquoi ? En particulier, il explique tout à ses amis .. Pourquoi ?

Ces paraboles ont deux fonctions:
Soit d’éloigner ceux qui ont des yeux, mais ne voient pas, car ils  ne veulent pas voir.
Soit d’appeler à entrer dans le Royaume  ceux qui perçoivent dans les paraboles, plus intuitivement que rationnellement , un secret,  derrière le voile, un infini amour...

S’ils deviennent simples, s’ils retrouvent un cœur d’enfant l’Esprit Saint leur rendra lumineux le langage des paraboles ..

Et les paraboles qui sont elles-mêmes, comme le Symbole du Royaume sur la terre, au lieu d’être comme une historiette sans intérêt pour le monde, que l’on raconte aux enfants, deviendront la porte du Feu, de La Victoire du Ressuscité sur toutes formes de mal en nous et dans le monde.

Et avec le Christ, après l’avoir écouté sur le rivage, nous montrons avec lui dans sa barque, pour partir définitivement avec Lui sur l’autre rive, la peur étant morte et l’amour libéré à jamais 

AMEN

dimanche 10 juin 2012

fête du Saint Sacrement

Est-ce que vous vous souvenez de la « fête de Dieu », des grandes processions. Dans notre pays, il n’y en a guère plus. Et pourtant Benoît XVI a célébré la Fête-Dieu à Rome, ce jeudi 7 juin il a présidé la procession du Saint Sacrement jusqu’à la basilique Sainte-Marie-Majeure

C’est le pape JP II qu’il l’a ré-inauguré en 1979.

Le culte chrétien et donc eucharistique a une dimension personnelle, mais aussi publique. La procession du saint Sac. révèle la présence de Jésus, dans toutes les dimensions de la vie : dans sa chambre, dans son cœur, mais aussi dans la rue, à l’usine, dans le monde... Il est le Roi et ciel et terre sont à Lui.

Pourquoi aujourd’hui, où l’on a tendance à oublier cette dimension publique de la religion et de l’engagement chrétiens, pourquoi ne pas renouveler ces processions ? Sans que cela devienne un combat politique, mais simplement une forme de témoignage.

Nous prions aussi avec tous les chrétiens présents aux  journées du congrès eucharistique de Dublin (10/ 17 juin). 80 000 Personnes pour la célé finale y sont attendus, ce sera un temps de réflexion, approfondissement, célébration du Christ-eucharistie

Marie-Marthe Tamisier, à la fin du XIX s a institué ce congrès, qui c’est multiplié dans le monde depuis....

Elle a insisté sur  l’oraison, la prière près du tabernacle, l’adoration du saint Sacrement, comme pour approfondir notre relation au Christ, au Christ présent dans le pain et dans le vin, son corps et son sang.(je rappelle qu’ici le jeudi et à Beaulieu tous les vendredis, il y a l’adoration).

Aujourd’hui, nous avons besoin de temps , nous avons besoin de réaliser la présence aimante et restructurante du Christ dans le mystère de l’Eucharistie et aussi en nous.

La Foi est tellement dévaluée, privatisée , combattue, de façon souvent insidieuse, mais bien réelle, que nous avons besoin de rencontrer le Christ profondément, comme les Apôtres ont pu le faire pendant 3 ans.

Il nous faut nous laisser éclairer, renforcer, guérir, fasciner par sa présence.
Se rendre présent à sa présence.
Prendre le temps de nous laisser transformer, éclairer par lui, pour que l’on se rende compte que tout cela est vrai. Qu’il n’y a pas illusion ou mensonge.

Ainsi lorsque nous célébrerons l’Eucharistie, c’est le Christ que nous rencontrerons réellement, c’est le corps du Christ que nous constituerons ensemble.

Lorsque nous rencontrerons nos frères, en particulier les plus lointains, et les plus défigurés, pauvres, nous verrons plus facilement le Christ Vivre en EUX. Car nos yeux se seront habitués à voir sa lumière sous l’apparence d’un peu de pain.

Nous pourrons le voir et le servir, avec plus de conscience et plus d’assurance sous l’Icône du frère. Nous pourrons nous aussi, devenir plus fidèlement le Christ, l’expression de sa Charité, pour notre prochain rencontrer sur la route de notre vie.


Pour cela comme les disciples dans les Evangiles, il nous faut nous préparer pour le rencontrer, nous préparer pour son repas pascal, puis le suivre jusqu’au Mystère de la Croix; pour pouvoir renaître vraiment dans la splendeur de sa résurrection.

Si le Sang répandu tu temps de Moïse était celui d’un agneau véritable, répandu sur l’autel et sur le peuple ( 1° lecture)
Aujourd’hui c’est Jésus  qui est le nouvel agneau immolé.
Il est le Sang de la nouvelle Alliance. Versé comme dans la première lecture sur lui pendant sa passion et aussi sur nous quand nous le recevons à chaque Eucharistie.

C’est le signe de la purification, c’est aussi de l’Alliance nouvelle et éternelle entre Lui et nous, à la vie, à la mort.

Dans la lettre des Hébreux, l’auteur nous dit aussi que si Moïse rencontrait le Seigneur sous la tente de la Rencontre (la Shekina), maintenant dans le régime de la nouvelle Alliance, il y a une nouvelle tente pour la rencontre avec Dieu, c’est le corps du Christ .
« La tente de son corps est plus grande et plus parfaite que celle de l'Ancienne Alliance »
Nous aussi, il faut entrer sous cette tente, entrer dans ce corps, le corps ressuscité du Christ qui a pris la dimension de Dieu.

Ce corps est comme l’espace , le médiateur, pour s’enfoncer peu à peu, avec le temps, dans l’humanité du Christ,  jusqu’à son cœur humain dévoilé à Paray-le-Monial. Et à travers ce cœur humain, aller jusqu’à son cœur divin... Il est la fontaine d’eau vive d’où nous venons et où nous allons; .. Il est le feu infini de son amour tout spirituel pour nous.

Voilà tout le Mystère et l’unité de la Foi chrétienne : C’est par la chair que nous pouvons atteindre Dieu. Entendons nous bien : c’est la Chair sacrée du Christ  qui donne l’Esprit; c’est à dire c’est en entrant réellement au contact de son humanité, que nous rencontrerons vraiment son coeur.  Comme l’Epoux avec l’Epouse, s’est en s’unissant à sa chair que nous rencontrerons son âme, et l’ Esprit Saint. C’est par cet Esprit, le vin nouveau, que nous pourrons sans nous tromper, sans nous brûler les ailes par de faux dieux, que nous pourrons rencontrer enfin le Père.
Et c'est par tout homme aussi, dans ce qu'il a de plus essentiel, que nous pourrons nous approcher du Christ.

Mais pour cela il faut faire des préparatifs, et c’est là où nous avons besoin d’écouter l’Évangile.
les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? »  « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le. »

Il nous faut alors suivre un homme avec une cruche d’eau... C’est-à-dire qu’il faut nous laisser renouveler par notre baptême, guider par la grâce de notre Baptême, qui nous mènera jusqu’à l’Eucharistie.

« Là où il entrera, dites au propriétaire : 'Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?' Il vous montrera, à l'étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »

Quelle est cette grande chambre, la salle du banquet, du banquet nuptial ?
C’est notre cœur. C’est lui qu’il nous faut préparer, élargir, bénir, enlever tout ce qu’il y a de sale et d’impur. Pour que seules l’allégresse et la Sérénité puissent y régner.

Cette salle c’est aussi l’Église, c’est partout où le repas du Royaume est célébré comme signe de sa présence au milieu des hommes.

Et qui est célébré ? Le Christ, qui est invité ? l’Église.
 Et quel est donc le plat servi ? Le Christ, et qui sert ? Le Christ et l’Église.

Encore faut-il avoir faim et soif
Encore faut-il se laisser creuser
Les événements de la vie, le mystère de la passion du Seigneur, et la nôtre,  le jeune et la prière... Le partage et la Charité... vont creuser en nous la soif.


Jésus dit sur la croix : « J’ai soif » , soif de nous, soif de chacun, de notre amour... et nous avons soif de Lui ?

lundi 4 juin 2012

fête de la TRINITE

Le mystère de la Trinité que nous fêtons aujourd’hui est le mystère central de notre foi. N’est-ce pas « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », comme nous le rappelle l’évangile, que nous avons été baptisés ? Croire en Dieu, d’autres religions le proposent ; mais croire en un Dieu unique, Père, Fils et Saint Esprit, c’est là le propre de la foi chrétienne. Les trois parties du Credo que nous confessons chaque dimanche ne sont-elles pas structurées autour des trois personnes divines ? Saint Irénée les appelait « les trois chapitres de notre sceau (baptismal) » (Cf. Démonstration 100).

Mais, en tant que mystère de Dieu, le mystère de la Sainte Trinité ne nous est connu que dans la mesure où il nous est révélé par Dieu lui-même.

La Foi en ce mystère de vie nous est donnée à proprement parler par le baptême. Par la Puissance de l’Esprit en nous qui nous fait entrer comme à l’intérieur même de la vie trinitaire. 

« Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu… ? […] Le Seigneur est Dieu, là-haut dans le ciel et ici-bas sur la terre, et il n’y en a pas d’autres » (Cf. 1ère lecture). Nous nous retrouvons ici devant une affirmation clef de l’Ancien Testament où Dieu se révèle comme l’Unique. Mais il n’est pas dit qu’il soit seul .

- c’est la Trinité qui est la clé des Ecritures; sans la Trinité l’Écriture semble difficile à comprendre, obscure ... .

- En fait, ce Mystère du Dieu Unique en Trois Personnes n’a été découvert par les croyants qu’après la Pentecôte, mais ce fut sur le matériau de l’Écriture Sainte à commencer par l’Ancien Testament.

 Dans le Psaume de ce jour par exemple, Dieu se révèle comme Parole, comme Verbe. Tout d’abord, comme Parole créatrice : « Le Seigneur a fait les cieux par sa Parole, l’univers, par le souffle de sa bouche. Il parla et ce qu’il dit exista. »
«Les cieux par sa Parole» .. À la lumière de la venue du Christ, nous comprenons que la Parole de Dieu dont ce psaume a tant parlé est une Personne. Nous entendons comme en écho ces versets du Prologue de l’évangile de saint Jean : « Au commencement était le Verbe... Tout fut par lui, et rien de ce qui fut ne fut sans lui »
« il fit  l’Univers par le souffle de sa bouche» ... Et encore que ton amour soit sur nous comme notre espoir est en toi. Et encore : «La joie de notre cœur vient de lui»
Nous nous souvenons du texte de la Genèse au Dieu le Père donne sa vie, son souffle à Adam; Jésus dit à Nicodème «Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit.» Nous nous souvenons encore  que l’Esprit fondit sur les apôtres comme un vent impétueux, vie nouvelle pour toute l’Église. L’Esprit Saint est une personne qui agit comme un souffle de vie et qui est la joie et l’amour de Dieu dans nos cœurs;
Avec le Christ, nous comprenons alors que le souffle, la Parole qu’en Dieu, et le Père lui-même ne sont pas des qualités de Dieu, ne sont pas des propriétés de sa nature, mais bel et bien trois personnes ...
voici donc l’unique et mystérieux nom de Dieu, Père et Fils et Saint Esprit.
Remarquer que Jésus ne dit pas dit «baptisez-les au nom du Père, et au nom du Fils, et au nom du Saint-Esprit» mais bien « baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit»; dans le nom unique de Dieu : Père, Fils et Esprit.»
Car il ne sont pas trois Dieux , mais un seul Dieu en trois personnes.
Ainsi sont-ils ensemble et sans division, un seul amour, une seule volonté, un seul cœur, un seul amour.
Il n’y a pas la volonté du Père , et aussi la volonté du Fils, et de l’Esprit qui pourrait être trois volontés différentes, mais une volonté divine présente en trois personnes, et ainsi pour les autres qualités divines.


d’autres passages obscurs de la Bible s’éclairent avec le Mystère trinitaire

Ce Mystère explique pourquoi dans l’A.T. Dieu porte un nom pluriel Élohim, pour annoncer qu’il est trois personnes.
Pourquoi il créa l’être humain homme et femme, êtres de relation à son image et ressemblance...
Pourquoi Abraham se prosterna devant trois hommes aux chênes de Mambré.
Pourquoi Samson avait sept tresses comme les sept dons de l’Esprit Saint.
Pourquoi la Sagesse enseigne les hommes à la première personne et trouve ses délices parmi les hommes. Elle s’incarnera un jour en Jésus-Christ
Pourquoi Dieu se présente comme un Père (Jr 31 «Car je suis un père pour Israël et Éphraïm est mon premier-né»).
Pourquoi la voix du Père est présente au baptême du Christ, comme la Colombe venue du Ciel
Pourquoi Jésus est Dieu, crucifié et ressuscité
Pourquoi il nous envoie l’Esprit de Dieu
Pour quoi il appelle Dieu «Abba» père,
Et pourquoi enfin tout homme dans le Christ est appelé à trouver en Dieu son Père dans la personne du Seigneur, son frère dans le Fils de Dieu, et son âme en la personne de l’Esprit Saint ....


Mais quelles conséquences concrètes pour nous ?

- Si Dieu est tout seul, il nous apparaît toujours un peu comme un tyran,  voulant prendre de notre liberté, nous doutons toujours que DIEU  veuille notre bonheur. Comme si nous avions un père, ou une mère qui ayant du mal à vivre en couple et devenant possessif, ne sait  plus vivre sans nous; les enfants. Comme si nous étions toujours chargés de le rendre heureux ..

Mais Dieu est d’abord «communion», il n’a en rien besoin de nous, ni hier, ni aujourd’hui, ni demain :
Maurice Zundel : “Jésus va nous introduire dans le mystère adorable de la Trinité. La Trinité, c'est le joyau, c'est la perle du Royaume ! C'est, enfin, la délivrance d'un Dieu que l'on éprouvait comme un joug intolérable.”
La Trinité veut dire que Dieu est unique, mais pas solitaire. La personnalité qui est le Père n'est qu'un regard vers le Fils, qui n'est qu'un regard vers le Père dans la respiration du Saint Esprit vers lequel aspirent le Père et le Fils. C'est quelque chose de bouleversant, d'absolument nouveau : Dieu apparaît comme celui qui n'a rien.»

Il n’a rien, car en lui-même (et non par rapport à nous) il a besoin de l’autre pour être. Ainsi les hommes ne nous sommes rien sans l’autre. Nous ne sommes rien sans Dieu, certes, mais nous ne sommes rien sans l’accueil  de l’autre, sans le don de soi à l’autre, sans l’amour total de l’autre, mon frère ...
L’individualisme même si on se dit croyant ne peut être qu’une impasse, il est mortifère.
Vivre en Église chacun de son côté, vivre en couple sans chercher la communion, c’est détruire l’oeuvre de Dieu en nous.
Dieu est famille, communauté, société, la plus heureuse qu’il soit. Et il nous invite à vivre avec lui et entre nous ainsi ...

N’adorons, ne prions pas simplement le Père ou le Fils, ou l’Esprit.  Exerçons-nous à les aimer, à les adorer, à les prier ensemble, tous les trois, notre Dieu

Rappelons la prière de Sainte Thérèse de La Trinité : «Ô Trinité que j’adore aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous»


Des conséquences. 
Il n’y a qu’un seul médiateur en le Père et nous.
Il peut arriver que nous priions le Père, mais que nous le cherchions comme en dehors de Jésus. Comme en dehors de sa personne, de son visage, de ses oeuvres, et de sa Parole.
Or le Père n’est pas au-dessus du Fils, il est dans le Fils ... C’est en passant par Lui que nous atteindrons le Père.
Montre-nous le Père demande Philippe à Jésus et lui de répondre :  «Jésus lui dit :   Philippe,  Qui m'a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire :  montre-nous le Père!  ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi?».
Le visage enfant de Jésus, est le visage du Père, Jésus qui enseigne, c’est le Père qui enseigne, Jésus crucifié, c’est le Père qui est rejeté, Jésus ressuscité c’est le Père vivant dans ce monde malgré tout.

Mais attention : nous ne devons pas nous arrêter au Fils ou à l’Esprit, il nous faut aller jusqu’au Père. Chercher le Père, trouver le Père, aimer le Père. Découvrir que le Cœur du Père, c’est L’Esprit Saint. Esprit d’amour, et de Miséricorde, esprit d’accueil, de pardon et de joie. Esprit de liberté, de force et de vie....
C’est en trouvant le Père que nous sentirons combien les hommes sont nos frères, les plus proches comme les plus lointains. Nous aurons de moins envie, ou même besoin de les critiquer pour exister ...
C’est en trouvant véritablement le Christ, et en allant jusqu’au bout de la mission de L’Esprit Saint en nous que nous pourrons créer une véritable relation intime avec le Père , infiniment enrichissante, nous entraînant dans la splendeur de sa vie et de vivre en paix avec le prochain, notre frère. Amen.